Alfred Dreyfus

  • Affaire d'Etat, l'affaire Dreyfus est aussi l'affaire d'un homme qui n'a cessé de chercher à restaurer son honneur. Un homme qui demeure finalement bien peu connu, mais qui se dévoile dans son intimité au fil de cette correspondance inédite avec la marquise Arconati Visconti. De 1899 à 1923, ces 458 lettres - la plupart étant de lui - révèlent non seulement Dreyfus après l'Affaire, mais aussi des points essentiels de l'histoire de France. Marie-Louise Arconati-Visconti (1840-1923), fille du journaliste et homme politique Alphonse Peyrat, était une femme influente dans les salons parisiens en même temps qu'une républicaine laïque. Riche collectionneuse et mécène, elle fut une grande amie du capitaine Dreyfus, qui disait des déjeuners chez elle qu'ils étaient « une joie pour l'esprit et un plaisir pour le coeur » - un si grand plaisir qu'il l'a prolongé par des lettres à cette femme droite et passionnée. Lettre après lettre, nous voyons défiler les vingt premières années du siècle : la fin de l'Affaire, le vote de la loi de séparation des églises et de l'État, les premières années de la SFIO, le ministère Clemenceau et les grèves, le transfert des cendres de Zola au Panthéon, la Grande Guerre et nous rencontrons des figures essentielles de l'histoire française : Émile Combes, Jean Jaurès, Clemenceau, Aristide Briand, mais aussi des figures moins connues comme les historiens Auguste Molinier et Gabriel Monod qui ont apporté leur soutien à Dreyfus tout au long de l'Affaire. C'est enfin et surtout le portrait de l'homme Dreyfus, plus engagé dans les combats politiques qu'on ne l'aurait pensé, ne cédant rien sur son honneur ni sur celui de la France. Cette correspondance inédite est un apport considérable à ce qu'avait écrit Dreyfus dans ses deux livres de souvenirs (Cinq années de ma vie, 1901, Carnets, posth., 1998). Une découverte capitale et un témoignage passionnant. L'édition est établie et préfacée par Philippe Oriol qui travaille depuis plus de vingt-cinq ans sur l'Affaire Dreyfus et a écrit une Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours (Les Belles Lettres, 2014).

  • Lettres d'un innocent d'Alfred Dreyfus
    Suivies de l'Acte d'accusation et du J'accuse... !
    Texte intégral. Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
    L'affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du 19e siècle, autour de l'accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus, Français d'origine alsacienne et de confession juive, qui sera finalement innocenté. Cet ouvrage retrace sa détention, sa lutte, ses espoirs au travers des courriers envoyés à sa femme. Source Wikipédia.
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  • Mardi, 5 décembre 1894. Ma chère Lucie,Enfin je puis t'écrire un mot, on vient de me signifier ma mise en jugement pour le 19 de ce mois. On me refuse le droit de te voir.Je ne veux pas te décrire tout ce que j'ai souffert, il n'y a pas au monde de termes assez saisissants pour cela.Te rappelles-tu quand je te disais combien nous étions heureux ? Tout nous souriait dans la vie. Puis tout à coup un coup de foudre épouvantable, dont mon cerveau est encore ébranlé.

  • Lettres d´un innocent

    Alfred Dreyfus

    • Bookelis
    • 2 Novembre 2017

    En mars 1896, le lieutenant-colonel Georges Picquart, devenu chef du service de renseignements (section de statistique) en juillet 1895, intercepte un document, le « petit bleu », qui ne laisse aucun doute sur les accointances de son auteur, le commandant Esterhazy, avec l'ambassade d'Allemagne. Il découvre par ailleurs que le dossier secret comportant des pièces couvertes par le secret militaire, communiqué au Conseil de guerre pendant le délibéré, à l'insu de la défense, est vide de preuves.
    L'affaire Dreyfus naît à ce moment-là, à la suite de l'acquittement du véritable traître, Ferdinand Walsin Esterhazy, au moment où Émile Zola publie « J'accuse...! » dans l'Aurore du 13 janvier 1898, une lettre adressée au président Félix Faure où il affirme que Dreyfus est innocent. L'État engage alors un très médiatisé procès en diffamation à rebondissements, au terme duquel Émile Zola est condamné au maximum de la peine. L'Affaire éclate alors au grand jour et divise les grands courants politiques de l'époque en clans dreyfusards et antidreyfusards.
    Son cas, à nouveau évoqué à la Chambre des députés, provoque un scandale dans le cadre de crises ministérielles. Les « preuves » produites par le ministre de la Guerre devant la Chambre se révèlent être des faux commis par les militaires. L'auteur de ces fausses pièces, le colonel Henry, est emprisonné en 1898, et se suicide au lendemain même de sa mise en détention.
    Après l'arrêt de la Cour de cassation qui annule le premier jugement, Alfred Dreyfus est rapatrié pour être jugé par un second conseil de guerre, à Rennes, le 7 août 1899. À nouveau reconnu coupable de trahison, il reçoit étrangement le bénéfice de circonstances atténuantes et il est condamné à dix ans d'emprisonnement.
    Dix jours plus tard, Alfred Dreyfus bénéficie d'une grâce présidentielle. Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation cassera finalement le jugement de Rennes sans renvoi.
    Alfred Dreyfus, après sept ans d'un combat pour obtenir sa réhabilitation et ce malgré les difficultés que lui font quelques-uns de ses anciens partisans, est déclaré innocent, la Cour de cassation ayant cassé sans renvoi le jugement de Rennes. Il est alors réintégré dans l'armée avec le grade de chef d'escadron et est nommé chevalier de la Légion d'honneur, le 20 juillet 1906. Toutefois, son ancienneté mal calculée ne lui donne pas le rang qu'il aurait dû avoir et l'oblige à demander sa retraite en 1907, sans que ses anciens partisans, Georges Clemenceau alors président du Conseil, et Georges Picquart, ministre de la Guerre, acceptent d'intervenir pour réparer une erreur qui était une nouvelle injustice.
    En 1908, il est victime d'un attentat par balles et blessé lors des cérémonies de transfert au Panthéon des cendres d'Émile Zola, son défenseur. L'auteur de l'attentat, Louis Grégori, sera acquitté.
    |Source Wikipédia|

  • Innocent du crime de haute trahison dont on l'accuse et condamné à l'issue d'un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l'île du Diable, le capitaine Dreyfus s'est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894.
    Son courage face à l'effondrement de son existence et à l'enfermement s'exprime tout entier dans les lettres qu'il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l'éloignement et l'épreuve inhumaine de la détention. L'écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour.
    La violence de l'État quand il s'acharne sur un innocent et menace ses défenseurs, l'antisémitisme déclaré qui saisit l'opinion publique et pervertit la République, la confiance inébranlable d'un couple en la justice de son pays, l'honneur et la solidarité de toute une humanité : dans ces lettres retrouvées, tout résonne avec notre siècle.

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