Lydie Salvayre

  • Rêver debout

    Lydie Salvayre

    « Pourquoi, Monsieur, expliquez-moi pourquoi, vous moquez-vous de votre Quichotte lorsqu'il ne s'accommode pas de ce qu'on appelle, pour aller vite, la réalité ? »

    Une femme d'aujourd'hui interpelle Cervantes, génial inventeur de Don Quichotte, dans une suite de quinze lettres. Tour à tour ironique, cinglante, cocasse, tendre, elle dresse l'inventaire de ce que le célèbre écrivain espagnol a fait subir de mésaventures à son héros pourfendeur de moulins à vent.

    Convoquant ainsi l'auteur de toute une époque pour mieux parler de la nôtre, l'autrice de Pas pleurer brosse le portrait de l'homme révolté par excellence, animé par le désir farouche d'agrandir une réalité étroite et inique aux dimensions de son rêve de justice.

    Un livre-manifeste, autant qu'un vibrant hommage à un héros universel et à son créateur.

  • Pas pleurer

    Lydie Salvayre

    PRIX GONCOURT 2014
    Deux voix entrelacées.
    Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l'Église contre " les mauvais pauvres ".
    Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et " mauvaise pauvre ", qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l'insurrection libertaire par laquelle s'ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d'Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.
    Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l'art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.
    Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd'hui Prix Décembre) pour La Compagnie des Spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l'objet d'adaptations théâtrales.
    Pas pleurer a reçu le prix Goncourt 2014.

  • L'humeur railleuse et le verbe corrosif, Lydie Salvayre se saisit du prétexte d'une nuit passée au musée Picasso pour questionner le milieu artistique et ses institutions. Se tournant vers son enfance de pauvre bien élevée et abordant sans masque son lien à un père redouté et redoutable, elle essaie de comprendre comment s'est constitué son rapport à la culture et à son pouvoir d'intimidation, tout en faisant l'éloge de Giacometti, de sa radicalité, de ses échecs revendiqués et de son infinie modestie.

  • Des hommes retournent sur d'autres la brutalité d'un ordre dont ils souffrent. Ils s'inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.
    Des questions vieilles comme le monde mais d'une brûlante actualité, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme littéraire.
    Un roman, donc, et d'une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d'une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l'autre : les habitants d'un paisible village que l'arrivée de ce nouveau, de cet intrus, bouscule et profondément déconcerte.
    Très vite surgiront, entre l'un et les autres, l'incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit.
    Lydie Salvayre a écrit douze romans traduits dans une vingtaine de langues. Elle a obtenu le Prix Hermès du premier roman pour la Déclaration, le prix Novembre (aujourd'hui Prix Décembre) et le Prix du Meilleur Livre de l'année pour la Compagnie des Spectres, le prix François Billetdoux pour Hymne, et le Prix Goncourt pour Pas pleurer.

  • Deux femmes, la mère et la fille, vivent recluses dans un petit appartement. Survient, Maître Échinard, un huissier de justice chargé de procéder à l'inventaire de leurs biens avant saisie. Et c'est l'affolement.
    La mère, Rose, voit aussitôt dans cet intrus un milicien aux ordres de Darnand. C'est que pour elle le monde s'est arrêté en 43, l'Occupation dure encore, et Darnand, Pétain et les autres sont encore là. D'ailleurs elle leur parle, sans arrêt. Et les insulte, abondamment.
    La fille, Louisiane, se bouche les oreilles. Les élucubrations de sa mère, ses éclats, ses fracas, les spectres avec lesquels elle dispute jour et nuit, les injures jetées au Maréchal qu'elle appelle Putain, tout cela l'exaspère.
    Devant l'homme de loi impassible, les deux femmes vont se livrer à de furieux soliloques et tisser le récit, aussi hilarant que monstrueux, de leurs batailles et de leurs douleurs, de leur mémoire et de leur peur.
    Lydie Salvayre est l'auteur d'une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays, certains ayant fait l'objet d'adaptations théâtrales.
    Son œuvre a été plusieurs fois primée : La Déclaration (1990) a reçu le prix Hermès du premier roman, La Compagnie des spectres (1997) le prix Novembre (aujourd'hui prix Décembre), BW (2009) le prix François-Billetdoux. Pas pleurer (2014) a été récompensé par le prix Goncourt 2014.

  • Hymne

    Lydie Salvayre

    Le matin du 18 août 1969, à Woodstock, Jimi Hendrix joua un hymne américain d'une puissance quasiment insoutenable.
    Parce qu'il avait du sang noir et du sang cherokee mélangé de sang blanc, parce qu'il était donc toute l'Amérique, parce que la guerre au Vietnam soulevait en lui un violent mouvement de refus que toute une jeunesse partageait, parce que sa guitare était sa lady électrique, sa passion, sa maison, sa faim, sa force et qu'il en jouait avec génie, Jimi Hendrix fit de cette interprétation un événement.
    Revenant sur ce moment inoubliable, Lydie Salvayre tire les fils de la biographie pour réécrire la légende de Jimi, sa beauté, sa démesure, mais aussi sa part sombre, ses failles et la brutalité du système dont il était captif et qui finirait un jour par le briser.

  • L'homme qui se livre ici est coupable. Quel est son crime ? Entre les murs de sa prison, de son avocat à son psy, cet ancien guide de musée confesse les dessous de son enfance, bercé par la haine du père, les pensées de Pascal, les sarcasmes et l'ennui, les rêves jamais avoués que le meurtre a libérées. La parole est acide, jouissive, douloureuse parfois, salutaire peut-être...
    Fille de réfugiés espagnols immigrés en France, Lydie Salvayre a publié une dizaine de romans, dont La Compagnie des spectres (prix Novembre 1997) et La méthode Mila (2005), également disponibles en Points.
    " Le roman de Lydie Salvayre permet d'atteindre, sans aucun effort, des profondeurs abyssales, et de poser des questions éternelles. " Lire.

  • Tout oppose, a priori, l'écrivain et le businessman. L'un incarne (ou le croit) la soif d'absolu, le goût de l'inutile, l'esprit de révolte. L'autre, la brutalité affairiste, l'accumulation avide et le désir violent de dominer.
    Qu'advient-il lorsque l'un se met au service de l'autre ? Lorsque l'écrivain accepte d'écrire la biographie, forcément élogieuse, du businessman ? Quelles fascinations s'exercent ? Quelles complicités se lient ? De quelles abdications se paient-elles ? Jusqu'où et jusqu'à quand peut-on, sans se renier, se compromettre ?
    Ces questions sont vieilles comme le monde et pressantes comme jamais. Lydie Salvayre les examine avec un regard dont la gravité, la malice et l'irrévérence n'épargnent ni l'un ni l'autre des deux protagonistes.

  • Les belles ames

    Lydie Salvayre

    Il s'agit de belles âmes. En visite chez les pauvres. Cela se fait.
    La visite est organisée par Real Voyages qui prône un tourisme un peu particulier puisqu'il consiste à faire découvrir l'envers des grandes villes et leur désolation.
    Projet admirable - nous vous demandons d'applaudir - qui va être sérieusement mis à mal.
    Car dans le bus qui conduit ces très charitables personnes à travers six pays d'Europe, il y a Jason, le trouble-fête, que les pleurnicheries de ses voisins et leurs hoquets indignés exaspèrent.
    Et il y a Olympe. Olympe qui se tait. Olympe qui se tait parce qu'elle n'a pas les mots qu'il faut, ni les façons, mais dont le rire s'entend de l'autre côté de la mer.
    Lydie Salvayre est l'auteur d'une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays, certains ayant fait l'objet d'adaptations théâtrales.
    Son œuvre a été plusieurs fois primée : La Déclaration (1990) a reçu le prix Hermès du premier roman, La Compagnie des spectres (1997) le prix Novembre (aujourd'hui prix Décembre), BW (2009) le prix François-Billetdoux. Pas pleurer (2014) a été récompensé par le prix Goncourt 2014.

  • La médaille

    Lydie Salvayre

    L'événement qui rassemble aujourd'hui les membres du personnel de l'entreprise Besson est exceptionnel puisqu'il s'agit de la remise des médailles du travail aux meilleurs d'entre eux.
    Tout au long de la cérémonie, la Direction en profite pour rappeler quelques principes de base : " L'amour est incompatible avec le travail ", " La paresse corrompt absolument ", " Privatisez votre vie privée ", " Foncez et vous réussirez ", " Haïssez-vous les uns les autres ! ", " La vie au travail, le travail à vie ! ".
    Les médaillés acceptent leurs récompenses, expriment leur gratitude et répondent aux allocutions de leurs supérieurs. L'assistance applaudit, le protocole semble réglé dans ses moindres détails. Pourtant des désordres vont surgir et perturber le rituel immuable.
    Car Lydie Salvayre aime le désordre, les discours qui perdent le nord, le rire et les fous rires. Après La Déclaration et La Vie commune, elle poursuit dans La Médaille avec force et jubilation son exploration d'un drôle de monde qui pourrait bien être le nôtre.
    Lydie Salvayre est l'auteur d'une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays, certains ayant fait l'objet d'adaptations théâtrales.
    Son œuvre a été plusieurs fois primée : La Déclaration (1990) a reçu le prix Hermès du premier roman, La Compagnie des spectres (1997) le prix Novembre (aujourd'hui prix Décembre), BW (2009) le prix François-Billetdoux. Pas pleurer (2014) a été récompensé par le prix Goncourt 2014.

  • L'inspecteur Arjona, chargé par les Renseignements généraux d'infiltrer un groupe de délinquants, s'oblige à rédiger des rapports secrets à l'adresse de son ministre de tutelle.
    Mais deux éléments inopportuns perturbent la rédaction de ses écrits : l'abus de haschich auquel le contraignent ses mauvaises fréquentations, et la présence bouleversante, dans le groupe observé, d'une jeune personne prénommée Dulcinée.
    Et l'on va voir, insidieusement, le ton implacable et martial des premiers rapports s'adoucir, vaciller, s'amiévrir et se désordonner, jusqu'à complètement se retourner. Et notre inflexible agent des RG, être gagné, insidieusement, à la cause délinquante, et plus encore à la cause amoureuse.
    Cette ironique métamorphose donne à Lydie Salvayre l'occasion de fustiger avec une allègre férocité les tenants d'un Ordre renforcé contre ceux-là qui, petitement, le menacent. C'est l'occasion aussi pour elle d'écrire, car elle a un coeur, une histoire d'amour silencieuse et nocturne.

  • BW

    Lydie Salvayre

    Le 15 mai 2008, celui que dans le livre j'appelle BW perd brutalement l'usage de ses yeux.
    Dans l'urgence de parler pour tenir tête au désarroi, BW me livre alors tout ce qu'il a gardé secret durant nos années de vie commune : ses fugues, ses frasques, ses trekkings dans l'Himalaya, sa fulgurante carrière de coureur à pied, les souvenirs obsédants d'un Liban déchiré par la guerre, autant d'expériences, autant de détours qui l'ont conduit, il y a trente ans, à travailler dans l'édition.
    Car BW est éditeur, et la littérature, sa vie.
    Avec une ironie désenchantée, il me parle, le jour, de ses quinze existences passées, de son métier déraisonnablement aimé et de sa décision, mûrie dans le noir, de tirer sa révérence devant des mœurs éditoriales qui lui sont peu à peu devenues étrangères.
    Je compose, la nuit, le texte dont il est le centre avec le sentiment que son geste de quitter ce que d'autres s'acharnent à rejoindre revêt aujourd'hui un sens qu'il faut, à tout prix, soutenir.
    Tous deux nous nous sentons poussés comme jamais par une nécessité impérieuse. Pour lui, celle de dire ou de sombrer. Pour moi, celle d'écrire ces mots-là, et aucun autre.
    Ce livre, écrit à vif, est le roman de cette traversée.
    LS

  • Fiction & Cie
    La méthode Mila
    À quoi sert le Discours de la méthode devant la tristesse qu'éveille la mort annoncée d'un parent ? Que valent les pensées les plus distinguées, les spéculations les plus audacieuses, si elles demeurent éloignées de la vie ordinaire des hommes ?
    Telles sont les questions que le narrateur, en charge d'une mère dont le corps et l'esprit peu à peu se dégradent, pose directement à René Descartes, enjambant d'une seule foulée les quatre siècles qui le séparent du grand homme.
    Ne trouvant nul secours dans les traités du philosophe qu'il apostrophe et morigène, ne sachant se défendre de l'angoisse que lui inspire le vieillissement maternel, il finit par consulter, non sans défiance, l'extravagante et très peu cartésienne Mila.
    C'est elle qui, par des voies que nous ne dirons pas, saura l'initier à l'amour (ce jeu où l'on perd quand on gagne), lui transmettre son goût des fables (qui disent la vérité illogique et furtive des choses) et l'amener à s'orienter dans le brouillard sans trop le craindre.

  • Aged fifteen, as Franco's forces begin their murderous purges and cities across Spain rise up against the old order, Montse has never heard the word fascista before. In any case, the villagers say facha (the ch is a real Spanish ch, by the way, with a real spit).Montse lives in a small village, high in the hills, where few people can read or write and fewer still ever leave. If everything goes according to her mother's plan, Montse will never leave either. She will become a good, humble maid for the local landowners, muchísimas gracias, with every Sunday off to dance the jota in the church square.But Montse's world is changing. Her brother José has just returned from Lérida with a red and black scarf and a new, dangerous vocabulary and his words are beginning to open up new realms to his little sister. She might not understand half of what he says, but how can anyone become a maid in the Burgos family when their head is ringing with shouts of Revolucion, Comunidad and Libertad?The war, it seems, has arrived in the nick of time.

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