• Un combat de boxe c'est quinze rounds de violence, de calcul, d'espoirs, de renoncements, d'erreurs tactiques, de beaux gestes fulgurants, c'est un jeu de massacre dont il faut sortir à temps, c'est une course contre soi-même et contre l'autre, l'adversaire qu'on croit battre et qui se relève sans fin jusqu'au moment où c'est lui qui vous abat. Quinze rounds c'est le récit halluciné d'un homme devenu fou qui revit sans fin, devant qui veut l'entendre, le calvaire de son dernier combat, celui de trop, celui dont on ne se remet pas. Raconté minute par minute, il nous tient entre les quatre cordes de ce récit syncopé, virtuose, frénétique, exténuant, toujours à la lisière de l'épuisement. Rarement boxe et littérature auront aussi bien dansé ensemble.

    Henri (ou Henry) Decoin a connu plusieurs vies qui font de lui une figure pour le moins originale du XX° siècle : sportif de haut niveau par hasard, journaliste par vocation, héros de guerre par nécessité, écrivain par circonstance, patron de salles de boxe ou de journaux et surtout cinéaste de renom pendant plusieurs décennies, il illustre cette capacité de certains à tout essayer, pour le meilleur. On lui doit quelques films restés fameux, dont Les amoureux sont seuls au monde.

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