SKA

  • 813

    Maurice Leblanc



    Une aventure parmi les plus noires des péripéties lupinesques... Notre héros y commettra un crime... découvrira l'énigme du chiffre 813... et sauvera la patrie...

    Le nom du célèbre aventurier sembla faire sur M. Kesselbach la meilleure impression. Lupin ne manqua pas de le remarquer et s'écria :
    - Ah ! ah ! cher monsieur, vous respirez ! Arsène Lupin est un cambrioleur délicat, le sang lui répugne, il n'a jamais commis d'autre crime que de s'approprier le bien d'autrui une peccadille, quoi ! et vous vous dites qu'il ne va pas se charger la conscience d'un assassinat inutile. D'accord... Mais votre suppression sera-t-elle inutile ? Tout est là. En ce moment, je vous jure que je ne rigole pas. Allons-y, camarade.
    Il rapprocha sa chaise du fauteuil, relâcha le bâillon de son prisonnier,...

    On ne présente plus Maurice Leblanc, on ne le vante plus non plus. Il est l'un des auteurs monument de la littérature policière française. Hormis les détails et le contexte qui révèlent une époque révolue évidemment, le style narratif reste d'une grande modernité. Méconnu, 813 est certainement le roman de Leblanc le plus caractéristique de la saga lupinienne. (Préface de Michel Bussi)

  • L'affaire Lerouge

    Emile Gaboriau

    • Ska
    • 1 Juillet 2018


    Dans l'histoire littéraire, voici le premier roman - dit policier... indispensable à votre culture livresque...

    Ceux qui avaient parlé de crime ne s'étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore. C'était à croire qu'une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser. » Emile Gaboriau est le premier à créer la figure romanesque du policier enquêteur qui aura, comme on le sait, une descendance féconde.
    Il faut évoquer le plaisir qu'on a à relire ce classique du roman policier, au-delà de la résolution de l'affaire elle-même. L'Affaire Lerouge, et les autres livres de Gaboriau, héritiers des romans populaires, ce sont des digressions, des chemins de traverse, des péripéties compliquées, l'exploration du passé des protagonistes, l'explication des motifs du crime et du modus operandi. Cela possède un charme véritable, qui faisait les délices d'André Gide, grand amateur de polar, comme Cocteau ou Mac Orlan. » (extrait de la préface d'Hervé Delouche)

  • Sidéral

    Antoine Blocier

    • Ska
    • 1 Avril 2021

    Ce qui n'est pas encore « réel » est néanmoins planifié, voire plausible à brève échéance... Une enquête criminelle sidérante...

    Dans un futur très proche, notre vieille planète usée par des décennies d'exploitation sans vergogne, de pollutions gigantesques, d'épidémies hors de contrôle, de famines aux millions de victimes, de terrorismes aveugles et une guerre économique sans merci est devenue invivable. Certains cherchent comment fuir vers un astre plus accueillant, d'autres croient encore possible d'y faire cohabiter huit milliards d'individus. Ultime tentative de réconcilier l'Homme avec l'Humain, la mission Rencontre est envoyée dans la Nouvelle Station Spatiale. Or, deux morts suspectes à bord de ce fleuron de la technologie internationale vont envenimer la situation.

    Ancien de Scotland Yard, reconverti en auteur à succès, Eliott Purcell va mener l'enquête, quatre cent quinze kilomètres plus bas. Une investigation sous tension internationale, où la rapacité du capitalisme mondialisé et les expérimentations transhumanistes seront de rudes adversaires. S'il faut un jour quitter la planète, qui en aura la possibilité ? Si les cerveaux sont numérisés pour voyager dans l'espace sur de longues durées, qui sera légitime pour les reconnecter ? Si une exoplanète est à portée d'imagination, sera-t-elle gérée selon les principes libertariens, discrètement à la manoeuvre dans le projet Rencontre ?




    Antoine Blocier signe ici un roman inclassable. À la fois polar, anticipation, réflexion philosophique, plaidoyer pour un autre monde, cette histoire très documentée s'appuie sur des faits de société, des travaux scientifiques en cours, dont certains semi-clandestins. Sauvons la planète ou quittons-la ?

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Le Monde est un bousillage

    Jose Noce

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Les troubles d'un ex prof plongé dans une paranoïa éblouie sous le soleil d'Italie. Une villégiature riche et débilitante à la fois, un roman original arrosé au limoncello et baigné du bruit des cigales...


    [...] Pensez, se souriait-il en haussant involontairement les épaules, il fallait, entre autre, qu'il la rencontre, elle, et dans la plus grande discrétion, cette magnifique pute de luxe, si redevable en haut lieu de tant d'intelligentes compassions.
    Il ne put pas s'empêcher de produire un petit rire sarcastique à peine étouffé.

    Eh oui cette bombe humaine était paradoxalement le catalyseur indispensable de l'histoire, une effigie vivante du raffinement libidinal.
    En définitive, se marmonnait-il de plus en plus grassement, elle n'a pratiquement rien su cette diablesse. Elle avait le feu vert sommital c'est tout. Et comme lui, le compagnero, elle avait circonstanciellement carte blanche.
    Elle serait la « chèvre-émissaire », ça l'avait fait sourire l'expression, le temps d'une séduction éclair.
    Il fallait vite charmer, dévoiler...
    Elle, elle avait dit avec un petit accent de l'Est qu'elle allait : « Dessiner avec son corps des courbes asymptotiques », c'était exactement ses termes. Asymptotiques, putain !
    Maintenant qu'il y pensait, il lui apparut qu'elle était sans aucun doute possible du type péripatéticienne, mais très cultivée, en tout cas beaucoup plus que ce qu'il en avait pu imaginer au premier contact...
    Elle avait même rajouté avec une moue enfantine : « Autour d'une érection concupiscente de macho gras »...
    Dingue !


    Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flashback émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire frappadingue. Il a emprunté son titre à Nietzsche. À lire, à l'ombre des pins, un limoncello à portée de gosier... Que du bonheur !

  • Amin's blues

    Max Obione


    Le destin tragique d'Amin qui aurait tant voulu tuer son idole du blues pour conjurer son sort.


    D'ordinaire, le vieux Lodge ne tenait pas trois rounds d'affilée depuis cinq ans, au moins ; normalement, c'était du tout cuit, presque du un contre un, virgule quelque chose, un rapport de misère, quelques cents à gagner qui donneraient à tous ces gagne-petit le sentiment qu'ils n'avaient pas gâché leur soirée. Mais perdre leur misérable mise, à cause de ce sale fils de pute de négro...
    - Tu les entends, dis ? Tu les entends, ces bâtards ! T'es mort, t'es déjà mort !
    Chow avait les foies. L'atmosphère devenait émeutière, les canettes volaient et ricochaient sur la toile du chapiteau.

    Voici le premier roman « américain » de Max Obione. Le fatum tragique est à l'oeuvre comme dans tout bon roman noir. Ça sent la sueur, la pourriture des marais, on entend le lourd blues du Delta. Un roman qui cogne, plus que noir, « blark » : black and dark.

  • Nucléar Parano

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 30 Septembre 2020

    À Port-Vendres, le meurtre d'une scientifique travaillant pour un laboratoire d'océanologie entraine Paul Feder dans les couloirs du lobby nucléaire... aux radiations sanglantes...
    Il prépara consciencieusement son matériel, vérifiant une fois de plus les noeuds dans le fil nylon, puis, avant de lancer, il s'agenouilla et scruta la mer au pied de la falaise. Dans la faille, juste à gauche, un objet semblait coincé, mais il ne put immédiatement l'identifier car une vague plus grosse l'engloutit. L'écume monta jusqu'à la plateforme puis redescendit. Il regarda à nouveau et retint un juron, c'était un corps, celui d'une femme vêtue d'une robe. D'instinct il regarda autour de lui. Lors de la guerre d'Espagne, Jaume avait quatorze ans quand il s'était engagé dans les troupes de la C.N.T. et, de Guadalajara à Mauthausen, il avait payé le prix fort et savait reconnaître des emmerdements, quand il en croisait sur sa route. Il semblait seul. Rapidement il remballa son matériel et entreprit l'ascension de la falaise. Il fallait foutre le camp au plus vite, ce cadavre pouvait porter la poisse.
    Nucléar Parano est le deuxième tome de la Suite Catalane signée Gildas Girodeau. La série Paul Feder mêle intrigue criminelle et critique sociétale acerbe, le tout très documenté. De quoi ravir les amateurs de purs polars.
    Ceux-ci sont réédités aux éditions du Horsain en version papier pour une nouvelle vie. (distribution Pollen)

  • Erika

    Hafed Benotman

    Le numéro d'écrou « A.Z.A.Z. » fait l'écrivain public en caressant les touches d'Erika...

  • Le cagibi

    Gérard Streiff

    Le Calmar déterre dans les archives du PCF le mobile d'un crime commis dans l'immeuble du parti, place du colonel Fabien


    Le calmar dans les sous-sols de Fabien ?! Que cherche notre décapode ? La cave des bonnes bouteilles du PC ? Ou la salle des archives ? Une histoire d'aujourd'hui où il est question de guerre d'Espagne, de brigades internationales, de taupes brunes chez les rouges et noirs des années trente ; une histoire aussi de pervers, de dérangés des sens, de tordus du cul adeptes du SM. Bref un mélange qui tue. De quoi satisfaire notre mollusque préféré et ses fans !

    Azraël Zirékian, dit le Calmar , est pigiste-détective à son compte, un aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au lait, curieux comme une fouine. C'est un chaleureux détonateur des temps présents. « Ni poulpe ni pieuvre, calmar à l'oeuvre » , telle est sa devise.

  • Reflux

    Franck Membribe

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Qui n'a jamais rêvé d'une nouvelle virginité intellectuelle dans la fleur de l'âge ? Mais attention, recouvrer son identité n'est pas forcément un cadeau...
    De minuscules vagues berçaient mon corps sur le rivage. Echoué dans la douceur de l'aube, je revenais à moi peu à peu. Les rayons obliques du soleil levant irradiaient tendrement à travers mes paupières closes. Cette sensation de voile laiteux, la tiédeur de l'eau, une brise caressante, la finesse du sable quartzique au creux duquel ma tête s'était moulée, le susurrement de la mer, tout concordait à mon maintien dans cet état second. J'aurais pu rester là des heures, semi conscient, dans l'ignorance totale de l'heure, du jour, du lieu, croyant ouvrir les yeux dans l'obscurité de ma chambre ou la promiscuité encensée d'un cours de yoga. Soudain une infime vibration vint troubler la quiétude de l'air. Insidieuse comme les prémices d'une rage de dents. Cette sensation désagréable se reproduisit à plusieurs reprises. Elle perdura. D'intermittente et lointaine, elle devint entêtante. Un bourdonnement saccadé, agressif, croissant. Le fracas d'un rotor, enfin identifié, vint définitivement briser cette fragile harmonie. J'ouvris les yeux sur un hélicoptère en stationnement à la verticale. Ses pales brassaient mon espace vital avec une énergie furieuse soulevant des paquets de sable. Mon rythme cardiaque s'emballa. À ce moment seulement je me rendis compte que j'étais nu. Nu comme un ver ! Quelle était donc cette mauvaise blague ?
    Survivre au passage d'un tsunami et se réveiller totalement amnésique. C'est le point de départ d'une aventure aux multiples rebondissements. Car le retour de la mémoire peut rimer avec dangers. Un suspense millimétré de Franck Membribe en grande forme romanesque.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Boucherie vandalisée, boucher pendu à un croc, les indices désignent les activistes de la cause animale mais de Villemur n'aime pas les évidences...


    « Au final, et c'est malheureux, une chose semble certaine. À moins que la quantité massive de violence faite aux animaux soit reconnue par ceux qui la perpètrent, et jusqu'à ce que des mesures significatives soient prises pour y mettre fin, aussi certainement que la nuit succède au jour, certains militants, ici ou là, d'une façon ou d'une autre, auront recours à la violence contre des personnes qui maltraitent des animaux, afin de défendre leurs droits animaux. »
    La cinquantaine de militants du Front Révolutionnaire Antispéciste Mondial, qui participait à ce rassemblement régional, s'était massé autour du buffet vegan et croquaient, pour les uns, quelques crudités succulentes, pour les autres, des tranches de pain grillé, sans gluten au sarrasin, quinoa et graines, qu'ils avaient tartinées de terrine aux lentilles corail et carottes ou au potimarron curry. Entre deux gorgées de lait de riz, d'amandes ou de millet, d'eau aromatisée basilic-verveine, de thé vert Matcha ou de jus de légumes frais, ils se remémoraient fièrement les multiples actions qui avaient rythmé la semaine écoulée.


    Est-ce qu'un boucher, c'est sympa ? Le tablier couvert de sang, ça refroidit les amitiés... Et un antispéciste, est-ce que c'est forcément gentil ? Noeud papillon vissé à la glotte sous son feutre démodé, René-Charles de Villemur se laissera-t-il aveugler par les apparences ?

  • Glock 17

    Isabelle Letélié




    La vengeance est un plat qui se mange froid, assaisonné au Glock 17 par l'héroïne décidée à faire payer l'addition de sa vie ratée.

    ELLE ENVELOPPE ALORS LA CROSSE d'une main, de l'autre fait coulisser le canon, redresse le torse et, bras tendus, brandit droit devant elle le Glock 17.
    Elle fixe un point invisible sur le mur nu pendant quelques secondes, mâchoires serrées, et appuie sur la détente. Un claquement sec résonne lugubrement dans l'appartement tandis que la bouche de la jeune femme s'étire, ébauchant un sourire : quelque chose se réveille, venu du plus profond d'elle-même.

    Isabelle Letelié conduit son récit fluide avec une grande maîtrise narrative. Elle possède toutes les qualités « pour monter au long », comme l'on dirait pour un casse, c'est-à-dire passer de la nouvelle au roman. Vraiment, une belle découverte d'une jeune auteure à suivre.

  • No limit !

    Jérémy Bouquin

    Boxe et voyeurisme, les filles s'affrontent nues, les poings en avant et la rage à la bouche.
    En « girl fight » tous les coups sont permis, frappe de pieds, de poings, de coudes. Viser dans le nez, la tête, les genoux. Tu dois faire mal, casser, broyer ton adversaire.
    Pas de gant, aucune protection.
    La mort est autorisée. Le risque, c'est un plus pour les malades qui paient cher pour se rincer l'oeil.
    Faut être vicieuse. Faut être une tueuse !

    Dans un monde blasé, l'excès fait florès. Les combats de l'extrême font partie de la panoplie apte à exciter l'idée de meurtre par procuration. Si en plus on peut assouvir son plaisir de voir des filles nues au cours d'un combat sans merci, le girl fight est en cette occurrence un must. Pas d'hypocrisie, Jérémy Bouquin nous installe au premier rang pour admirer les « cogneuses ».

  • Dix rounds

    Jan Thirion

    10 rounds, 10 instantanés d'humanité entre les cordes, 10 destins.

    Quand le Tigre monte sur le ring, les coeurs s'arrêtent de battre. Bercy devient une cathédrale où l'on n'entend plus que le feulement de la bête ivre de violence. Le Tigre, c'est moi. Je lève mes poings. Je montre mes griffes de boucher. À côté de moi, captifs dans l'enclos des cordes et sans possibilités de pouvoir s'échapper, les autres paraissent minuscules. Une pichenette les fera disparaître dans le néant. Remis de mon effrayante arrivée sous les projecteurs, le public se réveille et scande mon nom. Le Tigre ! Le Tigre ! Le Tigre !


    On connait Jan Thirion qui excelle dans le format court ou ultra court. Ici, il nous donne 10 condensés de son talent où imaginaire et imagination se surpassent.

  • La dinguerie littéraire à son sommet ! L'invraisemblable élevé au niveau du génie par un adepte du délirium très gros. Un régal ! Abus recommandé !

    GRINGALET CROYAIT REVER.
    Messa poursuivit, en soulevant un peu son emplâtre pour respirer plus commodément l'air de la nuit :
    - Total général soixante-treize ! c'est notre compte.
    Les deux autres firent écho, répétant :
    - Soixante-treize ! c'est notre compte.
    Et Messa avec une gaieté farouche ajouta :
    - M. le duc sera content, je lui en apporte un petit par-dessus le marché.
    En même temps, il frappa le cercueil d'enfant, qui rendit un son lugubre. Gringalet comprenait vaguement.
    La moelle de ses os se figeait dans ses veines !
    - C'est donc bien vrai ! ce que disent les romans à un sou, pensa-t-il. Paris contient d'épouvantables mystères !
    Ces inconnus sont peut-être les trois Pieuvres mâles de l'impasse Guéménée.
    Sa voix s'arrêta dans son gosier, tout son corps trembla.
    Que dire d'un chapitre parmi d'autres de cet « affreux » roman qui s'intitule ? « Adultère, Inceste et Bigamie » Quel programme... qui de pirouettes en rebondissement va tenir en quinze pages. Que dire des moyens baroques de faire passer de vie à trépas des quidams condamnés à fournir soixante-treize victimes par chapitre ? Masque de poix ou chatouillis des plantes de pieds, jusqu'à l'explosion de gaz merdique, font partie de la panoplie.
    Poussez la porte de la Fabrique pour laquelle seuls les superlatifs seraient adaptés, et encore. Alors riez, ronchonnez, amusez-vous à essayer d'imaginer avec Féval les crimes les plus fous des « pieuvres mâles de l'impasse Guéménée ».

  • A la rasbaille

    Gilles del Pappas




    L'expression « avoir les boules » peut être saignante lorsqu'on veut lever la gagneuse d'un mac marseillais.

    HO CON A LA VOILE !
    Il me jette un regard étonné, il s'attendait au coup vicelard dans le bedelet ou pire dans les roustamboffis. Parce que... C'est pas la première fois que je lui fous une bonne rouste. Pourtant, c'est un ancien poids léger. Mais son passé de boxeur, ça date, et puis... moi j'ai l'énergie, la jeunesse... et lui le pastaga.
    - Allez, relève-toi fada...
    Cette histoire racontée par un autre que Del Pappas, l'amoureux de Marseille, surtout si cet autre était « Lyonnais » ou pire « Parisien », sonnerait « folklorique ». Au cas présent, notre homme nous taille une tranche de vie « avé l'assent » parsemée d'expressions aussi gouleyantes qu'un rosé bien frais. (glossaire fourni)

  • Ring à putes

    Rachid Santaki



    Laurence et Marie sont des cogneuses, des salauds rafleront la mise.

    Les chosesne se passent jamais comme prévu. Alors Georges préfère prévenir que punir.
    - Elle doit se coucher avant la fin. On a mis un paquet de fric, alors tu gères ! chuchote le caillera.
    - Mais on peut parier sur elle. On peut miser, tu vois bien qu'elle va gagner ! lui répond Claude.
    - On ne change pas les plans. Ta putain se couche et tu fermes ta gueule ! lui lâche le man.
    Il regagne sa place, s'adresse à son voisin. Les deux crapules scrutent le combat avec inquiétude. Y a un paquet de cash en jeu. Une certitude : tirer dans le tas en cas de perte.


    Rachid Santaki a pratiqué la boxe. Avec son style punchy que l'on a découvert dans son remarqué Les anges s'habillent en caillera, il nous donne à voir un match de boxe féminine révélateur des drames intimes de deux boxeuses. Et aussi les coulisses où gravitent les magouilleurs avides de fric facile.



  • Un jeune espoir de la boxe française voit son ascension stoppée par la Grande guerre.

    Il s'écroula à la renverse sur le tapis, ses yeux se révulsèrent et ses doigts s'agitèrent frénétiquement. Le Molosse lâcha un « Hé merde ! de dépit. Tant pis pour lui ! »
    Marceau s'enfonça dans les ténébreux souterrains du coma. Au matin du troisième jour, s es paupières palpitèrent comme les ailes d'un papillon en train de crever et cinq minutes après, il écarquilla des yeux tout ronds.


    Demetz nous plonge dans l'immédiate avant-guerre 14-18. On pratique la savate dans les arrières salles de bistrot éclairées au gaz. La violence des coups cause de terribles dégâts. Sous la férule d'un manager sans scrupules, Marceau connait la gloire éphémère... puis la défaite. Mais il aura sa revanche...







  • Adrénaline

    Joseph Incardona

    Norman contre Chavez à l'affiche, un combat sans merci.
    Angelo lui massait la nuque.
    - Comment ça roule, petit ?
    - Flotte, Gégé ! Verses-y une goutte de ta fiasque.
    - T'es pas dingue, non ?! Tu veux te faire disqualifier ?
    - Fais ce que je te dis !
    - Bon sang, Norman !
    Masqué par Angelo, Gérard s'exécuta et lui tendit la gourde. Le goût amer du bourbon dilué dans l'eau lui donna un coup de fouet.
    Outre ses qualités d'écrivain du noir et de réalisateur de cinéma, Jo Incardona pratique la boxe en amateur dans la catégorie mi-lourd. Il connait ce sport et la douleur provoqué par les coups. Dans cette nouvelle, on assiste à un match, le lecteur est au plus près de l'action. Plus qu'un reportage, une tragédie humaine.


  • Pour cette irascible, « l'enfer c'est les autres », alors elle procède au « nettoyage » des voisins...
    Mes voisins sont odieux.
    Par exemple, je déteste la greluche anorexique du rez-de-jardin avec son air suffisant et ses mines de petite fille à maman. Elle ne sourit jamais, à croire que la sympathie est en option sur les spécimens de pimbêches. Idem pour la modestie. Elle adore faire du bruit avec ses chaussures parce que ça fait dame. Ses talons martèlent sèchement la cour, les couloirs, les escaliers, chaque soir, chaque matin, chaque jour... Sauf le dimanche. Les fins de semaine, Mademoiselle retourne se réfugier dans les jupes maternelles en emportant linge sale et tupperwares. Et comme la vie est dure avec les jeunes femmes actives, citadines et célibataires, elle en profite pour renflouer son porte-monnaie.

    Dans un style alerte où l'humour noir affleure, Frédérique Trigodet nous conte les déboires de nos contemporains empêtrés dans leur vie ordinaire. Une auteure de talent à suivre...



  • Itinéraire violent d'un enfant soldat du Congo perdu dans l'une de nos cités...

    Elle me déteste. Je le vois. Elle me mettrait bien deux claques mais elle a peur. Elle a raison. Je viens d'un pays où je jouais au foot avec des cadavres comme poteaux de but. Ici je passe pour avoir quinze ans. En réalité j'en ai dix-sept. Des femmes comme elle j'en ai violé, tué.
    Pour l'instant je me contente de pourrir sa classe dans laquelle on m'a jeté depuis trois semaines. Je terrorise les filles. Les garçons ne supportent pas de perdre la face.
    PHD nous donne deux nouvelles dans lesquelles on retrouve son style percutant, elliptique, allusif, d'une grande efficacité romanesque. Ses histoires, comme l'alcool fort, brûlent votre intérieur.

  • Le pouce crochu

    Fortune Du Boisgobey

    • Ska
    • 1 Juillet 2017


    Une fille opiniâtre poursuit l'assassin de son père... ainsi se résume succinctement cette histoire, écrite par l'un des précurseurs du roman policier...

    « Était-ce bien une main, cette tâche noirâtre qui tranchait sur le rideau blanc ? Camille en douta d'abord, mais elle ne parvenait pas à s'expliquer cette étrange apparition. Elle crut même être dupe d'une illusion d'optique. Le feu se mourait dans l'âtre et la lumière de la lampe commençait à baisser, si bien que le salon s'emplissait d'ombre et qu'elle ne distinguait plus nettement les objets. Elle aurait voulu fermer les yeux et elle ne pouvait pas. Ce point noir la fascinait. Cela ressemblait à une araignée énorme, armée de pattes velues, et cela ne bougeait pas. Était-ce la griffe de quelque bête monstrueuse ? Camille n'était pas poltronne, et pourtant elle sentait son sang se glacer dans ses veines. »
    Selon Thierry Chevrier, du Boisgobey « nous présente des héros profondément faillibles et humains, sujets au doute comme à l'erreur, lancés dans une traque pour la vérité, tenaces, hésitants, parfois déçus de fausses apparences, vérité souvent détruite au moment où l'on commençait à y croire, au fil d'aventures toujours profondément aléatoires et surprenantes. » Si l'on voit parfois les coutures de fil blanc dans ses intrigues, le point se rapproche davantage de la broderie que du ravaudage grossier. Emile Zola si critique envers les auteurs populaires de feuilletons à succès de son époque distinguait du Boisgobey qui faisait « plus proprement que les autres ». (extrait de l'avant-propos de Franq Dilo)

  • Lame soeur

    Alain Seyfried

    Une petite lame mince et brillante, aux deux sens du terme...


    Les témoins les plus fidèles, les plus dérangeants et les plus précis ne sont pas toujours ceux qu'on croit, soyez-en sûrs, mes anges !
    Le narrateur de cette histoire est en effet des plus inattendus. Et pourtant, qui mieux que lui peut tout voir, tout ressentir de l'intérieur et vous rapporter fidèlement, méticuleusement, affreusement, le moindre bruit glaçant, le moindre halètement, le moindre giclement !
    Tremblez jusqu'au bout à son récit, et, lorsque vous aurez découvert son identité, tremblez plus encore !


    Alain Seyfried poursuit la saga des Pinon-Valières dans ce troisième opus de Noir de suiTe. Cette fois-ci, il actionne un narrateur au plus près de l'action. Un petit bijou d'humour saignant.

  • Il y a des professions qui n'offrent pas de garantie en matière de retraite : tueur professionnel par exemple...


    [...] - Tu peux tomber la veste, tu sais.

    Marvin tombe la veste. Ici, il peut. Ce n'est pas Albert qui se formalisera de voir le Colt à canon long dans le holster qu'il porte sous l'aisselle droite, crosse en bas, revolver maintenu en place par une languette de cuir à velcro épousant le percuteur. Marvin est gaucher, déteste les automatiques et ne cherche plus à défourailler express depuis belle lurette - depuis qu'un plus rapide que lui a démoli sa rotule.

    - Je me doutais que ce serait toi qui viendrais, Marv'.
    />
    - Mieux valait pour toi, non ? Un autre serait venu en bagnole, discrètement...

    - J'aurais été averti quand même ! Depuis le temps, je me suis fait des amis dans la région. Les têtes inconnues sont vite repérées. Les gens d'ici ne sont pas méchants, seulement curieux... Tu as fait bon voyage ? [...]




    Jean-Hugues Oppel continue à jouer avec les situations archétypales du polar : le tueur fatigué, le contrat de trop, et en quelques pages vous offrent un condensé d'humanité très noire... Pourquoi se pastiller 300 pages alors qu'un shoot de 20 pages d'Oppel vous offre un pied identique ?...

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