• Le gros poète Nouv.

    Berlin, début des années 1990, réunification de l'Allemagne. Un gros poète débonnaire croit devoir écrire le roman moderne sur la capitale. Mais ce n'est pas trop sa tasse de thé. Pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, pour obéir à un petit elfe insatiable qui le supplie de lui raconter « quelque chose de beau », il improvise des récits désopilants. Il convoque des souvenirs d'enfance, décrit son travail vain et quotidien, s'inquiète du temps qui passe. Puis, il en meurt sans faire de bruit. Dans ce roman paru il y a 25 ans perce déjà la profonde mélancolie de Matthias Zschokke. À sa manière élégante et allusive, il met en question les clichés sur le roman moderne, la réussite sociale, le couple, la sexualité enfantine, tous thèmes dont l'actualité n'est pas à démontrer.

    Matthias Zschokke vit a Berlin depuis 1980. Il a passe son enfance et sa jeunesse pres de Bienne, la ville de Walser que Zschokke admire profondément. D'abord comedien, puis dramaturge, cineaste, ecrivain, il a reçu le prix Robert Walser pour son premier roman, Max, en 1981, le prix Femina etranger pour Maurice a la poule en 2009 et le Grand Prix de litterature du Canton de Berne en 2014.

  • Roman «espère, avec ce prénom, avoir du succès et atteindre le bonheur». Le spectacle du quotidien, les allées et venues de ses voisins, la vie des animaux sur son chemin - canards, araignée, chien -, le graissage d'un Beretta : tout devient aventure. Roman vit paisiblement avec sa bien-aimée, mais sa vieille mère et son ami de toujours lui demandent de mettre fin à leurs jours. Lui-même sent l'étau de la précarité se resserrer autour de lui. Après avoir envisagé un hold-up burlesque, Roman se décide à demander au Persan d'accepter le rôle principal dans une pièce qu'il voudrait monter pour se refaire. Mais le Persan meurt. La pièce, qui aurait dû être jouée, sera simplement donnée dans le roman. Très tchékhovienne, cette pièce est surtout un condensé de la mythologie de l'auteur.

    Matthias Zschokke vit à Berlin depuis 1980. Il a passé son enfance et sa jeunesse près de Bienne. D'abord comédien, puis dramaturge, cinéaste, écrivain, il a reçu le prix Robert Walser pour son premier roman, Max, en 1981, le prix Femina étranger pour Maurice à la poule en 2009 et le Grand Prix de littérature du Canton de Berne en 2014.

  • Maurice passe ses jours dans son bureau du quartier nord de Berlin, là où débarquent les habitants de l'Est, une zone déclarée « sensible ». Il écrit à son ami et associé Hamid à Genève, le plus souvent il ne fait rien. De l'autre côté de la cloison, quelqu'un joue du violoncelle, cela l'apaise, mais il ne réussit pas à dénicher le musicien tant le dédale des immeubles est inextricable. Il fréquente souvent le Café Solitaire, la Papeterie de Carole, passe devant le Bar à Films de Jacqueline, des lieux dont les propriétaires changent souvent pour cause de faillite. Dans ce roman fait de détails, d'esquisses et de lettres, Zschokke met en scène des existences sans gloire, des êtres blessés par la vie, pour qui il nourrit une tendresse sans limites.

  • Venise au jour le jour, au ras de l'eau, au rythme du vaporetto : de juin 2012 à janvier 2013, Matthias Zschokke a vécu trois saisons d'émerveillement. De ses fenêtres plongeant sur une piazzetta, au croisement de trois canaux, il observe les déboires d'un jeune goéland qui apprend à voler. Sa Venise est celle du marchand de légumes ambulant, des trésors du pâtissier, du coiffeur au coin de la place, d'un tango sous la lune. Une ville aux mille lumières: petits matins clairs de la baignade au Lido, ciels d'orage, rayons dorés de l'automne, brouillards de Noël. A peine un pied dehors, sur la place, c'est déjà l'aventure: à gauche, à droite, encore à droite, trois escaliers, un petit pont, déjà perdu, toujours heureux. Même la foule des touristes ahanant sous la canicule ajoute à la félicité. Lire, écrire quand Venise attend au-dehors ? Pas une ligne, si ce n'est, quand le bonheur déborde, ces messages qui ouvrent une à une aux amis dans le Nord sombre et froid les fenêtres de ce calendrier de l'Avent perpétuel.I.R.Ecrivain, dramaturge et cinéaste, Matthias Zschokke vit à Berlin. Son oeuvre a été distinguée par plusieurs prix prestigieux dont le Femina étranger pour Maurice à la poule et le prix Robert Walser pour son premier roman, Max.

  • L'Homme aux deux yeux est à la fois le roman d'aventures d'un héros moderne et la mise en scène d'un monde aussi noir que vide de sens. Dans cette histoire, Matthias Zschokke est acerbe contre la société d'aujourd'hui et sa diatribe est ici brillante.

    L'homme qui avait deux yeux se distingue à peine des autres, visage, cheveux, vêtements et mallette couleur sable. Il perd sa femme, son chat, son travail de chroniqueur judiciaire, son appartement dans la capitale. A cinquante-six ans, il s'en va à Harenberg, une petite ville de province dont la femme avec qui il vivait lui a recommandé les bienfaits.
    Tout au long de sa lente marche vers la grisaille, le dénuement et la mort possible ou souhaitée, ses souvenirs lui apparaissent, aussi attendrissants que fâcheux, ses révoltes éclatent dans des formulations caustiques, mais son corps a encore besoin de chaleur. A Harenberg Rosaura, qui tient un bar et accepte de longs dialogues, lui offre de curieux plaisirs.

    Ce roman raconte en filigrane une histoire d'amour avec «la femme qui préférait se taire», celle qui chantait dans la même chorale au temps de leur jeunesse.
    Matthias Zschokke est passé maître dans l'art de raconter de petits riens en les tirant à hue et à dia jusqu'à ce qu'ils apparaissent dans une lumière étrange où ils perdent leur évidence et nous étonnent.
    Nous sommes là devant un diamant noir.

  • Max

    Matthias Zschokke

    Max ressemble à un autoportrait, le récit hésite, est-ce qu'il faut appeler le personnage Max, Martin, Henri ou Wolfgang ? Prend-il prend la bonne pose, assis au bar dans un café ? Il a l'air beau, aimable, trop beau et trop jeune, mais est-ce qu'il impressionne les autres, est-ce qu'il a l'air de savoir vivre ? Il a croisé le regard de quelques homosexuels en croyant qu'il se serait bien entendu avec eux, mais il n'a pas donné suite. Il a voulu être acteur, mais c'était un malentendu. Max constate qu'il n'était pas un artiste, mais un spectateur. Max n'est pas un homme de certitudes.
    La vie de Max se déroule à Berlin, juste après dix années de grands débats idéologiques.

  • Courriers de Berlin est à la fois une curiosité et une première car il est fait de mille cinq cents mails envoyés par l'auteur à son meilleur ami, d'octobre 2002 à juillet 2009.
    Matthias Zschokke est mélancolique, les hauts et les bas de son humeur s'enchaînent à une vitesse vertigineuse. Ses messages laissent deviner un interlocuteur bourru, emporté, plus acerbe encore que lui-même ; tous deux aiment la littérature, le théâtre, l'opéra, le cinéma et la télévision, ainsi que les voyages, les restaurants et les parfums. Les livres qu'ils lisent, les spectacles qu'ils voient suscitent des avis féroces, Courriers de Berlin est un essai monumental sur la culture d'aujourd'hui et ses fabricants. C'est aussi un livre sur l'amitié.
    La critique allemande a été unanime à reconnaître dans ce texte une oeuvre pleine d'humour au style aérien.

  • Circulations

    Matthias Zschokke

    Amman, Budapest, Baden-Baden, Saint-Luc, New York, et en entrée, Berlin. De la ville omniprésente dans son oeuvre, Matthias Zschokke nous entraîne dans le vaste monde. Avec son sens si aiguisé de l'observation et son regard plein d'humour et d'empathie, il nous guide de mégapoles en coins perdus, saute de l'une à l'autre au fil des mots.Plus que le voyage, c'est le génie des lieux qui l'intéresse, comme des personnages qui se révèlent peu à peu.

  • L'heure bleue ou la nuit des pirates propose un univers poétique tout à fait singulier ! On croit y reconnaître des histoires, y poser des jalons, on suit des pistes : mais les histoires sont à double fond, les jalons truqués, les pistes trompeuses. Cette histoire de pirates englués dans les mers du Sud serait donc une fable qui parle de liberté, de désir, de pouvoir, d'idéaux perdus, d'illusoires espérances.Mais alors, qui sont ces pirates ? Des aventuriers, des comédiens jouant aux flibustiers comme dans les meilleurs films du genre, des révoltés ayant largué les amarres, des marginaux exclus et oubliés, une bande de voyous libertaires, un groupe de « terroristes » désenchantés, des adolescents rêveurs à la recherche d'improbables idéaux...Zschokke se garde bien de trancher : il se promène en équilibriste à la crête des questions urgentes et vitales sans avoir l'air d'y toucher. Il pratique l'art du désamorçage. Quoi de plus fascinant pour le théâtre que ce jeu labyrinthique avec le sens !Martine Paschoud

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