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Robert Badinter panthéonisé
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"Au cours d'un discours, j'avais prononcé cette phrase : "Quand on parle des morts, les morts nous écoutent." Je ne parle jamais de mes sentiments personnels, mais la condition des enfants de déportés est tout de même singulière. Je ne crois pas qu'il faille perdre le souvenir et je ne crois pas que l'on doive vivre pour le souvenir et dans le souvenir des morts. Honorer les morts, s'en souvenir et vivre. Je crois que c'est ça, le véritable hommage à leur rendre. En essayant d'être fidèle à ce qu'ils pensaient, mais surtout : vivre."
Dans ce récit intime, Robert Badinter raconte sa vie avec une éblouissante sincérité. En 2006, pour l'INA et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il convoque ses souvenirs d'enfance, dont l'arrestation et la déportation de son père. En 2023, toujours pour l'INA, l'homme de l'abolition livre son dernier entretien.
Un témoignage pour l'histoire. -
J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des
immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle jai
souvent rêvé.
Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage
d'amour de son petit-fils. -
Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontems, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981.
Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des États dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence.
À considérer cependant les exécutions pratiquées aux États-Unis, en Chine, en Iran et dans de nombreux autres pays, le combat contre la peine de mort est loin d'être achevé. Puisse l'évocation de ce qui advint en France servir la grande cause de l'abolition universelle.
R.B. -
J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou.
Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent.
R.B. -
Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l'abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s'achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique. Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m'avait prévenu au lendemain de l'abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. » . Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d'y trouver, mêlée au récit des événements, l'expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République. De tout ce que j'ai pu réaliser à cette époque, l'essentiel demeure : irréversibilité de l'abolition, suppression des juridictions d'exception, dépénalisation de l'homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l'homme, amélioration du régime des prisons, et bien d'autres mesures encore. Je n'ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu'il s'agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l'opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d'être le pompier de la délinquance, comme on s'obstine à le faire croire. En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. » R.B.
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Robert Badinter
Pascal Bresson, Christopher
- MARAbulles
- Biopic et roman graphique
- 20 Novembre 2024
- 9782501175364
Avocat, professeur d'université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s'est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aimait tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s'est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D'où vient cette volonté tenace de combattre l'injustice ?
Robert Badinter a raconté, à sa façon, ses combats aux auteurs. -
Robert Badinter, au nom de la justice
Jean-Yves Le Naour, Marko
- Dunod
- Dunod Graphic
- 15 Janvier 2025
- 9782100881680
Je sais bien qu'on vous encourage aujourd'hui à voter la mort. L'opinion, les médias, la foule amassée devant ce tribunal qui vocifère, vous encourage, mais vous savez bien qu'un jour la peine de mort sera abolie. [...] Alors le temps passera. C'en sera fini du tumulte, des encouragements, et vous demeurerez seuls avec votre jugement. Vous resterez seuls avec votre jugement. Et vos enfants, vos petits-enfants sauront un jour que vous avez décidé la mort d'un homme... Plaidoyer de Robert Badinter, 20 janvier 1977, procès de Patrick Henry
C'est avec ces mots que Robert Badinter fit le procès de la guillotine et l'emporta.
Au fil d'un récit poignant où résonne la voix de Robert Badinter, Jean-Yves Le Naour et Marko retracent les combats d'un homme qui a consacré sa vie à la justice. Avocat, intellectuel et homme politique, il incarne aujourd'hui encore la lutte contre la peine de mort. Ravivant les tensions ainsi que les enjeux politiques et sociétaux de l'époque, cette biographie restitue la force des engagements de Robert Badinter et laisse entrevoir l'homme derrière le combattant. -
Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu'importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d'histoire.
Avocat, professeur d'université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s'est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s'est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D'où vient cette volonté tenace de combattre l'injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ?
Robert Badinter s'est confié aux auteurs, l'une historienne, l'autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D'où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d'un personnage hors du commun. -
À la vie. Entretiens avec Robert Badinter
Robert Badinter, Darius Rochebin
- Gallimard
- Hors série Connaissance
- 2 Octobre 2025
- 9782073141255
"Un jour, au milieu d'un silence, j'ai entendu la respiration de l'homme qui encourait la mort. Ce son ne m'a plus jamais quitté. Je devenais le dépositaire de la vie qui palpitait derrière moi. Un souffle fragile me reliait à lui."
De ses origines familiales au combat pour l'abolition de la peine de mort, Robert Badinter retrace, dans ces entretiens menés à la fin de sa vie par Darius Rochebin, les épisodes marquants de sa trajectoire exceptionnelle : celle qui a mené ce fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est au bureau du garde des Sceaux.
En résulte un portrait étonnant de liberté, de vivacité, souvent d'humour, où Robert Badinter raconte avec un égal naturel la lutte pour la survie sous l'Occupation, ses premières amours à New York, sa passion de la littérature et de la politique ou son apprentissage de l'art oratoire. D'un bout à l'autre, cet ouvrage poignant est traversé par la question de son rapport à la France et à une République qui aujourd'hui, avec son entrée au Panthéon, l'honore. -
Robert Badinter, justice toujours
Eric Fottorino, Robert Badinter, Laurent Greilsamer
- Editions de l'Aube
- LE UN EN LIVRE
- 10 Janvier 2025
- 9782815965057
Le 28 novembre 1972, un homme longe le mur extérieur de la prison de la Santé. Quelques minutes plus tôt, il a serré les dents en voyant la guillotine s'abattre sur son client Roger Bontems, qui n'avait tué personne. L'homme qui marche ne comprend pas cette peine capitale prononcée à l'encontre de son client qui n'a pas de sang sur les mains. Son opinion sur la peine de mort devient une conviction. Il sera un abolitionniste acharné, intraitable. Il se battra aussi longtemps que la justice qu'il sert sera une justice qui tue. Jusqu'à l'abolition de la peine de mort qu'il obtiendra le 30 septembre 1981, une fois devenu garde des Sceaux. La décision est historique. Et tardive. La France était la dernière dans la Communauté européenne à conserver la peine capitale.
Robert Badinter a été garde des Sceaux et a combattu dix ans pour l'abolition de la peine de mort en France. -
Faire progresser les libertés : tel est le principe d'action publique de Robert Badinter depuis que, jeune trentenaire, il a publié ses premières tribunes judiciaires dans L'Express. Sans suivre la ligne chronologique des biographies classiques ni le découpage thématique propre aux biographies intellectuelles, ce livre retrace le parcours hors du commun d'un juriste à travers tous les métiers du droit qu'il a exercés : avocat, professeur des universités, garde des Sceaux, président du Conseil constitutionnel, président d'instances arbitrales internationales, sénateur.
Certains des combats de Robert Badinter au premier rang desquels l'abolition de la peine de mort ou l'humanisation des prisons sont désormais célèbres ; d'autres moins médiatisés par exemple, la création de la Cour européenne de conciliation et d'arbitrage. Cet ouvrage les restitue à travers archives et témoignages d'une manière qui se veut à la fois accessible et scientifiquement rigoureuse. L'itinéraire du jeune avocat inconnu devenu sénateur des Hauts-de-Seine, est éclairé par le contexte politique de la fin de la IVe République et de la Ve République, où l'on voit en particulier comment se met en place un cercle de fidèles autour de François Mitterrand, qui conduira à la « grande alternance » de 1981.
Des palais de justice au Sénat, à travers un demi-siècle d'engagements, d'espoirs déçus et de réalisations, on retrouve dans le parcours de ce juriste entré en politique le même fil directeur : la lutte pour une justice humaniste et respectueuse de l'Etat de droit.
Paul Cassia, professeur de droit public à l'université Panthéon-Sorbonne, est membre de l'Institut universitaire de France. -
Depuis quarante ans, la société française souffre d'une grave maladie : le chômage de masse.Ce mal a suscité une déferlante législative à tel point que le droit du travail apparaît aujourd'hui comme une forêt obscure où seuls les spécialistes peuvent trouver leur voie. Loin de favoriser l'emploi, le Code du travail suscite ainsi un rejet souvent injuste.
Il faut réagir.
Il n'est pas de domaine de l'Etat de droit qui ne repose sur des principes fondamentaux. C'est à mettre en lumière ces principes, disparus sous l'avalanche des textes, que cet ouvrage est consacré. Sur leur base, il appartiendra aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de décliner les règles applicables aux relations de travail, selon les branches et les entreprises.
Mais rien ne sera fait de durable et d'efficace sinon dans le respect de ces principes. Puisse l'accord se faire sur eux, dans l'intérêt de tous.
Robert Badinter est professeur émérite de l'université Paris I Panthéon Sorbonne et ancien président du Conseil constitutionnel.
Antoine Lyon-Caen est professeur émérite de l'université Paris Ouest Nanterre et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Dessins © Plantu