Cà et là

  • Márcia est infirmière dans un hôpital à proximité de Rio et vit dans
    une favela avec son petit ami Aluisio et sa fille, Jaqueline, qu'elle
    a eue très jeune avec un autre homme. Jaqueline, jeune adulte frivole
    et grande gueule, mène la vie dure à sa mère et à Aluisio et
    fréquente assidûment les membres de l'un des gangs du quartier, ce
    qui est la source de violentes altercations entre la mère et la
    fille. Le petit ami de Jaqueline en vient même à menacer Márcia à
    l'occasion d'un séjour à l'hôpital... La situation dégénère encore plus
    le jour où Jaqueline se fait arrêter par la police pour complicité de
    vols et recel de marchandises volées. Márcia et Aluisio, affolés, se
    rendent compte que Jaqueline est impliquée dans des affaires avec des
    criminels de haut vol et un groupe de policiers ripoux. Márcia
    demande alors à Aluisio de surveiller Jaqueline, mais celui-ci risque
    gros... "Écoute, jolie Márcia" est un nouveau roman graphique
    trépidant, aux couleurs flamboyantes, par l'un des auteurs les plus
    importants de la scène brésilienne contemporaine. Marcello
    Quintanilha réalise un nouveau tour de force avec ce récit très
    construit où les relations entre chacun des protagonistes se
    dévoilent au fur et à mesure dans un suspense mené de main de maître.

  • Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l'Ohio située non loin de Cleveland. En 1972, il entre au collège, où il fait la connaissance de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange. Les deux ados se lient d'amitié et font leur scolarité ensemble jusqu'à la fin du lycée. Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l'un des pires serial killers de l'histoire des États-Unis. Son premier crime a lieu à l'été 1978, tout juste deux mois après la fin de leur année de terminale. Il sera suivi d'une série de seize meurtres commis entre 1987 et 1991. Arrêté en 1991, puis condamné à 957 ans de prison, Dahmer finira assassiné dans sa cellule en 1994. Mon Ami Dahmer est donc l'histoire de la jeunesse de ce tueur, à travers les yeux de l'un de ses camarades de classe. Précis et très documenté, le récit de Derf Backderf (journaliste de formation) décrit la personnalité décalée de Dahmer qui amuse les autres ados de cette banlieue déshumanisée typique de l'Amérique des années 1970. Dahmer enfant vit dans un monde à part, ses parent le délaissent, il est submergé par des pulsions morbides, fasciné par les animaux morts et mortifié par son attirance pour les hommes. Personnage fascinant, voire attachant car presque victime de son environnement, Dahmer vit une implacable descente aux enfers vers une folie irréversible.

  • Anxiété chérie

    Alberto Montt

    Le personnage principal de cette série de strips est l'Anxiété, une
    petite bulle rouge qui ressemble étrangement à un virus maintenant
    bien connu et qui surgit au détour de chaque page pour stresser ses
    victimes (nous), et provoquer insomnies, pensées culpabilisantes,
    remords, peurs irrationnelles et tutti quanti. Tel un Jiminy Cricket
    sous LSD, Anxiété est tout le temps là et pourrit la vie des gens à
    coups de « Tu as une petite boule dans le cou, je vais chercher
    l'ordi pour qu'on regarde sur Google ? », « Fallait-il vraiment
    acheter ce gilet rouge ? » et de « Tu sais combien de calories il y
    a, là-dedans ? »... Après "Fichtre !" et "J'adore mon chat (mais il
    s'en fout complètement)", Alberto Montt revient avec un nouveau
    recueil de dessins d'humour et de petites histoires et cette fois
    comme fil rouge l'anxiété, ce mal universel. On retrouve avec bonheur
    la verve et le talent de cet auteur chilien pour mettre le doigt là
    où ça fait mal avec le sens de la concision et du rythme qui le
    caractérisent. 160 pages d'angoisse humoristique !

  • A 21 ans, J. B. se retrouve coincé de nouveau chez ses parents, dans un patelin du fin fond de l'Ohio. Il vient d'arrêter la fac et doit absolument trouver un travail pour ne plus avoir sa mère sur le dos en permanence. Suite à une annonce providentielle, il est engagé comme éboueur contractuel et est bientôt rejoint par Mike, un ancien copain de lycée. Ensemble, ils vont découvrir les joies du métier, se confronter aux habitants les plus dérangés de la ville, aux éboueurs de longue date, aux chiens errants et aux sacs poubelles mal fermés. Pendant une longue année, ils devront faire leur tournée quotidienne sous la pluie, la neige ou sous un soleil de plomb, persécutés en permanence par leur chef, l'infâme Will E.

  • Situé au début des années 1980, dans la banlieue d'Akron, une ville de la Rust Belt frappée par la crise économique, Punk Rock et mobile homes est une comédie déjantée dans le milieu de la musique punk. Le personnage principal, Otto Pizcok, dit « Le Baron », est en terminale et vit dans le parc de mobile-homes appartenant à son grand-oncle. Gros balèze féru du Seigneur des Anneaux à la personnalité un peu borderline, il est à la fois admiré et incompris de ses camarades de classe. Grand fan de musique punk, il fréquente assidûment The Bank, la principale salle de concerts punk d'Akron, alors appelée « The New Liverpool ». Grâce à son impressionnant aplomb, Otto parvient a se débarrasser de son image de nerd pour devenir le guide/roadie de sommités du Punk telles que Joe Strummer ou les Ramones. Il devient même chanteur, et parvient à ses fins avec la gent féminine, mais il finit par péter les plombs en plein concert et, comble de l'horreur, se retrouve seul à l'approche du bal de fin d'année.Avec ses personnages baroques, ses dialogues et situations rocambolesques, Punk Rock et mobile homes est à mourir de rire, tout en étant un véritable documentaire sur la scène punk des années 1980, telle que Backderf l'a lui-même connue dans sa jeunesse.

  • Acacia 22

    Edgar Camacho

    Deux jeunes Mexicaines de province, toutes les deux nommées Susana,
    emménagent dans le même appartement du 22 de la rue Acacia à Mexico,
    à 50 années de distance. La Susana du présent démarre une carrière de
    graphiste dans une agence de communication où elle subit les frasques
    d'une boss tyrannique et se sent isolée. La Susana des années 1970
    est dactylo dans un bureau mais rêve de devenir écrivaine et écrit
    des manuscrits qui sont systématiquement refusés par les éditeurs. La
    vie de la Susana des années 2020 est bouleversée quand elle trouve
    une lettre qui lui est adressée, dissimulée dans un trou derrière le
    chauffe eau de l'appartement. Dans cette lettre, l'ancienne Susana
    raconte toute sa vie... "Acacia 22" est le portrait croisé de deux
    femmes qui connaissent des vies similaires à un demi-siècle de
    distance. L'expérience de la plus âgée des deux, dont les ambitions
    seront toujours contrecarrées par la société de son époque,
    bénéficiera à la plus jeune. "Acacia 22" est l'oeuvre d'un jeune
    talent de la scène mexicaine, Edgar Camacho, qui montre une
    impressionnante maîtrise de la narration à travers ce récit à cheval
    sur deux époques, couplée à une inventivité débridée dans le
    découpage et la mise en scène qui font de cette bande dessinée une
    belle découverte.

  • La Grâce

    Emmi Valve

    "La Grâce", de l'autrice finlandaise Emmi Valve est un récit
    saisissant sur la dépression. Dans ce récit autobiographique de 300
    pages, Emmi Valve décrit l'expérience qu'elle a, depuis son enfance,
    d'une forme particulière de dépression sévère parfois appelée
    dépression existentielle. Les personnes qui en souffrent ressentent
    un vide absolu dans leur existence et éprouvent de façon terriblement
    exacerbée le sentiment que leur vie n'a aucun sens. Emmi Valve décrit
    méthodiquement sa plongée dans l'horreur, la dégradation de son état
    psychique alors qu'elle était jeune adulte et sa lente sortie de cet
    enfer après en séjour en HP. C'est un récit brut, sans fard, raconté
    avec beaucoup d'honnêteté, mais aussi avec du recul et sans auto
    apitoiement, rythmé par des têtes de chapitres extraites des carnets
    dans lesquels l'autrice couchait ses doutes et questionnements. Emmi
    Valve montre également une belle maîtrise de la couleur - qui jouera
    un rôle important dans sa bataille pour mener une vie « normale » -
    et qu'elle utilise pour retranscrire les sensations, les ressentis et
    très souvent l'angoisse et la noirceur. "La Grâce" est un livre
    puissant et percutant, la terrible histoire d'une jeune femme dont la
    vie a longtemps été un véritable cauchemar éveillé.

  • Trois Heures

    Mana Neyestani

    Mana Neyestani est réfugié en France depuis 2011, après avoir dû
    s'enfuir d'Iran à cause d'un dessin, des événements qu'il a décrits
    dans son premier livre, "Une Métamorphose Iranienne" (çà et là/arte
    éditions, 2012). Dans Trois Heures, il raconte comment sa condition
    de réfugié lui pèse, condamné à ne pas pouvoir revenir dans son pays
    où il risque la prison à vie, tout en ne se sentant pas encore chez
    /> lui en France. Cette condition lui a été cruellement rappelée en
    2017, au moment où il s'apprêtait à s'envoler pour le Canada pour
    présenter son dernier roman graphique et rendre visite à son frère.
    Bloqué à l'aéroport par la compagnie aérienne qui ne savait pas
    comment traiter son titre de voyage de réfugié, Mana Neyestani s'est
    heurté à un mur d'incompréhension. "Trois Heures" détaille cette
    longue attente durant laquelle il ne peut que constater son
    impuissance et le peu d'attention accordée aux personnes dans sa
    position. C'est aussi l'occasion pour cet homme timide qui n'ose
    jamais élever la voix ou défendre ses intérêts de se livrer à un
    exercice d'introspection. Un récit poignant, parfois drôle et tout
    le temps honnête, sur un homme forcé à l'exil mais dont le pays
    d'accueil le traite encore trop souvent comme un intrus.

  • Avec l'Ère de l'égoïsme, Darryl Cunningham se penche sur les relations entre la politique et l'économie, et plus précisément sur l'évolution des doctrines libérales et leur rôle dans le déclenchement de la crise de 2008, puis dans la montée des droites extrêmes en Europe. Cunningham brosse le portrait d'Ayn Rand, auteure très influente aux Etats-Unis, à l'origine de la doctrine de l'objectivisme, qui a influencé les libertariens et de très nombreux hommes politiques américains. Il décrit également les mécanismes en cause dans cette crise et les ravages qu'elle a causés, parallèlement à un nouvel essor des politiques libérales et à la montée de l'individualisme dans nos sociétés. Confrontant pensées conservatrices et progressistes, il questionne le culte de l'argent et de la réussite individuelle, et cette idéologie qui a érigé l'égoïsme en vertu cardinale.

  • Bergen

    Anja Dahle Overbye

    Bergen, deuxième plus grande ville de Norvège, est le cadre d'un
    récit partiellement autobiographique, dans lequel Anja Dahle Overbye
    raconte comment une amitié entre deux jeunes femmes est mise à
    l'épreuve par la dépression de l'une d'elles. Maria et Johanna sont
    amies de longue date et elles se réjouissent de faire leur rentrée en
    première année de fac ensemble. Elles partagent un appartement,
    travaillent dans le même magasin pour arrondir leurs fins de mois et
    sortent beaucoup, au cours de soirées très arrosées. Mais Maria
    souffre de dépression et son état empire pendant l'année ; elle
    cumule les aventures sans lendemain alors qu'elle est en couple et
    boit de plus en plus. Elle se met à sécher les cours et elle a le
    sentiment de s'enfoncer dans des sables mouvants. Il faudra toute la
    patience de son amie et de sa thérapeute pour que Maria parvienne à
    progressivement s'en sortir. Dans ce deuxième roman graphique, Anha
    Dahle Overbye aborde avec délicatesse et pudeur la thème de la
    dépression chez les jeune dans un récit qui est dans le prolongement
    des tensions entres adolescentes décrites dans son précédent livre,
    Sous le signe du grand chien.

  • Salvador de Bahia, Brésil, de nos jours. Les chemins de quatre habitants de la ville vont se croiser au pied du Fort de Notre-Dame de Monte Serrat, à l'occasion d'un fait divers. Cajù, un dealer à la petite semaine en galère, monsieur Ney, militaire à la retraite complètement névrosé et Richard, policier réputé mais mari exécrable en passe de se faire quitter par sa femme, Keira, se retrouvent tous impliqués dans un incident d'apparence anodine, mais qui va vite dégénérer en une situation dramatique. Tungstène est un polar d'une maîtrise confondante. Dans ce petit bijou noir, véritable mécanique de précision, les histoires des principaux protagonistes sont inextricablement liées les unes aux autres. Confrontés à une crise, ils se retrouvent poussés dans leurs retranchements, sur le point d'atteindre le point de rupture (le tunsgtène étant le métal ayant le plus haut point de fusion). Empruntant à la fois aux codes narratifs et visuels du comics, de la bd franco belge et du manga, Marcello Quintanilha met en scène avec maestria ce récit alternant scènes d'actions débridées et questionnements intérieurs, avec en toile de fond la réalité du Brésil d'aujourd'hui.

  • Née en 1880 dans l'Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, probablement des suites d'une méningite. Elle devient alors incapable de communiquer avec son entourage, si ce n'est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée à l'âge de six ans quand ses parents engagent Annie Sullivan comme gouvernante. Annie Sullivan, alors âgée de 20 ans, vient de finir ses études à l'Institut pour aveugles Perkins. Elle-même mal voyante, elle a appris à enseigner la langue des signes dans cette institution précurseur. Elle va prendre en charge l'éducation de Helen Keller, et au fil des mois elle va réussir non seulement à établir un contact avec l'enfant, mais à lui apprendre le langage des signes, puis l'écriture. Les deux femmes resteront amie à vie.Helen Keller deviendra une figure de la société américaine, écrivain féministe, elle mènera également un combat politique, sera membre du parti socialiste américain et créera une fondation. Complémentaire des livres ou films existant à propos d'Helen Keller, cette bande dessinée est centrée sur l'histoire de cette extraordinaire rencontre et sur les nombreux obstacles contre lesquels va buter Annie Sullivan dans une famille très conservatrice du Sud des États-Unis. Une incroyable leçon d'humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.

  • "Après Une Métamorphose Iranienne et le Petit Manuel du parfait réfugié politique, Mana Neyestani réalise un fascinant docu-fiction à propos d'un tueur en série qui a sévi dans l'est de l'Iran au début des années 2000. Basé sur des entretiens filmés par deux journalistes proches de Mana Neyestani, L'Araignée de Mashhad retranscrit le parcours de Said Hanaï, qui, au prétexte de se conformer à des prescriptions religieuses, assassina seize femmes prostituées ou droguées en quelques mois dans la ville sainte de Mashhad, située au nord-est du pays. Le tueur amenait toutes ses victimes chez lui avant de les étrangler, d'où l'appellation par les médias de « meurtres de l'araignée ».Alternant véritables interviews du tueur et passages fictionnels, Mana Neyestani dévoile aussi bien le point de vue du tueur, que celui de ses proches, de ses victimes, ou du juge en charge du dossier. Il met en lumière le poids d'une vision rigoriste de la religion dans cette ville, l'une des plus conservatrices du pays, où une partie de la population a manifesté en soutien au tueur après son arrestation. Combinant différents registres narratifs et graphiques en passant d'un protagoniste à l'autre, Mana Neyestani montre à travers ce fait divers une société malade, où ceux qui vivent en marge sont considérés comme des sous-humains, allant parfois jusqu'à justifier les pires extrémités."

  • Avec Filmo Graphique, Edward Ross combine ses deux passions, le cinéma et la bande dessinée et nous fait (re)découvrir des pans entiers de l'histoire du cinéma.Edward Ross a fait des études de littérature et de cinéma avant de travailler pendant six ans au Festival International du Film d'Édimbourg, où il a vu des centaines de films. Dans son livre, il traverse toute l'histoire du cinéma, de sa création à la fin du XIXe siècle jusqu'à l'avènement de la 3D, à travers des analyses de films regroupés par grandes thématiques (la représentation du corps, le son, les décors, la voix, le temps...) et des citations de théoriciens du cinéma. Edward Ross a réalisé pour ce faire une sélection qui reflète son panthéon personnel, navigant des films grands publics les plus commerciaux à des longs-métrages beaucoup plus pointus, une sélection qui mélange les genres, les époques et les continents, de Star Wars à Hiroshima mon Amour en passant par Do the right thing.Au fil des pages, Edward Ross redessine des scènes iconiques du 7ème art, créant un impressionnant patchwork visuel et narratif constitué de plus de 300 films. Il compose ainsi une filmographie graphique, dans laquelle il se met en scène, à la fois scénariste, réalisateur et acteur.

  • Elmer

    Gerry Alanguilan

    Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer, il n'arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, Son frère Freddie est devenu une star du cinéma, mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa soeur May qui s'est mise en tête d'épouser... un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979 au grand désarrois de l'espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l'histoire de sa famille et de son père, Elmer, qui fait partie de la génération des coqs qui ont dû apprendre à cohabiter avec les hommes.Elmer est l'histoire d'une famille de gallinacés qui lutte pour survivre dans un environnement hostile. Un véritable drame familial dans un monde où toute une catégorie de la population est ostracisée par la classe dominante, et où tous vivent dans un état de défiance mutuelle. A la fois drôle et émouvant, Gerry Alanguilan, maîtrise de bout en bout avec une candeur enthousiasmante cette parabole maquillée en chronique délirante. Philippin, il a auto édité Elmer entre 2006 et 2008. Elmer est le premier roman graphique philippin a être traduit en France.

  • Pourquoi le chiffre de 50 000 victimes revient-il aussi souvent dans les médias américains ? Les journalistes devraient-ils annoncer leurs intentions de vote ? Internet radicalise-t-il nos opinions ? Ce sont quelques-unes des questions soulevées par Brooke Gladstone, journaliste spécialiste des médias pour la radio publique américaine NPR. Avec l'aide du dessinateur de bande dessinée documentaire Josh Neufeld, elle retrace dans La Machine à influencer l'évolution des médias d'information et des pratiques journalistiques. Des premières dérives de l'information sous l'Empire romain jusqu'aux errements des médias américains au moment de l'entrée en guerre contre l'Irak, Brooke Gladstone s'interroge et livre une grande leçon de journalisme.

  • Ville Nouvelle dévoile le quotidien d'une équipe d'architectes entre
    1958 et 1977, ainsi que l'avancée de leur projet de reconstruction
    d'une ville européenne, à la suite des ravages de la guerre. Ce qui,
    au départ, devait être un chantier novateur, habité par la soif du
    progrès ainsi que le désir de s'affranchir du passé et de
    révolutionner le monde, prend progressivement mauvaise tournure.
    L'euphorie initiale fait place à l'abattement. Le futur qui avait été
    idéalisé devient une dure réalité qui déçoit. On fini par construire
    une ville où l'homme n'a plus vraiment sa place, où tout est
    robotisé. Mêmes les architectes sont remplacés par des machines et il
    ne reste plus personne pour servir le café... Dans ce premier livre
    très maîtrisé, au registre graphique empreint de design Trente
    Glorieuses, l'architecte polonais Lukasz Wojciechowski décrit avec
    ironie un univers rétro futuriste pas si dystopique que ça , où les
    fantasmes architecturaux, les évolutions technologiques et les
    délires urbanistiques post-Seconde Guerre mondiale provoquent la
    lente déshumanisation des villes.

  • Après La Machine à Influencer, consacré aux médias, le dessinateur Josh Neufeld s'associe au journaliste Michael Keller pour un reportage sur le big data et les données personnelles. Les utilisateurs de réseaux sociaux, téléphones portables, et de nombreux sites internet sont désormais fichés et suivis à la trace par des entreprises privées qui amassent des quantités phénoménales d'informations personnelles. Facebook, Google, Apple et consorts peuvent ainsi établir des profils très détaillés pour anticiper les besoins des leurs utilisateurs et adapter leurs politiques commerciales en fonction des comportements de chacun, mais cela va aller encore plus loin...Josh Neufeld et Michael Keller ont interviewé des spécialistes du domaine ; politiques, universitaires et chercheurs, pour un tour d'horizon de ces pratiques qui soulèvent de nombreuses questions et notamment celle des risques liés à l'exploitation de ces données. Neufeld et Keller abordent le sujet à travers de nombreux exemples concrets et questionnent également le principe des notes données à des services et des personnes, principe qui s'étend progressivement à des pans entiers de la société moderne. Avec humour mais également avec rigueur Neufeld et Keller montrent comment des gestes apparemment anodins risquent d'avoir un impact très concret sur notre quotidien dans un très proche avenir...

  • Sam, jeune anglais désoeuvré de 27 ans, se remet d'une dépression chez
    sa mère quand, par un curieux concours de circonstances, il se
    retrouve engagé comme assistant d'un certain Keith Nutt.
    Quinquagénaire bedonnant que la mère de Sam ne laisse pas
    indifférent, Keith a une mini entreprise, KLN Ltd, spécialisée dans «
    la distribution et le transport », mais son travail semble consister
    uniquement à faire la tournée de petites entreprises des zones
    d'activité économique locales pour faire signer des papiers à des
    interlocuteurs que Sam ne voit jamais. Coincé dans la voiture de
    Keith la plus grande partie de la journée, Sam s'attarde sur les
    petits détails du quotidien de la ville et des habitants qu'il croise
    chaque jour. Dans un premier temps très distante, la relation de Sam
    et Keith évolue progressivement et les problèmes de communication
    cèdent le pas à une certaine forme de connivence. Talentueux
    portraitiste, Joff Winterhart s'attarde avec tendresse sur les détail
    des corps et des visages pour brosser le portrait de ces deux âmes
    esseulées. Poignant, drôle et brillamment dialogué, Courtes Distances
    confirme la singularité du travail de cet auteur. Sélection
    Officielle Angoulême 2019 Sélection Grand Prix de la Critique ACBD
    2019 Meilleur roman graphique 2017, The Guardian

  • Après quelques 40 années de vie commune, Maggie et David Loony choquent leurs trois enfants en leur annonçant qu'ils se préparent à divorcer. Leur explication est des plus simples : « nous ne nous aimons plus ». Cette annonce lance une réunion de famille de 6 jours dans la maison proche de la mer (et peut-être hantée) de Maggie et David. Le fils aîné, Dennis qui n'accepte pas la décision de ses parents est également confronté à ses propres problèmes de couple. Claire, la cadette, élève seule sa fille de 16 ans et semble ne pas réagir au divorce. Enfin, Peter, le benjamin de la famille, un aspirant réalisateur paralysé par ses angoisses, se lance dans une aventure romantique avec une mystérieuse monitrice de colonie de vacance.

  • Après Une métamorphose iranienne, dans lequel l'auteur racontait avec retenue mais aussi une pointe de cynisme et d'humour son exil d'Iran, c'est à Paris que se déroule le nouvel ouvrage de Mana Neyestani. Suite à son arrivée en France début 2011, Mana et sa femme entament rapidement des démarches pour devenir réfugié politique. Après avoir testé de première main l'infernal système répressif iranien, Mana se trouve alors confronté à un univers certes beaucoup moins violent mais tout aussi kafkaïen pour les demandeurs d'asile, celui de l'administration française. Après un an et demis de tracasseries éreintantes, il parvient finalement à obtenir le statut tant convoité, ce qui en dit long sur les difficultés que peuvent rencontrer les demandeurs d'asile qui, pour la plupart, n'ont pas un dossier aussi documenté que le sien. Il décide alors d'en tirer un livre, entre bande dessinée autobiographique, autofiction et dessin de presse.Mana Neyestani raconte le quotidien d'un apprenti réfugié politique dans la ville-lumière, les tracasseries administratives poétiquement mises en scène, les fameux parisiens dont la réputation n'est plus à faire... Un Petit manuel du parfait réfugié politique à l'humour sec et tranchant.

  • La vie ordinaire, c'est un truc assez complexe », voilà la devise de Harvey Pekar, auteur de la mythique série American Splendor.Au début des années 60, Pekar, critique de jazz et collectionneur de vieux disques, rencontre Robert Crumb et découvre la bande dessinée underground. Fasciné par les possibilités offertes par ce medium, il développe un projet de série autobiographique et, incapable de dessiner, il convainc Crumb et un dessinateur local, Garry Dumm, d'illustrer les premières histoires. En 1976 il décide d'auto-éditer la série, à laquelle la fine fleur de la scène indépendante américaine va participer.Avec American Splendor, Harvey Pekar décrit le quotidien de la middle-class américaine, à travers sa propre expérience d'archiviste dans un hôpital public et ses relations sentimentales mouvementées, sans rien cacher de son caractère colérique ou des ses troubles maniaco-dépressifs. Il réalise également les portraits de personnages croisés ici et là et brosse un tableau désabusé de Cleveland, ville industrielle touchée de plein fouet par la crise des années 70. En se mettant ainsi en scène, Harvey Pekar, anti-héros d'une Amérique désenchantée après le choc du Vietnam, révolutionne le genre et créée la première série de bande dessinée autobiographique, qui influencera par la suite de nombreux auteurs et sera adapté au cinéma en 2003 (le film American Splendor remportera le Grand Prix du Festival de Sundance et sera sélectionné au Festival de Cannes cette année-là).

  • Deux femmes

    Song Aram

    Dans ce récit intimiste, en grande partie autobiographique, l'autrice
    sud-coréenne Song Aram retrace l'amitié de deux femmes vivant entre
    Daegu (grande ville du sud du pays) et Séoul et qu'a priori tout
    sépare : leur caractère, leur rapport aux hommes, leur milieu
    familial... Gongju, une jeune femme plutôt réservée et originaire de
    la ville de Daegu, a abandonné ses études puis a travaillé comme
    serveuse en attendant de pouvoir trouver du travail dans la presse à
    Seoul. Elle et la très enjouée Hing-yeon se sont rencontrées sur
    Internet grâce à un blog et sont liées d'amitié une fois Gongju
    installée à Seoul. Après quelques années de galères à travailler
    comme rédactrice pour des tabloïds ou des sites de commerce, Gongiu
    apprend à Hong-yeon qu'elle a décidé de quitter Séoul pour retourner
    vivre dans sa ville natale et s'occuper de sa mère malade. Au même
    moment, Hong-yeon annonce à son amie qu'elle est enceinte et qu'elle
    va se marier alors qu'elle a toujours été contre l'idée du mariage.
    La vie de famille va être particulièrement éprouvante pour la jeune
    femme confrontée à sa belle-famille et à un mari peu bienveillant.
    Les deux femmes vont se suivre à travers une correspondance
    régulière. Les histoires délicatement intriquées de Hong-yeon et
    Gongju donnent un aperçu de la réalité de la société coréenne,
    conservatrice et patriarcale. Sélection Officielle Angoulême 2019

  • Un récit personnel dévastateur sur les violences faites aux femmes
    sur fond d'affaire de l'éventreur du Yorkshire, le tueur en série qui
    a sévi en Angleterre et tué treize femmes entre 1975 et 1980. Nous
    sommes en 1977, Una a douze ans et vit dans le West Yorkshire. Un
    assassin sème la panique dans la région en s'attaquant à des femmes
    isolées, en majorité des prostituées. La police peine à résoudre
    l'affaire - en dépit de milliers d'heures passées à la recherche du
    tueur et alors que les forces de l'ordre ont interrogé plusieurs fois
    le meurtrier sans le savoir. L'incapacité des policiers à trouver le
    coupable soulève l'indignation à travers le pays. Dans la période où
    ces meurtres ont eu lieu, Una a été victime d'une série d'agressions
    sexuelles, agressions dont elle s'est par la suite sentie coupable.
    Retraçant son histoire personnelle, expliquant les raisons des ratés
    de l'enquête, fournissant des statistiques édifiantes sur le degré
    d'impunité des hommes coupables de féminicides et d'agressions
    sexuelles, L'une d'elles explore ce que signifie grandir dans une
    société où la violence masculine n'est jamais remise en question.
    Avec le recul, Una décrypte ce qui lui est arrivé il y a une
    trentaine d'années, se demande si quelque chose a vraiment changé et
    questionne nos sociétés qui imposent aux victimes de ces violences
    d'en payer elles-mêmes le coût. Prix Artémisia 2019 du combat
    féministe

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