La Gibecière à Mots


  • Guillaume Apollinaire (1880-1918)



    "Sous le pont Mirabeau coule la Seine




    Et nos amours




    Faut-il qu'il m'en souvienne




    La joie venait toujours après la peine..."



    "Alcools", recueil écrit entre 1898 et 1913, est un lien entre la poésie classique et la moderne. Aucune règle puisque "Créer c'est imaginer..."


    Apollinaire, écrivain avant-gardiste, est considéré comme l'un des poètes les plus importants du début du XXe siècle. Il est l'un des précurseurs du surréalisme.


  • Charles Baudelaire (1821-1867)


    "Homme libre toujours tu chériras la mer..."


    "Les fleurs du mal" est le recueil dans lequel Charles Baudelaire a mis la majorité de ses poèmes, une autobiographie en poèmes ?


    "Les fleurs du mal" fit scandale lors de sa publication en 1857 et ne fut réhabilité qu'en 1949 ! Les temps ont bien changé mais Charles Baudelaire reste toujours l'un des plus grands poètes français.


    Une notice de Théophile Gautier, sur l'auteur, précède ces fleurs maladives.

  • Charles Baudelaire (1821-1867).
    Ecrire des poèmes en prose était, à son époque, un style peu utilisé. Charles Baudelaire, s'il n'en fut pas l'inventeur, sut tout au long de son oeuvre instaurer une confontation entre la prose et la poèsie... mélange des genres ou osmose ?
    "Le spleen de Paris" ne fut publié dans son intégrité que deux ans après sa mort.

  • Victor Hugo (1802-1885)

    "Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville..."
    Nous sommes en 1482, dans le Paris du roi Louis le onzième. La vie s'anime autour de la protectrice de la cité : la cathédrale Notre-Dame de Paris. A ses pieds, une jeune et jolie bohémienne, Esméralda, devient l'objet des envies amoureuses de plusieurs hommes prêts à tout...
    Victor Hugo continue, à travers "Notre-Dame de Paris", son combat contre la peine de mort, et profite pour y incorporer quelques réflexions sur l'architecture, la justice ou encore le pouvoir.
    a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville..."
    Nous


  • Aloysius Bertrand (1807-1841)


    Aloysius Bertrand, de son vrai nom Louis Bertrand, est considéré comme l'inventeur du poème en prose.


    "Gaspard de la nuit" fut édité après sa mort, en 1842, par un de ses amis : David d'Angers le sculpteur.

    Bertrand nous offre une suite de poèmes en prose, revisitant le moyen-âge avec un style parfois gothique, parfois romantique, parfois fantastique. Comme l'indique l'auteur, en sous-titre, c'est une fantaisie à la manière de Rembrandt et Callot : Le clair-obscur de Rembrandt allié aux personnages dessinés par Callot.

    Bertrand inspira plusieurs écrivains tels que Baudelaire qui avoue avoir pris "Gaspard de la nuit" comme modèle d'écriture pour le "spleen de Paris", André Breton, Stéphane Mallarmé ou encore Max Jacob.

  • Guillaume Apollinaire (1880-1918)

    "Les hommes ne se séparent de rien sans regret, et même les lieux, les choses et les gens qui les rendirent le plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur.
    C'est ainsi qu'en 1912, je ne vous quittai pas sans amertume, lointain Auteuil, quartier charmant de mes grandes tristesses. Je n'y devais revenir qu'en l'an 1916 pour être trépané à la Villa Molière.
    Lorsque je m'installai à Auteuil en 1909, la rue Raynouard ressemblait encore à ce qu'elle était du temps de Balzac. Elle est bien laide maintenant. Il reste la rue Berton, qu'éclairent des lampes à pétrole, mais bientôt, sans doute, on changera cela.
    C'est une vieille rue située entre les quartiers de Passy et d'Auteuil. Sans la guerre elle aurait disparu ou du moins serait devenue méconnaissable.
    La municipalité avait décidé d'en modifier l'aspect général, de l'élargir et de la rendre carrossable.
    On eût supprimé ainsi un des coins les plus pittoresques de Paris.
    C'était primitivement un chemin qui, des berges de la Seine, montait au sommet des coteaux de Passy à travers les vignobles.
    La physionomie de la rue n'a guère changé depuis le temps où Balzac la suivait lorsque, pour échapper à quelque importun, il allait prendre la patache de Saint-Cloud qui l'amenait à Paris."

    Court recueil de promenades mélancoliques de Guillaume Apollinaire à travers un Paris insolite voire imaginaire et au hasard des personnes rencontrées.

  • Gérard de Nerval (1808-1855)
    Celui qui aimait promener un homard au bout d'un ruban bleu nous offre ces quelques nouvelles aux prénoms de femmes, où l'amour semble impossible.
    Sont ajoutés à ces "filles du feu", les "Chimères", véritables poèmes ésotériques qui préfigurent le surréalisme.


  • Paterne Berrichon (1855-1922)


    "
    L'existence active de Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud, appert-il, était comblée de curiosités satisfaites, à bout d'aventures impressionnantes, et elle allait, nous plaît-il croire, s'éprendre, au rêve, de nouveaux et convoités concepts à traduire dans une langue visant tous les sens à la fois, lorsque - ironie de la fatalité - en l'hôpital de la Conception, à Marseille, la mort vint l'interdire."


    Qui n'a pas récité « Le dormeur du val » en primaire ! Voici la biographie de son auteur, Arthur Rimbaud (1854-1891), par Paterne Berrichon, de son vrai nom : Pierre-Eugène Dufour. Ce dernier par admiration pour le poète se maria, en 1897, avec sa soeur Isabelle. Ensemble, ils entretinrent le culte de Rimbaud.


    Cette biographie (publiée en 1897) du poète devenu aventurier est peut-être un peu trop vertueuse...


  • Joseph Anglade (1868-1930)


    "Nous avons voulu simplement écrire l'histoire de la poésie des troubadours en nous en tenant aux plus grands noms, en choisissant les plus intéressants ou les plus caractéristiques d'une période..."


    Les troubadours étaient des poètes et musiciens dont la langue était le provençal ou comme elle est appelée aujourd'hui la langue d'oc.


    Joseph Anglade, spécialiste de l'Occitanie, de l'histoire médiévale et des langues, nous entraîne dans le sud de la France et nous invite à comprendre le mouvement des troubadours grâce à des extraits de leurs poèmes. Qui étaient-ils ? Quelle était leur place dans la société provençale ?

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    Paru en 1908.

  • Guillaume Apollinaire (1880-1918)

    "En mars 1902, je fus à Prague.
    J'arrivais de Dresde.
    Dès Bodenbach, où sont les douanes autrichiennes, les allures des employés de chemin de fer m'avaient montré que la raideur allemande n'existe pas dans l'empire des Habsbourg.
    Lorsqu'à la gare je m'enquis de la consigne, afin d'y déposer ma valise, l'employé me la prit ; puis, tirant de sa poche un billet depuis longtemps utilisé et graisseux, il le déchira en deux et m'en donna une moitié en m'invitant à la garder soigneusement. Il m'assura que, de son côté, il ferait de même pour l'autre moitié, et que, les deux fragments de billet coïncidant, je prouverais ainsi être le propriétaire du bagage quand il me plairait de rentrer en sa possession. Il me salua en retirant son disgracieux képi autrichien.
    À la sortie de la gare François-Joseph, après avoir congédié les faquins, d'obséquiosité tout italienne, qui s'offraient en un allemand incompréhensible, je m'engageai dans de vieilles rues, afin de trouver un logis en rapport avec ma bourse de voyageur peu riche. Selon une habitude assez inconvenante, mais très commode quand on ne connaît rien d'une ville, je me renseignai auprès de plusieurs passants.
    Pour mon étonnement, les cinq premiers ne comprenaient pas un mot d'allemand, mais seulement le tchèque. Le sixième, auquel je m'adressai, m'écouta, sourit, et me répondit en français :
    - Parlez français, monsieur, nous détestons les Allemands bien plus que ne font les Français. Nous les haïssons, ces gens qui veulent nous imposer leur langue, profitent de nos industries et de notre sol dont la fécondité produit tout, le vin, le charbon, les pierres fines et les métaux précieux, tout, sauf le sel. À Prague, on ne parle que le tchèque. Mais lorsque vous parlerez français, ceux qui sauront vous répondre le feront toujours avec joie."

    Recueil d'histoires courtes. Le narrateur, au cours de ses pérégrinations, rencontre d'étranges personnages : juif errant moderne, assassin, faussaire, hérétique, prophète...

  • Edgar Allan Poe (1809-1849)

    "Keats est mort d'une critique. Qui donc mourut de l'Andromaque ? Ames pusillanimes ! De l'Omelette mourut d'un ortolan. L'histoire en est brève. Assiste-moi, Esprit d'Apicius !
    Une cage d'or apporta le petit vagabond ailé, indolent, languissant, énamouré, du lointain Pérou, sa demeure, à la Chaussée d'Antin. De la part de sa royale maîtresse la Bellissima, six Pairs de l'Empire apportèrent au duc de l'Omelette l'heureux oiseau.
    Ce soir-là, le duc va souper seul. Dans le secret de son cabinet, il repose languissamment sur cette ottomane pour laquelle il a sacrifié sa loyauté en enchérissant sur son roi, - la fameuse ottomane de Cadet.
    Il ensevelit sa tête dans le coussin. L'horloge sonne ! Incapable de réprimer ses sentiments, Sa Grâce avale une olive. Au même moment, la porte s'ouvre doucement au son d'une suave musique, et !... le plus délicat des oiseaux se trouve en face du plus énamouré des hommes ! Mais quel malaise inexprimable jette soudain son ombre sur le visage du Duc ? - « Horreur ! - Chien ! Baptiste ! - l'oiseau ! ah, bon Dieu ! cet oiseau modeste que tu as déshabillé de ses plumes, et que tu as servi sans papier ! »
    Inutile d'en dire davantage - Le Duc expire dans le paroxisme du dégoût..."

    Recueil de 11 contes et essais :
    "Le duc de l'Omelette" - Le mille et deuxième conte de Schéhérazade" "Mellonta Tauta" "Comment écrire un article à la Blackwood" - "La filouterie considérée comme science exacte" - "L"homme d'affaires" - "L'ensevelissement prématuré" - "Bon-Bon" - "La cryptographie" - "Du principe poétique" - "Quelques secrets de la prison du magazine".

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