• Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • L'histoire de Rome est inséparable de l'histoire de ses guerres. De 509 à 338 avant J.-C., la cité fut en permanence menacée de disparaître : elle combattit parfois plusieurs ennemis à la fois, souvent des voisins, qui ne supportaient pas l'âpreté au gain de ses soldats et l'arrogance de ses dirigeants. Ce fut un dur « struggle for life » qui forgea les bases de sa future puissance. Car ne reconnaissant jamais aucune défaite, sans plan préétabli, elle s'empara, de 338 avant J.-C. à 106 après J.-C., pays après pays, de tout le bassin méditerranéen, et elle fi nit par contrôler un domaine immense, de l'Écosse au Sahara, de l'Atlantique à la Mésopotamie. Et puis, en 406/410 après J.-C., elle le perdit. Ce livre présente l'anatomie des guerres de Rome gagnées grâce à un outil militaire exceptionnel, à de grands capitaines, et à des règles sociales originales et fortes. Mais il présente aussi les guerres peu à peu perdues, les débâcles et les redditions. Il montre, à cet effet, comment la supériorité des techniques de combat, de l'armement, de l'organisation et d'un art du commandement sans faille s'est peu à peu usée, délitée, éteinte au sein d'un empire devenu trop vaste, confronté à de nouveaux ennemis, venus de très loin, plus féroces que jamais et inassimilables. Fidèle à sa méthode, Yann Le Bohec ramène le lecteur aux sources : par les textes des grands auteurs de l'Antiquité, mais aussi par l'épigraphie, et grâce aux dernières découvertes de l'archéologie, il exhume des batailles inconnues et des guerres oubliées. L'Histoire des guerres romaines, qui évoque la mort de tant de soldats et de grands chefs militaires qui les menèrent au combat, devient ainsi, par cette approche inédite, un texte vivant et passionnant. C'est l'histoire d'une milice de paysans qui a fi ni par dominer le monde.

  • Le grand historien Guglielmo Ferrero livre la somme de toute une vie de réfl exions et de recherches sur l'un des plus illustres sujets qui soit : l'Antiquité romaine, considérée de ses débuts jusqu'à la fin de l'empire d'Occident.
    Sur des questions majeures, comme les conséquences à long terme de la conquête de la Gaule, les facteurs
    de fragilité du pouvoir impérial, ou encore les causes profondes, autres que la seule force militaire, de la longue durée atteinte par l'Empire romain, les analyses de Ferrero gardent toute leur portée. Parce qu'il raconte, avec une sobre efficacité, la formation, l'épanouissement et le déclin de l'empire-monde qui fut celui de la Rome antique, ce livre donne l'accès à une histoire globale, bonne à penser en ce début du XXIe siècle où se déploie une autre mondialisation. Et c'est en cela que Guglielmo Ferrero reste notre contemporain. Un classique enfin réédité.

  • Une nouvelle fenêtre s'ouvre sur les grands mouvements populaires des années 1960 et 1970 dans la Caraïbe. Que se passe-t-il durant ces révoltes à San Juan, à Kingston et à Pointe-à-Pitre ? Que reproche-t-on à ces Dreads abattus par la police à la Dominique ? Comment expliquer ces coups d'État fantasques à la Grenade et au Suriname ? Quelles résonances entre ces évènements isolés, la longue marche pour l'émancipation caribéenne et les trépidations du monde occidental : Mai 68 en France, Révolution tranquille au Québec, lutte pour les droits civiques aux États-Unis ; mais aussi éviction de De Gaulle et assassinat de Kennedy. Cet ouvrage revisite bien des idées reçues sur la Caraïbe, sur les liens entre socialisme et capitalisme, sur la finance, et sur quelques concepts creux de cette époque qui nous hantent toujours tels le développement, la crise économique, les théories du complot. Romain Cruse raconte une histoire populaire de la révolution caribéenne, en donnant à l'Histoire la force du vécu et du vivant. Le Mai 68 des Caraïbes est un petit manuel de la résistance.

  • Si les cendres de l'incendie de Rome ont noirci ma toge, si mes orgies ont marqué les foules, personne ne me connait réellement. Personne ne sait vraiment ce que moi, Néron, empereur de Rome, j'ai pensé, fait et dit. Personne n'a compris que je ne suis pas et que je n'ai jamais été le fanfaron fantoche que l'on présente, l'histrion fou que les délateurs et comploteurs ont poussé aux pires extrémités. Fasciné par les arts, obsédé par les femmes, moi, le petit-fils de Marc-Antoine, j'ai osé les actes les plus excessifs par goût de la provocation. Car surprendre, choquer, brusquer, étonner relève de l'art. Celui des souverains qui impriment leur marque à leur époque.

    Qui a révolutionné les moeurs de l'austère Rome, émancipé les matrones soumises, vanté les vertus des délices cachés, sinon moi ? Qui a subi la tyrannie de sa mère, Agrippine, celle qui empoisonna ses maris et ennemis à l'aide de potions concoctées par la terrible Locuste pour lui offrir le trône, sinon moi ? Qui est parvenu à s'émanciper de cette reine incestueuse lors d'un ultime crime libérateur, sinon moi, empereur matricide torturé par la peur ? Qui, jouisseur invétéré, osant braver les dieux, a préféré les charmes d'une ancienne esclave chrétienne, prénommée Actée, à la fadeur au teint de complot de son épouse Octavie, sinon moi ? Qui aurait voulu être acteur ou cocher et joua jusqu'à la démesure son rôle de souverain voué à Apollon, Dionysos et Mithra, sinon moi, Néron ?

    Poussé jusqu'aux portes de la mort - à trente ans - par des traîtres que j'avais aidé tout au long de mon règne d'or et de sang, de luxe et de plaisir, par des nobles qui ne supportaient pas que je préfère la plèbe, je n'ai eu qu'un mot pour saluer mon dernier voyage : "Quel artiste le monde va perdre ! ".

    Un artiste dont ce roman-mémoire passionné livre un visage nouveau. Au-delà des larmes et du temps, un visage qui mérite d'être regardé autrement.

    Illustration Axel Buret, studio de création Flammarion.

  • Tibère

    Emmanuel Lyasse

    Tyran sanguinaire, monstre pervers et parangon du mauvais prince, telle est limage que la postérité a dressée de lempereur Tibère (42 av. J.-C.-14). Mais, au-delà de cette légende noire, son règne lun des plus longs marqua une étape essentielle de lhistoire romaine : il est celui qui pérennisa le principat, rompant définitivement avec la République. Et voilà bien le paradoxe du personnage. Condamné par les historiens antiques, tels Tacite et Suétone, méprisé ou haï par ses contemporains, trompé et manipulé par ses proches, lhéritier du grand Auguste aurait pourtant pu être considéré comme un acteur décisif du monde romain. Car, sil ne fut pas un conquérant, il stabilisa les frontières et sa politique permit de consolider le rôle du sénat et surtout détablir le régime monarchique dans la durée. Dès lors, comment et pourquoi fut-il si maltraité ou ignoré par lhistoire? Menant une large enquête qui explore une société en pleine mutation où les institutions ne cessent dévoluer, Emmanuel Lyasse cherche à mieux comprendre, sans juger ou réhabiliter, ce personnage controversé, tragiquement incompris, foncièrement surprenant et insaisissable.

  • Lazare attend Nouv.

    Depuis toujours, Lazare maintient mordicus qu'il n'a jamais e?te? ressuscite?. Quand d'e?tranges visiteurs l'invitent a? bord d'un fabuleux vaisseau me?canique dirige? par un automate a? te?te de crocodile, il embarque pour une e?pope?e dans l'espace et le temps qui le conduira du New York des anne?es 1960, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, a? explorer les grands lieux du christianisme, revisitant avec humour l'histoire de notre civilisation.

    « MORALISTE SWIFTIEN ET HUMANISTE VOLTAIRIEN, DISCIPLE DE CAMUS, JAMES MORROW EST UN DES HYPER- CONTEURS, UN DES MAI?TRES DE L'IMAGINAIRE, LES PLUS FORMIDABLES
    QUI SOIT. » Franc?ois Angelier, France Culture

  • "An 217 de l'ère chrétienne.
    L'empereur Caracalla vient d'être assassiné en Mésopotamie. Profitant de l'événement, trois princesses syriennes, avides de pouvoir, intriguent pour placer sur le trône de Rome l'héritier mâle de leur dynastie, le jeune Varius. A force de complots, elles parviennent, contre toute attente, à faire proclamer l'adolescent imperator par les légions d'Orient. Le règne le plus décadent de l'histoire romaine commence : durant trois ans et neuf mois, Rome va vivre au rythme des caprices, des extravagances et des provocations de ce jeune homme de quatorze ans, immature et fantasque, que rien ni personne n'a préparé à assumer une telle dignité.
    Adorateur mystique d'une étrange divinité orientale incarnée dans une pierre noire, l'Elagabal solaire, dont il est le grand prêtre, enfant prodigue et imaginatif, homosexuel et travesti, celui que l'Histoire ne connaîtra que sous le sobriquet d'Héliogabale va offrir le spectacle de tous les excès et de toute la démesure que lui inspirent la quête obsessionnelle du plaisir, l'ivresse du pouvoir suprême et la haine de l'ordre établi.
    Surpassant Tibère dans les molles voluptés, Caligula dans la cruauté, Néron dans la folie esthétique et théâtrale, l'enfant-empereur n'aura de cesse de choquer et de scandaliser le vieux monde latin pourtant accoutumé aux excentricités et aux débauches de ses prédécesseurs. Mais derrière lui, s'agitent les ombres inquiétantes de sa grand-mère, de sa mère et de sa tante, qui s'inquiètent de voir la pourpre leur échapper...
    Détesté par le Sénat romain, exécré par l'armée, rejeté par sa famille, l'empereur honni saura-t-il trouver d'autres soutiens que ceux de ses mages et de ses amants ?"

  • Anglais Plato: The Complete Works

    Plato

    • Bookelis
    • 21 Septembre 2017

    This collection contains an active table of contents (HTML), which makes reading easier to make it more enjoyable.

    Plato was a philosopher in Ancient Greece. He was an essential figure in the development of philosophy, especially the Western tradition, and he founded the Academy in Athens, the first institution of higher learning in the Western world.

    Plato's dialogues have been used (and are still used) to teach a range of subjects, including philosophy, logic, ethics, rhetoric, religion and mathematics. His lasting themes include Platonic love, the theory of forms, the five regimes, innate knowledge, among others. His theory of forms launched a unique perspective on abstract objects, and led to a school of thought called Platonism.

    /> The Complete Plato

    Part 1: Early Dialogues
    The Apology
    Crito
    Charmides
    Laches
    Lysis
    Euthyphro
    Menexenus
    Ion
    Gorgias
    Protagoras
    Meno
    Part 2: Middle Dialogues
    Euthydemus
    Cratylus
    Phaedo
    Phaedrus
    The Symposium
    Theaetetus
    Parmenides
    Part 3: Late Dialogues
    Sophist
    Statesman
    Philebus
    Timaeus
    Critias
    Part 4: The Republic
    I: Of Wealth, Justice, Moderation, and their Opposites
    II: The Individual, the State, and Education
    III: The Arts in Education
    IV: Wealth, Poverty, and Virtue
    V: On Matrimony and Philosophy
    VI: The Philosophy of Government
    VII: On Shadows and Realities in Education
    VIII: Four Forms of Government
    IX: On Wrong or Right Government, and the Pleasures of Each
    X: The Recompense of Life
    Part 5: The Laws
    Books I-XII

  • À la fin du Ier siècle après J-C, l'Empire Romain est secoué par une violente crise politique. Porté au pouvoir par l'assassinat de l'Empereur Domitien, le nouveau César, Nerva, parvient à apaiser les tensions en adoptant Marcus Ulpius Traianus, un commandant de légion renommé.Ce dernier lui succède quelques mois plus tard en prenant le nom de Trajan.

    À la tête d'un empire fragilisé, Trajan doit rapidement faire face aux attaques d'une puissante nation barbare. Mais réduit à l'impuissance par une traîtrise abjecte, c'est sous couvert de trois hommes valeureux lancés en territoire ennemi, qu'il devra défendre Rome et tenter de retrouver ce qui lui a été enlevé...

    Des forêts daces au sable du Colisée, des champs de bataille à l'obscurité des palais, plongez dans la Rome Antique aux côtés du XIIIème Empereur Romain.

  • Avant de se trouver face à Jules César, Clio croyait que l'Histoire ne pouvait pas être modifiée.

    Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné dans ses calculs sur le « paradoxe botanique » ? Est-ce encore la faute du gros chat Rami ? Mais, surtout, maintenant qu'elle est là, comment sauver Jules César ?


    Attention : Certains mots de vocabulaires compliqués, spécifiques à l'antiquité romaine.

  • Masquée par la cité antique et les volutes de l'âge baroque, la Rome médiévale a trop longtemps souffert d'un discrédit. Dès la Renaissance, l'image d'une ville à l'abandon et couverte de ruines avait été largement diffusée. Beaucoup se complaisaient à souligner l'avidité, la mesquinerie, l'ignorance des Romains du Moyen Âge et à opposer leurs vices aux vertus héroïques de leurs lointains ancêtres. La ville éternelle et ses habitants méritaient un autre traitement. Son histoire devait être réétudiée, pour rejoindre celle des plus grands centres urbains de l'Italie communale : Florence, Gênes ou Venise. C'est le pari que relève Jean-Claude Maire Vigueur, nous restituant enfin la Rome largement inconnue des XIIe, XIIIe et XIVe siècles.
    Dans cette synthèse, non dénuée d'humour, c'est toute l'expérience communale romaine qui nous est contée. Se côtoient alors barons et chefs du popolo, grands propriétaires terriens et simples journaliers, riches marchands, cardinaux et artistes, dans un décor mêlant constructions antiques et campaniles médiévaux, somptueuses cérémonies religieuses et fêtes de quartiers folkloriques. Ils redonnent enfin à la Rome médiévale, au-delà des clichés et des préjugés, toutes les couleurs de son temps.

  • Fatum

    Isabelle Ancelet

    « Rome est si belle ! De la colline du Quirinal à celle de l´Aventin, du Champ de Mars à l´Esquilin, les hauteurs succèdent aux vallées entre les remparts de tuf grisés. À travers la brume du matin, des panaches de fumée s´échappent d´innombrables cheminées de briques des toits de tuiles. Parfois, apparaissant comme une trouée dorée, verte ou blanche au milieu de l´ocre omniprésent, un temple dresse au-dessus des maisons sa couverture de lames d´or ou de plomb, le haut de son fronton et de ses colonnes cannelées. » Mais dans la Rome du Ier siècle avant JC, ce paysage idyllique est le théâtre d´une guerre civile qui déchire les hommes, qu´ils soient puissants ou esclaves. Claudius, un riche sénateur soucieux de faire carrière, se débat entre les imperatores, de puissants chefs de guerre qui sapent chaque jour davantage la République agonisante. Aux querelles familiales se mêlent les carrières politiques, aux ambitions des Grands s´opposent les malheurs des humbles, à la petite histoire se greffe la grande Histoire. Basée sur une documentation très précise, Isabelle Ancelet, diplômée d´histoire, vous présente ici un roman consacré à une période très troublée de l´histoire romaine. Dans un style haletant, où l´émotion côtoie le souffle épique, où l´humour vient tempérer les atrocités, elle met en scène des personnages qui, pour la plupart, ont véritablement existé et les peint tels qu´ils apparaissent dans les textes anciens.

  • Enseignant. Historien et Philosophe, il consacre sa retraite de cadre commercial à partager ses passions.

    Collection Conférences de Julien Molard : Julien Molard donne des conférences dont les bénéfices sont consacrés à une action humanitaire au service de l'as-sociation tourangelle Sen-Egalité dont le but est de redonner vie à toute une région sénégalaise autour du village de Ndiongolor. Ce sont ces conférences qui sont reprises dans cette collection. Le n° 9 concerne La notion d'Empire.

  • Agrippine la Jeune appartient à la lignée des femmes dangereuses, des empoisonneuses, des séductrices, entre Médée et Lady Macbeth. Son plus grand crime ? Avoir porté un monstre à la tête de Rome ! Car Agrippine la Jeune est la mère de Néron, le tyran qu'on accusa de tous les vices, le premier persécuteur des chrétiens. Pour déposer la couronne de lauriers sur la tête de son fils et gouverner Rome à ses côtés, Agrippine souilla ses mains du sang d'innocents, s'offrit à des hommes de toutes conditions pour mieux les manipuler. Hélas, Néron, une fois son pouvoir bien établi, assassina sa démiurge de mère. Mais l'historiographie est trompeuse. Derrière la criminelle sensuelle, derrière la mère indigne, se cache une femme résiliente et intelligente, une femme politique redoutable, déterminée et machiavélique. Le destin d'Agrippine est incroyable. D'illustre naissance, descendante à la fois d'Auguste, de Marc Antoine et de Jules César, elle révolutionna la fonction d'impératrice et prit part au gouvernement de Rome envers et contre tous en dépit de sa condition de femme. Et si c'était là sa plus grande transgression ?

  • À l'empereur romain ayant une autorité absolue sur ses fonctionnaires, on oppose souvent l'image du roi médiéval aidé, conseillé ou trahi par ses vassaux. L'État antique se serait effondré, brutalement et presque totalement, lorsque ses agents auraient perdu la notion de service public pour lui préférer un engagement personnel rémunéré par une terre.

    En réalité, la fonction publique n'a pas disparu avec le dernier empereur d'Occident mais les désordres du V? siècle l'ont affectée. Elle n'a définitivement succombé qu'entre le milieu du IX? siècle et l'an mil. Pendant cinq siècles, la militia ? le corps des serviteurs de l'État ? a tour à tour été inventée, favorisée, délaissée et reconstituée.

    Sur la longue durée, la fonction publique apparaît comme un cadre administratif qui a épousé avec plus ou moins de bonheur la société de son temps. Si l'union a été fusionnelle à l'époque romaine, c'est plutôt une alliance d'intérêt que l'on décèle aux premiers temps mérovingiens.

    Au milieu du VIIIe siècle, les Carolingiens forcent l'aristocratie franque à passer sous le régime de la militia, tandis que, cent ans plus tard, le roi Charles le Chauve ne parvient pas à unir la société médiévale et la fonction publique : celle-ci ne survivra pas à cet échec.

    Quatre mariages et un enterrement, voilà qui pourrait résumer l'histoire du service public au cours du premier millénaire...

  • Ils étaient officier, étudiant, médecin, industriel, ils sont devenus «activistes» et «rebelles». Aujourd'hui, «terroristes à la retraite», les anciens de l'OAS livrent leur vie, leurs motivations et racontent le combat sans pitié pour l'Algérie française. Cette vingtaine de récits croisés plonge dans les coulisses de l'histoire, des débuts du contre-terrorisme aux heures clandestines de l'OAS en passant par les préparatifs du 13 mai 1958 ou les dessous du putsch de 1961. Du lieutenant Jean Marie Curutchet, responsable de l'OAS-Métropole à Pierre Guillaume, le «crabe-tambour», de Jean-Claude Pérez, un des chefs de l'organisation à Armand Belvisi, chargé d'assassiner de Gaulle, de Joseph Rizza, ancien des commandos Delta à Jean-Jacques Susini, cofondateur de l'OAS, ils forment, eux tous, hauts responsables ou hommes de base, théoriciens ou plastiqueurs, un portrait de groupe. Celui des soldats perdus de l'Algérie française. Insurgés contre la république, ils sont devenus, à l'heure des déchirures, les parias de la Nation. Acteurs puis perdants de l'histoire, ils ont, de l'exil à la prison, brûlé leur existence et subi le déshonneur. Aujourd'hui, entre amertume et apaisement, ils parlent.

empty