• Il y a un réel défi à oser aborder la figure du révolutionnaire Saint-Just avec le prisme de la littérature sans renoncer à en éclairer la dimension politique. Arnaud Maïsetti s'est approché de cet astre qui n'en finit pas de brûler pour nous raconter, pas à pas, le parcours d'un jeune homme à la beauté ambiguë qui usa d'une langue emportée pour dénoncer, dénoncer sans fin et jusqu'à la lie l'injustice faite à l'homme. Longeant l'Histoire avec les libertés de l'écrivain, l'auteur nous conte au plus près, au plus fort, les soubresauts de celui qui conquit le pouvoir avec son alter ego Roberspierre pour venger le sort de ceux qui ne l'eurent jamais. Un livre de poussière et de lumière, un livre fort, fait de tremblements et d'exaltation pour nous exposer une figure qui nous hante sans fin.

    Arnaud Maïsetti est né à la fin du siècle dernier. Il vit et écrit à Marseille. Il est l'auteur de deux livres : Où que je sois encore au Seuil, et un essai biographique Bernard-Marie Koltès aux éditions de Minuit.

  • Bernard-Marie Koltès

    Arnaud Maïsetti

    • Minuit
    • 1 Février 2018

    L'écriture, la pensée et la vie de Bernard-Marie Koltès (1948-1989) sont liées dans un pacte qu'il forgea à vingt ans devant un théâtre de Strasbourg et qui jamais ne sera rompu : être soi-même l'auteur de sa vie. Il ne possédait qu'une morale : celle de la beauté. Et qu'une loi : le désir.
    On connaît de Koltès la trajectoire fulgurante : la rencontre avec Chéreau au début des années 1980, les pièces jouées à Nanterre-Amandiers, la reconnaissance publique et critique. On sait aussi combien cette oeuvre a pu donner l'image de son temps. On sait moins combien cette vie aura surtout été ailleurs, qu'elle s'est jouée dans les confins de cités perdues, dans le delta du Niger, au coeur de la jungle du Guatemala et de ruines précolombiennes, près d'un lac Maya, sur les docks abandonnés de New York, dans les nuits de Salvador de Bahia. Suivre Koltès dans ses voyages, ce n'est pas chercher à retracer un itinéraire seulement, mais tenter d'approcher les termes du pacte : ailleurs, il chercha les renversements où toujours se redonner naissance ; ailleurs, il s'inventa des noms, marcha sur les traces de Rimbaud, de Dostoïevski ou de Faulkner ; ailleurs, il se mit en quête de frères et puisa ses forces dans des figures de pur désir : James Dean, Bruce Lee, Bob Marley.
    Raconter la vie de Koltès, c'est tâcher d'écrire ainsi cette vie vécue dans le désir de se faire autre et dont ses pièces portent la trace. C'est tenter d'approcher l'oeuvre et la vie ensemble puisque l'une est la réécriture de l'autre.

  • Un grand mouvement lyrique dans traversée nocturne de la ville.
    Deux longues dérives titrées 21h38 et 4h17, chacune faite d'un seul paragraphe où tout vient sourdre, se heurter, montrer. En somme, de la littérature.
    Et suivi d'une postface sur l'écriture et la voix qui à elle seule justifie l'achat du livrel.
    Paru en 2009 aux éditions du Seuil dans la collection Déplacements, voici pour la première fois en numérique le premier récit d'un auteur, Arnaud Maïsetti, qui n'a cessé depuis lors de s'affirmer dans cette double démarche d'une prose exigeante, aiguisée par les enjeux du corps et de la voix ouverts notamment par Koltès, après Rimbaud ou Michaux, et l'exploration par un site web à la fois carnet, labo, dépôt de mémoire et outil d'aventure et réflexion.
    "Où que je sois encore...", se présente sous la forme d'un dyptique très puissant, deux paragraphes monoblocs d'une prose à la fois lyrique et rauque, oppressée, délivreuse, racontant une seule traversée de nuit, corps et voix ici mêlés, laissant venir à nu la surface à la fois fascinante et violente de la grande ville.
    Et suivre bien sûr le site www.arnaudmaisetti.net.

    FB

  • Koltès est mort en avril 1989. Vingt ans plus tard, le bousculement qu'il inaugure agit non seulement sur l'univers du théâtre, mais l'ensemble du territoire romanesque.
    Bousculement de la représentation, bousculement de contenus et de formes : toute une pièce dans un échange de regards, et la haute phrase des villes confiée à la nuit et à ceux qui la hantent.
    Et le travail d'Arnaud Maisetti, entre fiction et théorie, entre livre et web, croise intimement cette recherche d'une prose lyrique, en prise avec la ville et sa nuit, hantée des voix qui en marquent la quête. Son site ArnaudMaisetti.net témoigne de ces pans différents de recherche, et comment ils se complètent.
    Seul comme on ne peut pas le dire est la première monographie exclusivement consacrée à l'oeuvre de naissance de Bernard-Marie Koltès, le célèbre soliloque La Nuit juste avant les forêts. Ce livre en présente les différentes strates et composantes du bref mais fulgurant texte de Koltès. Il le resitue dans sa genèse, dans ses enjeux de théâtre, en examine l'architecture et le fonctionnement narratif (dernier chapitre sur la notion de fugue...).
    Et, surtout, Arnaud Maïsetti resitue Koltès dans son champ de tension théorique, et on verra passer les ombres de Derrida et Blanchot, on examinera de très près le lien avec L'expérience intérieure de Bataille. Alors, au rebours presque de Koltès, les habitués de l'oeuvre pourront en faire comme une archéologie théorique, partir à la découverte de ces fissures actives ou sismiques de prose qui ont permis la naissance d'une oeuvre aussi atypique, aussi nécessaire.
    Ce livre est disponible en numérique et en papier > http://www.publie.net/livre/seul-comme-on-ne-peut-pas-le-dire/

  • Élaborer un fantastique pour aujourd'hui avec les figures de la ville, de la nuit, du voyage...
    Seulement raconter bien... disait Bernard-Marie Koltès, dont Arnaud Maïsetti est un des meilleurs spécialistes (voir son étude sur La nuit juste avant les forêts : Seul, comme on ne peut pas le dire).
    Dans la ville, dans la nuit, dans la fatigue ou la peine, ou l'errance - mais combien de fois traversons-nous chacun les limites de nous-mêmes ? - se faire sensible à la présence du monde. À cet infime décalage susceptible pourtant de renverser les lois du réel.
    Alors le proche, l'immédiat, la rencontre - un ciel, un visage, un effet de lumière - deviennent fiction où on bascule.
    Le récit d'aujourd'hui, qui dit notre monde et la ville, s'invente ainsi, à bout de téléphone et de mots directement creusés dans la tablette au fond du sac, ou l'ordi de passage.
    C'est cette nouveauté radicale de saisie du présent qui fait la force et l'urgence, et la sombre beauté, des récits fantastiques que tisse ainsi Arnaud Maïsetti. Comme une surface d'écriture lentement décollée de la surface du monde, mais qui en garderait l'empreinte râpeuse, faite d'éclats tranchants.
    Et le livre numérique, qui emporte avec lui et ces courses, ces fractionnements, ces incises et ces images, en est le meilleur réceptacle. Dans cette nouvelle version, étendue et révisée, 51 de ces plongées dans le temps et la nuit, par une des plus singulières voix contemporaines.

    FB

    Arnaud Maïsetti est né en 1983 et publie depuis 2008. Il est l'auteur d'un site étonnant croisant fictions, critiques, photographies et journal, ses Carnets.

  • "Les voix dans le rêve ne ressemblent à aucune", dit Arnaud Maïsetti. Ce sont toutes ces voix intérieures qu'il convoque, sous le mot "affrontements" qu'il décline jusque dans ses limites. Affrontement de soi-même, affrontements dans le monde, conflits intérieurs, dépassements et excès, mais résistance dans le monde, mouvement vers l'autre.
    Alors toutes les armes sont bonnes. Les définitions du dictionnaire, l'oeuvre aigue et fantastique d'Henri Michaux, les souterrains noirs dans la ville que trace Koltès, dont Arnaud Maïsetti est un spécialiste.
    "Autant la distance qui sépare les ennemis que les ennemis eux-mêmes, ou leur propre colère", dit Maïsetti en tête de son projet. Parce que tout passe par l'errance, la ville, la nuit, les voyages. Un étonnant travail photographique sert d'incise aux textes, et va servir ici de chemin dans la navigation numérique : en suivant un journal chronologique, ou en passant d'un thème à un autre.
    La création graphique et le jeu de navigation intérieure, imbriquant des tables des matières spécifiques selon chaque mode de navigation a été réalisée pour publie.net par Roxane Lecomte.
    "Affrontements : sa propre avancée sur la page", dit Arnaud Maïsetti, "et si sous le mot affrontement se trouvait tout saisi le geste d'écrire - et le monde affronté, la seule exigence d'écrire comme pour le raconter, par combats successifs, par ennemis choisis..."
    Un nouveau rapport se tisse entre la présence web d'Arnaud Maïsetti dans ses Carnets : fiction, critique, journal, et la strate plus noire, plus dense, d'une écrtiture qui appelle le livre numérique et l'invention de parcours et de forme que nous apprenons tous, aujourd'hui, à découvrir et exiger.
    FB

  • Il y a quelques mois, nous publions à peu près simultanément Le livre, l'immeuble, le tableau de Jérémy Liron, journal de travail d'un jeune plasticien, et le premier noyau d'Anticipations d'Arnaud Maïsetti, oeuvre qui se complète et se développe en ligne (les lecteurs qui la téléchargent sont automatiquement prévenus des mises à jour.
    Présentant dans la galerie qui propose son travail une lecture à voix haute de son texte, Jérémy Liron l'accompagne d'un film. La ville, expérience noir et blanc, repères, déformations, stéréotypes et brouillages.
    Arnaud Maïsetti transmet alors à Jérémy Liron une suite de notes, issues de son rapport à Deleuze, Rimbaud, Koltès. Comment interroger le regard, le cadre, les cinétiques ?
    Leur collaboration a donc commencé sous les auspices de cette première publication sur notre site.
    Les Lillois connaissent bien Dimitri Vazemsky, et sa maison d'édition Nuit myrtide, travail ouvert en permanence au défrichage, aux expérimentations et nouvelles formes : il vient de publier La Mancha, 48 pages, format carré 155 x 155, croisant les photogrammes de Jérémy Liron et le texte d'Arnaud Maïsetti.
    Pour 10 euros, vous vous procurerez l'édition papier du livre, via son site.
    Sur publie.net, nous vous proposons l'édition numérique exclusivement, mais augmentée des notes préparatoires d'Arnaud Maïsetti. Mais quiconque nous enverra petite preuve matérielle de l'achat du livre se la verra délivrer gratuitement.
    J'ajoute que la démarche de Liron comme celle de Maïsetti recoupent mes chantiers personnels, là où je les considère des plus importants : la ville, la représentation, le mouvement, l'image. Il est troublant pour moi de voir ces chantiers maintenant relayés, développés. Ce texte est important, le dialogue qui s'instaure entre les deux démarches est vital : soutenez-les.

    FB

empty