• Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • D'nigmatiques annotations au dos de photos dfrachies d'aeuls oublis, des souvenirs disparates et diffus, la saga d'un thtre ambulant, un petit hameau perdu au coeur d'une campagne ingrate et inhospitalire, deux vieilles femmes, des filles et des garons, un bureau, un grenier, un side-car, des tractions avant et des Fiat500, une tribu de Ritals, un enterrement, de l'alcool et des drogues, toute l'immensit des dtresses enfantines, des moments de grce, des treintes sauvages, ardentes, exaltes, et cependant d'une douceur presque insoutenable, des destins d'hommes comme tous les hommes, un maelstrm de voix et de paroles. la fois, exploration de la mmoire, histoire d'amour et enqute familiale, ce rcit compos d'une succession haletante de scnes fondatrices nous livre le tableau d'une sensibilit qui s'veille et s'ouvre au monde. Un hommage rendu aux morts et aux mots qui sauvent, la mmoire, au papier tue-mouche, au tabac Caporal, au Langage secret des animaux.

  • « Il n'y a rien de mieux que les bars à moitié vides, les soirs sans chiffre. Le client de gauche se détache sur la grande baie vitrée avec tout son poids de malheur. Il est malheureux parce qu'il attend une fille fabuleuse, une longue fille très belle qui viendra s'accouder comme un ange ou une grande blessure. Vous n'attendez rien. Le bac des verres palpite comme un bassin de truites dans une vieille montagne. Des représentants d'épaules passent sans rêves. La serveuse allume une cigarette parce que l'amour n'existe pas. Les femmes les plus obstinées, celles qui ont cru pouvoir vous ramener dans le monde, ont renoncé. Vous êtes dans un état proche du bonheur.» L'oeuvre reproduite page 85 est d'André du Colombier.
    © Éditions Flammarion, 2003

  • Mondeling

    Guillaume Vissac

    Fruit du travail du photographe Junku Nishimura et de l'écrivain Guillaume Vissac, Mondeling nous immerge dans un univers nocturne, à la fois fascinant, inquiétant, désespérément sombre, et follement humain.
    Les deux auteurs, dans ce dialogue où mots et images s'entrechoquent, nous invitent à pousser la porte d'un petit bar obscur à l'atmosphère confinée. Pousser la porte de cet établissement quelconque, un peu miteux et à peine accueillant mais chargé de sueur et de chaleur humaine, perdu dans les bas fonds de la ville, et s'y installer le pas traînant, à côté d'autres que l'on ne connaît pas, que l'on ne reverra plus, silhouettes incertaines et monologuantes. Pousser la porte de cet établissement MONDE, comme l'on pose lourdement ses fesses sur le bord d'un tabouret, les coudes sur le comptoir, la tête entre les paumes. Pousser la porte et s'installer derrière un verre, derrière la fumée de cigarette, pousser la porte une fois la nuit tombée, une fois la fatigue pressante de la journée bien instillée dans nos crânes sur nos épaules. Pousser la porte et écouter les grands éclats de rire et les détresses sourdes, les déclamations tonitruantes et les murmures délirants.
    Pousser la porte donc et goûter à ces âmes noires et pures, à ces âmes folles et mouvantes, comme l'on trempe ses lèvres dans un alcool fort.
    Parce que la nuit colle à nos peaux et à nos âmes.
    Parce que les mots se diluent et flambent dans l'alcool.
    Parce que nous sommes humains.
    -
    Louise Imagine

  • Peu importe l'époque, l'alcool est présent dans nos sociétés. En Gaspésie, on en retrouve des traces il y a fort longtemps. C'est pourquoi le numéro de décembre-mars « Histoires enivrantes » du Magazine Gaspésie est consacré à ce sujet. Des « bootleggers » aux différentes facettes de la contrebande en passant par les liens entre l'histoire du rhum et le commerce de la morue ou l'époque où l'alcool doit être commandé par la poste, ce numéro révèle certaines informations rarement dévoilées ou publiées. Voyez également comment le clergé réagit devant l'ivrognerie, plus particulièrement dans la Baie-des-Chaleurs, et comment Métis applique la tempérance jusque dans les hôtels. En prime : une nouvelle littéraire originale et deux recettes de « bagosse » sont proposées. Dans les chroniques, rencontrez le dévouement d'Alexandre Cyr, la bonté du père Watier, celle de Camille-Eugène Pouliot, le courage d'Angela Boulay et le parcours militaire de Russell Miller.

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