Géographie

  • La cartographie et ses conventions sont universelles : orientation, projections, échelle, utilisation des couleurs ou des symboles, représentation du relief... Les normes et nomenclatures sont devenues communes, mais ça n'a pas toujours été le cas !
    Magnifiquement illustré par plus de 100 cartes du Moyen Âge à la période contemporaine, cet ouvrage raconte l'histoire des conventions cartographiques. C'est aussi, et surtout, l'histoire d'un langage partagé, celui de la représentation du monde.

  • À l'instar du ninja et du samurai, le yakuza fait partie des figures imposées de la culture et de la société japonaise. Largement représenté dans la littérature et le cinéma, couvert de tatouages, phalange coupée, langage rude et violence soudaine, il fascine et interroge : comment cette structure archaïque et quasi-féodale peut-elle perdurer dans un Japon démocratique, industrialisé et technologique ?
    Pour comprendre et éviter le piège de l'essentialisation et du culturalisme, une comparaison avec d'autres pays, notamment la mafia née en Sicile, permet de dégager des éléments communs, mais aussi de mettre à jour la spécificité de la pègre japonaise : sa proximité avec l'extrême droite, dans l'idéologie comme dans l'action.
    S'appuyant sur un méticuleux travail de recherche et une analyse originale, Philippe Pelletier démontre ainsi comment les yakuza sont nés à un moment donné, en un lieu donné, en réponse à une demande politique qui interroge in fine sur deux éléments : la nature réelle de la démocratie japonaise et le rôle d'une figure tout aussi emblématique que le yakuza, celle de l'empereur.

  • Fleuve le plus puissant au monde après l'Amazonie, le Congo draine un immense bassin partagé entre neuf États. Il a donné son nom à deux d'entre eux. Au cœur d'une histoire tumultueuse qui mit en contact les sociétés d'Afrique équatoriale et l'Europe, soumis à une exploitation coloniale brutale, il n'a cessé d'être convoité pour ses richesses naturelles. " Potentiellement " riches, les pays riverains du grand fleuve comptent en réalité parmi les plus pauvres du monde.

    Ce paradoxe de la puissance contrariée, tant par la nature qui a coupé le fleuve de son ouverture atlantique que par le cours d'une histoire souvent chaotique, constitue le fil conducteur d'un voyage fascinant aux pays du Congo. L'auteur les a parcourus durant trois décennies. Il en montre les mutations comme les freins au développement, et interroge les promesses de l'or blanc, de l'or vert, de l'or bleu. Il livre en six tableaux le fruit d'une réflexion sans tabou, murie au carrefour de la géohistoire, de l'anthropologie économique, de la politique, de la culture et des arts. Cet essai de géographie globale propose des clés essentielles pour comprendre la complexité du bassin du Congo dans son rapport au monde.

  • Mégafeux en Californie ou en Australie, précipitations hors norme et inondations dans le sud de la France, ouragans dévastateurs en Asie... les catastrophes climatiques semblent se multiplier et s'intensifier. Elles suscitent effroi et inquiétude au sein des populations. Disparition de sociétés, déclenchement d'événements historiques majeurs, source de conflits et de guerre, de maladies et de migrations de masse... les nombreuses idées reçues liées à ces phénomènes climatiques inquiètent !
    Cependant, ces catastrophes climatiques sont-elles inélucta­bles ? De tous les périls, sont-elles les plus graves ? Ne sont-elles pas autant d'opportunités pour repenser et transformer nos sociétés ? La science et le progrès technique peuvent-ils nous mettre à l'abri ? Au Nord comme au Sud ?
    Ces 21 idées reçues mêlant histoire, science et géographie nous permettent de démêler le vrai du faux sur ces catastrophes climatiques qui effraient autant qu'elles fascinent.

  • Si les changements environnementaux liés à l'humanité ne font aucun doute, leur ampleur et leurs conséquences ne sont pas si faciles à évaluer. Pour le savant, il s'agit d'établir les liens de causalité et les impacts avec le plus de précision possible, puis de poser un diagnostic. Le présent dictionnaire s'appuie sur le concept récent d'" anthropocène ", qui a le mérite, qu'on l'approuve ou non, de relancer la réflexion sur les rapports entre nature et société, entre constat scientifique et action politique, à travers une approche spatiale et territoriale. Procédant de façon critique, et fruit d'une démarche collective, cette vaste entreprise éditoriale se fonde sur une pratique de terrain, attentive aux détails et méfiante à l'égard des discours pré-établis.

    Parmi les 330 notices, plusieurs thèmes sont au cœur des débats contemporains (biodiversité, changement climatique...), d'autres se réfèrent à des courants de pensée (écoféminisme, transhumanisme...). Les concepts mobilisés abordent des questions politiques (capitalocène, justice environnementale...), philosophiques (catastrophes, Gaïa...), ou épistémologiques (finitude, population...). Des notions classiques sont réinterrogées (nature, ressource...), tandis que des concepts sont précisés (biosphère, écosystème...).

    D'autres notices discutent de mécanismes environnementaux (érosion, tsunami...), de pratiques récentes (agroécologie, ville durable...), de phénomènes territorialisés (déforestation, désertification...) ou d'artefacts (aéroport, autoroute...). Certaines examinent des lieux emblématiques (Amazonie, Fukushima...). D'autres, enfin, offrent un regard original sur l'anthropocène, sa faune (chien, ours...), ses mutations socio-économiques, institutionnelles ou politiques (biopiraterie, ZAD...).

    Un dictionnaire de référence sur un concept devenu incontournable.

    Ce dictionnaire a été coordonné par

    le groupe Cynorhodon comptant 16 géographes :

    Frédéric Alexandre, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, David Blanchon, Frédérique Blot, Laine Chanteloup, Émilie Chevalier, Sylvain Guyot, Francis Huguet,

    Boris Lebeau, Géraud Magrin, Philippe Pelletier, Marie Redon,

    Fabien Roussel, Alexis Sierra, Didier Soto.

  • Si l'histoire du capitalisme est largement documentée, sa logique spatiale, elle, l'est beaucoup moins. Cette dernière est pourtant fondamentale à la compréhension de ce système et de ses contradictions.
    Le présent ouvrage s'inscrit donc dans une discipline, la géographie radicale, qui
    spatialise la question des rapports de forces produits par le capitalisme.
    L'auteur met au jour les logiques capitalistes à l'oeuvre dans les phénomènes spatiaux qui constituent les objets d'étude de la géographie, à savoir la mondialisation, les inégalités de développement économique, mais aussi l'aménagement du territoire, les replis identitaires, les mouvements migratoires et les questions écologiques.
    Il est nécessaire pour quiconque s'intéresse au fonctionnement du capitalisme de se réapproprier la géographie comme outil permettant d'envisager une sortie démocratique des impasses produites par ce système. Une géographie populaire ou, mieux, une géographie de combat qui permet d'articuler la lutte à l'échelle locale aux dynamiques globales.

  • En 1976, la première édition de ce livre dans la " Petite collection Maspero " fit grand bruit. Il faut dire que le géographe Yves Lacoste y proposait une analyse iconoclaste : il fustigeait la " géographie des professeurs ", apparue au xixe siècle et progressivement devenue un discours idéologique masquant l'importance politique de toute réflexion sur l'espace - tandis que sa variante scolaire a longtemps été vue comme l'un des enseignements les plus rébarbatifs. Mais, surtout, il montrait qu'existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la " géographie des états-majors ", ensemble de connaissances rapportées à l'espace et constituant un savoir stratégique utilisé par les dirigeants.À rebours de ces deux conceptions, Lacoste affirmait que les questions soulevées par la géographie concernent en réalité tous les citoyens : des questions multiformes, à la croisée de nombreuses disciplines. La pertinence de ce livre devenu culte reste entière, à une époque où la géopolitique défendue par Yves Lacoste est entrée dans les moeurs et où l'analyse des conflits régionaux et internationaux, toujours complexe, s'est imposée dans le débat public.

  • De la naissance des départements sous la Révolution française à leur évolution dans les années à venir, ce livre dresse un état des lieux complet de l'un des fondements de l'organisation administrative et fonctionnelle de notre pays.
    Voyagez dans l'histoire et apprenez de quelle manière les départements français ont vu le jour, de l'organisation territoriale de la France en 1789, au grand mouvement de décentralisation des années 80, en passant par la décolonisation, le gaullisme territorial, et bien d'autres périodes marquantes.
    Découvrez ensuite l'organisation actuelle de ces collectivités territoriales, l'étendue de leurs compétences placées sous l'exigence de la solidarité, au coeur des préoccupations et de la vie quotidienne des citoyens !
    Enfin, les auteurs vous révèleront les atouts de ces unités administratives pour le XXIe siècle.
    - L'histoire des départements (l'organisation territoriale de la France en 1789, la création des départements (1789-1800), les mutations de l'institution départementale au XIXe siècle et jusqu'à la décolonisation et au début de la Ve République, les années 60 ou le gaullisme territorial réformateur en action, les années 80 ou la libération de la tutelle des préfets dans le grand mouvement de l'acte I de la décentralisation, le bouleversement de la carte cantonale et l'introduction de la parité en 2014 suivie de la suppression de la clause générale de compétences en 2015)
    - Le département, aujourd'hui (carte à jour de la France des départements dans les nouvelles régions, le département, toujours échelon de base, autour du préfet, de l'organisation territoriale de la République, une collectivité territoriale de proximité, aux élus bien identifiés et une collectivité territoriale aux compétences diverses, placées sous l'exigence de solidarité, au coeur des préoccupations et de la vie quotidienne des citoyens
    - Menaces et atouts pour l'avenir du Département (la concurrence des régions, des métropoles et des intercommunalités en général, les atouts dont disposent les départements pour rebondir, le département, un fils de la Révolution de 1789, ayant su s'adapter aux changements, prêt à affronter les défis du XXI siècle)

  • Ce manuel clair et concis présente les fondements, les enjeux (développement économique, services, infrastructures, environnement),  les principaux débats et les expériences significatives et marquantes de l'aménagement du territoire.
    Cette 2e édition prend en compte les évolutions les plus récentes des politiques d'aménagement (la création d'une agence nationale de la cohésion des territoires) et des débats (notamment après le mouvement des Gilets jaunes ou encore la crise de la COVID). A travers l'analyse des grands échecs et des grandes réussites, elle vient également interroger ce que peut être l'aménagement du territoire demain.
     

  • Dans ce livre, l'auteur s'intéresse à la façon dont l'imagination travaille l'activité cartographique non seulement à ses débuts mais aujourd'hui encore où, grâce à des instruments perfectionnés, les cartes ont acquis un statut scientifique indéniable. C'est dans l'irréductible écart entre les cartes et le monde que s'exerce l'imaginaire de ceux qui les fabriquent comme de ceux qui les consultent. Si bien que les Atlas, aussi exhaustifs soient-ils, demeurent pour nous des machines à rêver et ne laissent personne indifférent. Et moins que quiconque les voyageurs et les artistes qui nous ont souvent révélé certaines dimensions inaperçues des cartes.

  • Si la première question posée en géographie est « où ? », la seconde est certainement « pourquoi là ? ». La géographie est d'abord l'expérience de l'espace des hommes. Au travers de 100 entrées, cet ouvrage sans équivalent apporte une connaissance de la nature, des objets, des méthodes, des enjeux et des finalités de la géographie contemporaine. Il donne un aperçu des champs et des démarches de cette discipline, et permet de comprendre comment les géographes contribuent aujourd'hui à la réflexion sur les grandes problématiques (développement durable, ville et néoruralité, mondialisation, cultures et « choc des civilisations »...) qui traversent nos sociétés.

  • Comment expliquer cette préoccupation, désormais répandue sur tous les continents, d'aménager, c'est-à-dire de « disposer avec ordre », le territoire quand on sait que cet objectif était ignoré des générations précédentes ? Autrement dit, quelle est l'utilité de cette discipline ? Quels sont ses enjeux, ses acteurs, ses résultats ? Le présent livre explore les fondements de cette dimension politique devenue essentielle, ses tenants et aboutissants sur le plan national mais aussi dans l'espace de l'Union européenne. Il en étudie les voies politiques, institutionnelles (la Délégation à l'aménagement du territoire, la décentralisation) et économiques (les régions, les villes et les campagnes). Il en dresse le bilan et en dessine l'avenir.

  • La géographie sociale s'intéresse aux pratiques et aux représentations sociales, plus largement aux expériences vécues, inséparables des rapports sociaux. Elle conçoit l'espace comme une dimension du monde social, et non comme quelque chose qui lui serait extérieur. Cette approche fournit une grille de lecture de nos sociétés en considérant à la fois les espaces matériels, les espaces institutionnels et les espaces vécus.
    Cet ouvrage, véritable initiation à la géographie sociale, en présente les principaux apports théoriques, les grands concepts et les méthodes. Assorti de nombreux exemples, il en expose certains thèmes classiques (comme la ségrégation résidentielle ou les migrations) et d'autres moins investis (comme le travail ou les mobilisations) pour mieux saisir les grands enjeux sociaux du monde contemporain.

  • Savez-vous comment devenir citoyen de Venise en période de crue ? Connaissez-vous la vraie recette du spritz et ce que le carpaccio de boeuf doit au peintre Carpaccio ? Savez-vous ce que sont les nizioleti, que vous rencontrerez pourtant à chaque coin de rue ? Pour vous accompagner dans votre visite ou en guise d'invitation au voyage, Olympia Alberti, en amoureuse, en poète et en épicurienne, vous confie 100 clefs permettant d'apprécier dans toute sa splendeur l'art vénitien, qui est aussi un art de vivre. Suivez le guide. Ici, on croise les fantômes de Byron et de Casanova, du Titien et de Véronèse, de Vivaldi et de Marco Polo. On apprend à maîtriser les codes du carnaval et à reconnaître le son de la Marangona, la cloche la plus grave du campanile. Au terme d'un parcours qui tient tous les sens en éveil, vous aurez percé quelques secrets de la Sérénissime, dont le mystère reste inépuisable...

  • Où est passé le peuple parisien ? Depuis plusieurs décennies, la capitale connaît un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l'habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l'espace public). Que se passe-t-il vraiment et qu'y a-t-il en jeu dans ces mutations urbaines et sociales ? Voilà qui est le plus souvent laissé dans le flou et présenté comme une évolution " naturelle " des villes.
    Ce livre éclaire ce processus et approfondit la connaissance de Paris et de son évolution récente. Il montre que cette transformation n'est pas une simple amélioration du bâti, de l'espace public ou des commerces, et révèle à qui elle profite et qui elle dépossède.
    Un livre essentiel pour permettre aux lecteurs, parisiens ou non, de s'approprier les enjeux sociaux et politiques de l'évolution des villes.

  • "La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre" (Yves Lacoste).La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l'environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c'est chose entendue depuis l'Antiquité - Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L'Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l'exploitation tactique du terrain dans la manoeuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d'une géographie purement militaire : elle devient, parmi d'autres, un moyen de lutter contre l'occupation de territoires par les armées napoléoniennes.
    Engagements militaires sur plusieurs théâtres d'opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales... Aujourd'hui au coeur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie - comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel -, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
    Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l'historien, revenant sur l'invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

  • Une méthode unique pour réussir ses cartes et croquis.
    Acquérir les bons réflexes est essentiel pour aborder sereinement l'épreuve de création et de réalisation des cartes et croquis. Cet ouvrage donne toutes les clés pour élaborer une carte dans les conditions du concours.
    Un ouvrage pour comprendre les enjeux géopolitiques mondiaux.
    Une analyse des enjeux mondiaux et régionaux pour réviser efficacement les grands repères géopolitiques. Chaque carte est accompagnée d'un commentaire qui éclaire sa construction : explication du sujet, justification de la problématique, architecture de la légende, mise en perspective du sujet.

  • Le développement durable est une notion complexe, qui considère l'environnement dans son sens large : ressources, biodiversité, alimentation, santé, risques naturels et technologiques, gestion des déchets...
    Quels sont les nouveaux objectifs - sans cesse précisés - à atteindre et quelles sont les réponses apportées ?

    o Le point sur l'état du monde et ses inégalités : population, ressources, santé, biodiversité, risques, migrations...
    o La multiplication des réponses globales : grandes conférences internationales, législation, adaptation au changement climatique, tourisme durable, commerce équitable...
    o L'inventivité des réponses locales : s'appuyant sur l'exemple français, l'atlas illustre les différentes échelles d'intégration du développement durable dans la gestion de l'environnement.

    Avec plus de 100 cartes et documents originaux, l'atlas propose un éclairage sur la mise en oeuvre d'un développement « durable » pour la planète.

  • Le Génie du lieu, paru en 1958, premier essai de Michel Butor, se compose de deux parties. La première est une série de portraits de sept villes de la Méditerranée, Cordoue, Istanbul, Salonique, Delphes, Mallia, Mantoue et Ferrare, suivi d'une réflexion toute butorienne, mélange de rêverie, de poésie et d'anecdotes personnelles, sur l'Egypte, où il a vécu et qu'il a toujours aimée.
    Loin des fades commentaires sur les paysages c'est en promeneur enchanté, inspiré par ses souvenirs, que Butor digresse sur l'histoire et la littérature des lieux qu'il visite. Il hisse ce qu'il appelle la « critique géographique » au rang d'oeuvre d'art, n'oubliant jamais que les villes ne sont pas des miracles de la nature, mais les chefs-d'oeuvre des hommes. Des empereurs y ont construit des palais avant que des conquérants ne les détruisent.  Des sculpteurs y ont élevé des statues. Des écrivains y ont écrit des livres. Au tour de Michel Butor de s'inscrire dans la mémoire des lieux.  Voilà pourquoi on croisera Borges au détour d'une ruelle de Salonique, Averroès à un carrefour de Cordoue et Philippe de Macédoine assis sur une ruine de Delphes.
    Le Génie du lieu est-il le lieu du génie de Michel Butor ? Ses admirateurs continuent de se disputer : de La Modification ou du Génie du lieu, lequel est son plus grand livre ?

  • La nouvelle édition de cet ouvrage didactique, largement revue et augmentée, présente les thèmes fondamentaux de la géographie d'aujourd'hui. Chaque chapitre est organisé de manière claire et pédagogique : objectifs de connaissance, cours structuré assorti de nombreux encadrés et définitions, éléments essentiels à retenir, notions clés à maîtriser, étude de cas mobilisant des documents variés.
    L'ensemble est complété par la méthodologie des grands outils (carte, SIG, Internet) nécessaires à tout apprenti géographe.
    Un manuel indispensable pour acquérir les bases théoriques et méthodologiques de la discipline ou actualiser ses connaissances.

  • Sous l'histoire officielle de la conquête du pôle Nord se cachent beaucoup d'affaires étouffées, de drames effacés, d'enjeux économiques ou stratégiques maquillés.
    Bien connue, croit-on, est l'histoire de la conquête du pôle Nord. Et pourtant... Le mot même est ambigu : conquête géographique ou conquête guerrière ? Les étapes de la progression des conquérants méritent un examen critique, auquel se livre ici Dominique Le Brun, spécialiste d'histoire et de littérature maritimes.
    On découvre ainsi que les noms qui ornent les cartes de l'océan Arctique ne sont pas toujours ceux des hommes qui ont réellement agi - celui de Barents, par exemple, cache celui du Français Balthazar de Moucheron. On apprend qu'un mythe soigneusement entretenu, celui de " la mer libre du pôle ", a poussé les Etats à investir dans des expéditions coûteuses et mortelles. On s'étonne des prolongements de la querelle à la fois politique, financière et idéologique (voire raciale) qui opposait et continue d'opposer les partisans des deux expéditions Cook et Peary. On comprend que les exploits arctiques de l'Etat soviétique naissant étaient destinés, en fait, à ouvrir la route des goulags... Et l'on en arrive à constater que, aujourd'hui, près de 50% des territoires arctiques sont limitrophes de la Russie de Vladimir Poutine.
    Une longue histoire dont on se demande parfois si elle n'est pas la chronique d'une catastrophe annoncée.

  • Des noms d'hommes sur les plaques à tous les coins de rues. Des loisirs qui profitent en priorité aux garçons. Des offres de transport insensibles aux spécificités de genre. Sans oublier la culture du harcèlement.La ville se décline surtout au masculin. Plusieurs études récentes le confirment. L'auteur décrit comment la cité renforce les inégalités entre les femmes et les hommes et en crée de nouvelles, et montre qu'il est possible de la rendre plus égalitaire.L'usage de la ville est mixte, et travailler sur le mieux vivre des femmes, n'est-ce pas travailler pour tous ?

  • Extrait
    Introduction
    Il était une fois un couple de dieux. On les appelle kami* au Japon. Elle avait pour nom Izanami et lui, Izanagi. En ce temps là, raconte le Kojiki, la Chronique des choses anciennes, la terre était aussi vide et informe qu’une méduse au fond de l’océan.
    Le couple de kami* décide de descendre du royaume céleste pour la peupler. Encore faut-il un coin de terre ferme. Ils plantent dans l’océan une lance qu’ils agitent en tous sens jusqu’à ce que les gouttes qui en retombent forment un chapelet d’îles. C’est ainsi, raconte la légende, que le Japon est né.
    Tournant autour du pilier, Izanami et Izanagi tombent face à face. « Quel bel homme ! », s’exclame la déesse. Et les voilà unis. Hélas, comme elle a parlé la première, leur enfant, informe et gélatineux (il s’appelle Hiruko, « sangsue »), ne peut vivre et est abandonné aux flots.
    Le couple reprend sa marche autour du pilier. Cette fois – un dieu averti en vaut deux ! – c’est Izanagi qui prend la parole : « Quelle belle femme ! ». Et leur premier enfant naît : c’est l’île d’Awaji.
    Les deux kamis engendrent ainsi des centaines d’autres dieux qui peuplent petit à petit tout ce qui constitue la nature : les montagnes, les fleuves, les arbres, les pierres, etc.
    Mais voilà qu’au moment d’accoucher du feu, la déesse, brûlée par ce rejeton dévastateur, perd la vie et se retire au royaume des morts.
    Inconsolable, Izanagi part la chercher. Comme dans la légende d’Eurydice, le dieu nippon n’a pas le droit de se retourner sur sa belle avant de l’extraire du monde d’en-bas. Trop impatient, il n’y résiste pas et voyant sa chère épouse à demi décomposée et répandant une odeur putride, il prend aussitôt ses jambes à son cou.
    Humiliée et furieuse, Izanami le poursuit et lui promet de se venger en tuant chaque jour au moins mille créations de son époux. Izanagi parvient à lui échapper en scellant d’une lourde pierre le royaume des morts et en lui lançant, juste avant la séparation définitive, qu’il créera tous les jours mille cinq cents nouvelles créatures, de manière à contrer sa malédiction. Le cycle de la vie et de la mort est né au royaume du Soleil-Levant.
    Pour se purifier du contact avec la mort – chose encore indispensable au Japon d’aujourd’hui, comme on le note au moment des funérailles* –, Izanagi prend un bain primordial, ancêtre de tous les rites de purification.
    De sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles et de ses plaies naissent des myriades de dieux dont le kami du soleil, la déesse mère du Japon, Amatérasu Ômikami, née de l’œil gauche d’Izanagi, ancêtre de la maison impériale.
    Pour cette déesse au caractère bien trempé, il fallut rien moins qu’un strip-tease légendaire* pour la faire sortir de la grotte où elle s’était réfugiée après l’offense de son benêt de frère, le dieu du vent…

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    L'avenir de l'Europe se jouera au sud. Tous les jours, la tragédie des migrants venus d'Afrique ou du Moyen-Orient le prouve. Le destin du continent européen et celui du continent africain sont liés, et la Méditerranée est l'espace naturel de cette Verticale.
    Ce petit livre dit les volontés mutuelles, les intérêts convergents, les possibilités qu'une meilleure coopération entre l'Europe et son flanc sud peuvent ouvrir dans les prochaines décennies. Parce que pour nous comprendre et dessiner le futur des prochaines générations, il faut avoir le courage de se regarder dans ce formidable miroir qu'a toujours été, pour l'humanité, notre mer Méditerranée.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Jean Kacou Diagou (L'intégration régionale est une nécessité pour l'Afrique), Radhi Meddeb (Que veut dire « voisinage » pour le Tunisien que je suis) et Miguel Ángel Moratinos (L'Espagne est formée de cultures et de civilisations entremêlées, qui ont vécu ensemble).
    Ce livre est un hors-série de la collection L'âme des peuples, réalisé en collaboration avec l'IPEMED, l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen.
    EXTRAIT
    Nous sommes tous nerveux. Même dans les grands pays émergents, la flambée des inégalités est explosive. Dire que cette complexité qui s'accélère nous échappe, ne sert à rien. « Il faut agir » mais dans quel sens ? Or les peuples n'avancent pas s'ils ne savent pas où ils vont.
    Comment bâtir une prospective pour identifier une vision, pour en déduire des stratégies et développer des projets ? Plusieurs réponses sont à l'oeuvre. Nous voudrions montrer qu'une d'entre elles, puissante et mobilisatrice, est l'intégration régionale entre l'Afrique, la Méditerranée et l'Europe. Il ne s'agit pas d'une sorte de dilatation de l'Union européenne vers son Sud, mais d'une association paritaire de ces trois grands espaces géographiques.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - [...] Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un « décodeur » des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités [...]. À chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - Comment se familiariser avec « historique, les traditions ? » Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir. - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DES AUTEURS
    Jean-Louis Guigou est le président-fondateur de l'IPEMED, think tank euro-méditerranéen basé à Paris. Économiste. Ancien professeur d'université, ancien haut fonctionnaire, il est spécialiste de l'aménagement du territoire.
    Pierre Beckouche est professeur des universités, spécialiste de géographie économique, consultant auprès de l'OCDE et expert associé de l'IPEMED.

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