Editions du Cerf

  • Réunis par l'Institut européen en science des religions, Régis Debray et Jean-François Colosimo entrent en dialogue. Que reste-t-il aujourd'hui de la laïcité ? Et de la France au sein de la mondialisation des croyances ? Une interrogation sans concession sur notre exception.
    Face aux actes de barbarie qui frappent la France, où en est la République ? État, Église, nation, laïcité, que signifient aujourd'hui ces mots au sein d'un paysage confessionnel troublé, mais aussi d'un environnement international hostile ? Comment distinguer entre le culte et la culture ? Et pourquoi est-il urgent de réaffirmer la séparation du politique et du religieux ?
    Ces questions animent le dialogue entre Régis Debray, Didier Leschi et Jean-François Colosimo qui précède, dans ce livre, les commentaires personnels de chacun d'eux. Balayant l'histoire et l'actualité, leurs désaccords mêmes contribuent à éclairer un accord essentiel : nous ne saurions céder à la peur car l'exception française est plus que jamais indispensable à l'ordre du monde.
    Un appel à l'intelligence et à la lucidité.

  • Comment faire l'amour avec un fantôme ? : anthropologie de l'invisible Nouv.

    Le médecin-légiste et l'archéo-anthropologue des grandes émissions télévisées nous ouvre son cabinet privé et nous dévoile sa saisissante collection de clichés sur les manifestations du surnaturel dans les sociétés traditionnelles. Un livre à couper le souffle qui est aussi un passé entre les mondes visible et invisible. " Et quand il eut dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre " (Nosferatu)Voici les fantômes du lointain ! Alors que l'Occident a un rapport très " romantique " avec les revenants, ou dicté par le spiritisme ou la religion (Purgatoire), qu'en est-il des quatre autres continents ?
    Partant d'objets originaux et de rituels souvent méconnus, Philippe Charlier nous fait découvrir cette façon qu'ont les peuples lointains d'entretenir des rapports entre le monde des vivants et celui des morts. Son récit nous mène des peintures de
    yurei (ces fantômes japonais) qu'il est possible d'animer, à ces statuettes des " épouses de l'au-delà " en Côte d'Ivoire ; du plus grand masque du monde (Dogon) au plus énigmatique (Grebo). On découvre des fétiches dont l'immense puissance est fondée sur le secret bien gardé de leur constitution (
    boliw), et des morceaux de bois sculptés chargés d'accueillir les esprits errants de Sibérie ou du sud du Sahara...
    Avec ces récits principalement issus d'Afrique et d'Asie, Philippe Charlier continue à tracer les chemins d'une anthropologie de l'invisible. Il nous révèle aussi toute la richesse et toute la force de l'anthropologie qui, en donnant un sens à ces objets et ces rituels, nous aide peu à peu à comprendre la complexité du monde.

  • Paul claudel : Nouv.

    Claudel le poète, le chrétien, Claudel le diplomate, l'amant, le père de famille : cette nouvelle biographie nourrie d'informations inédites vient enfin rassembler les différentes faces d'un même homme. Un évènement littéraire. On ne connaît pas Claudel.
    On connaît une légende, une rumeur, mais on ne connaît pas Claudel. De sa conversion, on ne connaît que la parabole façonnée par lui et par d'autres ; de ses relations avec sa soeur Camille, guère plus que les romans ou les scénarios construits à partir des rares archives ; de son activité artistique, surtout les grands drames typiques d'un " théâtre de texte " : or ce prosateur de génie est devenu après
    Le Soulier de satin un homme de spectacles, pour qui réécrire voulait dire dés-écrire.
    Quant à la diplomatie et à la politique, qui est averti de son activité de tête de réseau d'espionnage à Copenhague en 1920 ? de ses interventions auprès de Roosevelt en faveur de Blum en 1936, puis en faveur de la paix jusqu'en 1939 ? Qui sait que le poème à Pétain est l'oeuvre d'un homme espionné jusque chez lui par la police de Vichy ? De Gaulle lui a dépêché deux émissaires en 1942 : qui en a entendu parler ?
    Et quel autre écrivain en 1941 osait condamner les persécutions antisémites comme cet anti-nazi véhément, devenu sioniste, l'a fait dans sa lettre au Grand Rabbin ou dans
    L'Apocalypse de saint Jean ? " Le Fils de l'Homme sur la croix avait quelqu'un au ciel pour répondre à son :
    Lamma sabachtani ? Mais Israël souffre sans consolateur. "
    Cette biographie appuyée sur des archives inédites offre un portrait renouvelé, paradoxal, inattendu, d'un soi-disant " gorille " qui se définissait en 1929 comme un " vieux lapin épouvanté ".

  • Fin de la chrétienté Nouv.

    N'en déplaise aux déclinistes, la fin de la civilisation chrétienne n'est pas la fin du monde. Ce qui se joue à travers l'inversion normative et la transformation radicale des moeurs, c'est le retour du monde païen. Un livre fondamental pour comprendre cette mutation. Un grand livre de Chantal Delsol. Seize siècles de Chrétienté s'achèvent. Le temps présent connaît une inversion normative et philosophique qui nous engage dans une ère nouvelle.
    La transition est brutale. Elle est difficile à accepter pour les défenseurs de l'âge qui s'efface.
    De même que le vieillard tend à colorer le monde de sa propre décrépitude et à le voir décadent, de même il est des chrétiens qui, aujourd'hui, se plaisent à contempler le déclin du monde dans leur propre déclin.
    Nous assistons en fait à une métamorphose. Le temps païen qui s'ouvre restaure les anciennes sagesses en même temps que les anciennes sauvageries. Le grand Pan est de retour.
    L'ère chrétienne qui s'achève avait vécu sur le mode de la domination. Le christianisme doit inventer un autre mode d'existence. Celui du simple témoin. De l'agent secret de Dieu.

  • Trente ans après son mythique Temps des tribus, le grand sociologue de l'imaginaire lance une nouvelle annonce prophétique. Reprenant un à un les récents séismes qui ont ébranlé nos représentations, il montre comment l'avènement d'un totalitarisme doux marque, par réaction, l'Ère des révoltes. Un essai indispensable pour comprendre ce que sera notre monde demain. Dès les années 1980, Michel Maffesoli se fait l'observateur averti et implacable des temps postmodernes. Il annonce un effondrement social porteur d'un paradoxal retour des tribus, ce que prouveront les décennies suivantes. Il pronostique également que, profitant de la fin des idéologies, les élites au pouvoir entendent instaurer un ordre nouveau qu'il qualifie de totalitarisme doux. Ce que démontre l'actualité récente.
    De l'éruption des gilets jaunes devenus un phénomène international à la contestation globale de la gestion de la pandémie, des grèves émeutières pour contrecarrer le libéralisme mondialisé à la vague d'émotion planétaire suscitée par l'incendie de Notre-Dame, le sociologue du quotidien et de l'imaginaire traque, de son oeil inégalé, le changement de paradigme que nous vivons.
    Le règne de la rationalité, de la technicité et de l'individualité agonise convulsivement sous nos yeux. Pour le meilleur et pour le pire, l'ère des révoltes a commencé et ne cessera pas avant longtemps.
    Cet essai flamboyant dit pourquoi et comment le peuple a raison de se rebeller.

  • L'égalité c'est bien, le vote c'est mieux ! En France, le femmes n'en obtiennent le droit qu'en 1944 ! Loin derrière d'autres pays, et après un siècle de combats. C'est cette révolution que raconte avec brio la grande spécialiste du féminisme hexagonal. Un livre à offrir un certain 8 mars...
    Les femmes, en France, n'ont pas reçu le droit de vote des mains d'un homme enfin éveillé et attentif à l'injustice de leur sort. Elles l'ont gagné de haute lutte après cent ans de revendications. Elles l'ont arraché au législateur. L'ordonnance promulguée en 1944 a été l'aboutissement d'un mouvement sans cesse recommencé de contestation initié au milieu du xixe siècle.
    C'est l'histoire de cette ère de débats et de combats que dresse ici, d'une plume ardente et vivante, Anne-Sarah Moalic, la spécialiste incontestée de cette question cruciale qui constitue aussi bien une épopée militante. Loin des images d'Épinal, recourant aux faits, aux portraits, aux archives, reprenant argument contre argument ce long cheminement, ce livre montre comment, face aux défenseurs d'un ordre inique assignant les femmes à un rôle secondaire, les pionnières de l'équité politique ont peu à peu structuré la conscience du féminisme.
    Passer derrière l'isoloir, glisser un bulletin dans l'urne, émarger les listes électorales : ces gestes devenus communs à toutes et à tous condensent une mémoire active qui détermine encore aujourd'hui la recherche de l'égalité réelle entre les sexes.
    Une lecture passionnante et tonifiante.

  • C'est en philosophe de métier et en bouddhiste de conviction que Danielle Moyse nous raconte et nous explique l'apocalypse que nous nous préparons. En oubliant l'unité du vivant, notre civilisation de la mort creuse sa tombe. Car plus que jamais l'animal est l'avenir de l'humanité. Une exhortation à renouer avec la plénitude du cosmos. Ne pas protéger les animaux, c'est perdre de vue notre humanité. En raison de l'installation croissante de l'homme sur la terre comme conquérant, et non comme simple cohabitant, les animaux font désormais partie des plus vulnérables. Et ce que l'homme inflige aux bêtes, il se l'inflige à lui-même.
    Élevage intensif violent pour les animaux et déshonorant pour les hommes, destruction des forêts primaires bouleversant les lieux de vie des uns et des autres, propagation d'épidémies franchissant la barrière des espèces font aujourd'hui apparaître, grandeur nature, qu'hommes et animaux sont engagés dans un destin commun, et que les agressions infligées au vivant nous entraînent dans une spirale suicidaire. À l'heure de l'industrie agro-alimentaire, de la Covid-19 et du réchauffement climatique, c'est à un sursaut salutaire que Danielle Moyse, philosophe, par ailleurs spécialiste des questions d'éthique médicale, appelle de ses voeux. Il n'y va pas seulement de notre survie, même si la brutalité à l'égard des animaux n'a jamais tardé à s'étendre concrètement à l'être humain. Sans une réforme radicale de notre rapport au vivant et une redéfinition de notre habitation terrestre, le pire est à venir.
    Un plaidoyer magistral en faveur des hommes et des bêtes. Un appel décisif au respect de tous !

  • L'Église confinée serait-elle devenue folle ? Et les catholiques, des professionnels du déni de réalité ? Récusant la réduction de l'Évangile à un militantisme grégaire et moutonnier, Jean-Pierre Denis s'affirme ici comme la voix chrétienne d'aujourd'hui dans le sillage d'un Bernanos ou d'un Mauriac. Un appel à la liberté contre le fanatisme. Que nous arrive-t-il ? Quel est le sens de cette pandémie ? Que reste-t-il de nos visions de la vie, du monde, de l'homme ? Où allons-nous ? Et où est passé Dieu dans tout ça ?
    Répondant du tac au tac à son contemporain dépressif ou dubitatif, Jean-Pierre Denis lui oppose les leçons de la Bible. Lui concédant que son désarroi n'est pas sans raison, il n'épargne pas la France, ni son État, ni son Église. Lui déniant de réduire la foi à un fidéisme ou à un fanatisme, il montre la fulgurante actualité de l'Évangile.
    Un dialogue enlevé, lumineux, frappant. Un essai ravageur d'humour et pétillant de profondeur. L'irrésistible appel à la lucidité d'une grande voix spirituelle d'aujourd'hui.

  • Capitale

    Jonathan Siksou

    C'est en romancier au grand style que Jonathan Siksou se fait le promeneur de Paris égrenant les lieux et les siècles. Qu'est-ce que voir la sédimentation des âges à travers la destruction et la reconstruction des paysages ? Qu'est-ce que revoir le temps qui passe ? Un événement de la rentrée littéraire. Rues et statues, défilés et bals, décrets et émeutes, crues et incendies, saints et assassins : c'est la France qui, à travers Paris, comme en un kaléidoscope, se diffracte, se déroule et se donne tout en sourires et en larmes dans son éternel quotidien.
    Qu'est-ce une ville, sinon un livre tissé de livres s'ouvrant devant qui désire déchiffrer les époques, les lieux, les êtres qui l'ont façonnée ? Qu'est-ce voir vivre et mourir une ville, la concevoir siècle après siècle à se construire et à se détruire jusqu'à ne plus savoir ce qu'elle est ? Qu'est-ce le souvenir d'une ville s'il ne fait pas mémoire ? La mémoire d'une ville, si elle ne fait pas histoire ? L'histoire d'une ville si elle ne se fait pas récit ? Qu'est-ce revoir le temps qui passe et qui efface inexorablement la pierre, l'événement, le visage qui ne subsistent plus alors que dans l'écrit ?
    C'est en écrivain au grand style, précis et libre, ascétique et inspiré, que Jonathan Siksou se fait l'ultime promeneur de Paris, entraînant à sa suite les chroniqueurs qui l'ont précédé et qui ont tout raconté, tout chanté, tout filmé de la ville-lumière. Sauf comment, dans la Capitale, notre passé devient notre présent au point de réduire l'avenir à une nostalgie.
    Une démonstration littéraire à hauteur de la plus fascinante des villes du monde. Une métaphysique de l'urbanité. Un roman. Le nôtre.

  • L'islamisme militant peut-il subvertir les institutions et la vie politique en instrumentalisant la démocratie ? C'est à cette question cruciale que répond l'ex-maire de Sarcelles François Pupponi, homme de gauche amoureux de la diversité, mais inflexible sur la République. L'islamisme militant peut-il subvertir les institutions et la vie politique en instrumentalisant la démocratie ?
    C'est à cette question cruciale aujourd'hui que répond celui qui fut longtemps maire de Sarcelles, François Pupponi. Cet homme de gauche amoureux de la diversité, mais inflexible sur la République, révèle l'impensable : s'implantant dans les quartiers, infiltrant les associations et les partis, se jouant des règles et des lois, c'est à une conquête confessionnelle et communautariste des leviers de pouvoir que se livrent désormais les salafistes - à commencer par les municipalités des banlieues des grandes agglomérations urbaines.
    Comment les contrer ? Comment les combattre ?
    Contre les errances idéologiques des islamo-gauchistes, les lâches démissions électoralistes et les calculs des réseaux qui veulent influencer le parlement et le gouvernement, ce livre est une défense des idéaux universalistes et, en premier lieu, pour les musulmans.
    Des révélations-chocs.
    Une formidable apologie du véritable vivre-ensemble.

  • Le fils de Philippe-Auguste et le père de Saint Louis a peu régné (1223-1226). Mais sans lui, la France ne serait pas la France. Faisant face aux agressions de toutes parts, il a assuré l'unité et la continuité de l'aventure nationale. Il l'a fait avec un panache et une bravoure qui, jusqu'à aujourd'hui, ne cesseront d'inspirer ses successeurs. Stylé ! Que sait-on aujourd'hui de Louis VIII, roi de France pendant seulement trois ans, qui manqua de devenir à la fois roi de France, d'Angleterre et de Castille ? Louis le fils de Philippe Auguste, attendant patiemment dans l'ombre de son père que vienne son heure. Louis le Lion, qui étendit le pouvoir royal jusqu'à La Rochelle et rattacha le Languedoc à la couronne. Louis le guerrier, à la reconquête du Poitou, triomphant du roi d'Angleterre à la Roche-aux-Moines, sans qui la fameuse victoire de Bouvines n'aurait pas été possible... Louis le Capétien, revenu de l'ivresse de la conquête, qui reprit à son compte la politique patiente de ses ancêtres et poursuivit l'expansion du domaine royal à l'intérieur des frontières du royaume. Mais aussi Louis l'époux de Blanche de Castille, qui assura ensuite la Régence jusqu'à l'avènement de son fils, le célèbre Saint Louis.
    Le témoignage d'un destin téméraire : celui d'un souverain à la fois sage et brave, foudroyé au zénith de son règne. Un roi lettré, cultivé, injustement tombé dans l'oubli, protecteur des arts et des lettres, à rebours des clichés médiévaux.
    Un récit enlevé et un travail précieux, qui vient éclairer un pan jusque-là méconnu de notre récit national.

  • Histoires d'alcool : peut-on en parler à son médecin ? Nouv.

    Troubles pathologiques, psychologiques, sexuels, sociaux, violences, délires, mort : vu du cabinet d'un généraliste, l'abus d'alcool demeure le premier fléau. Le livre vertigineux de l'autodestruction au quotidien qui révèle la face sombre de la réalité française aujourd'hui. À consommer sans modération. En France l'alcool coule à flot : on boit pour rire, pour fêter une victoire, pour soutenir le chagrin, pour oublier l'horreur. Et aussi quand on n'est plus libre de ne pas boire : on doit alors chercher l'aide d'un soignant. Tous ne savent pas répondre : ils sont souvent désemparés, mal armés ou mal formés pour accueillir cette souffrance.
    Certains soignants ont pris le temps d'écouter et d'accompagner. Ici, c'est un généraliste qui parle et aborde des questions concrètes : Faut-il arrêter de boire ou seulement boire moins ? Comment dire non ? De quelles libertés et de quelles contraintes parle-t-on ? Qu'attendre des médicaments ? Comment aider un proche dépendant ? Que vit l'enfant d'un malade de l'alcool ? Un couple peut-il survivre à l'alcool ? À quoi sert une cure, un mouvement d'entraide ? La dépendance peut-elle masquer la maladie mentale ?
    Loin des solutions miracles, Jean-Pierre Aubert explore des pistes de réponses, sans langue de bois et sans jargon. Il écrit pour ses patients, pour leur entourage, et pour les jeunes médecins. L'alcoolisme se dévoile, avec son cortège d'orgueils blessés, de dissimulations, de succès et d'échecs. On voit se construire le travail conjoint du patient et du soignant, toujours riche et parfois chaotique, mais où la confiance réciproque est une clé constante.

  • Casseurs, Black-Blocs, Antifafs, Skinheads rouges : c'est en spécialiste reconnu des marges activistes que Christophe Bourseiller nous fait plonger dans l'univers militant et violent de l'ultra-gauche. À l'heure où la démocratie se fragilise, une indispensable enquête sur ceux qui la menacent.
    Ils ont pour nom de guerre les " Black Blocs ", les antifas, les autonomes, les zadistes. Ils se définissaient hier comme situationnistes, conseillistes, luxemburgistes, marxistes libertaires, anarcho-communistes.
    Ce sont eux les " infiltrés ", les " provocateurs ", les " casseurs " qui, au sein des manifestations, affrontent les policiers, vandalisent les commerces, dégradent les monuments. Eux qui occupent et radicalisent les fronts politiques, humanitaires ou écologiques, qui ferraillent au nom des Gilets jaunes, des sans-papiers, des néoruraux, des altermondialistes. Eux qui s'emparent de chaque foyer de contestation pour en faire un axe d'insurrection.
    Ils forment l'ultra-gauche, cette mouvance qui se veut à la gauche de l'extrême gauche.
    On la croyait finie. Elle est aujourd'hui plus active que jamais.
    Christophe Bourseiller nous fait découvrir l'histoire de cette nébuleuse dissidente et la géographie de cet univers militant. Il raconte la chronique secrète de cette avant-garde critique de l'idéologie mais aussi de la culture, de la pensée, des arts. Il dessine le culte de la violence révolutionnaire qui l'anime.
    Une plongée sans égale dans les marges.
    Un travail d'investigation éblouissant, éclairant, indispensable.

  • La combattante courageuse contre l'envoilement nous fait découvrir l'envers du décor. Une plongée comme jamais, vivante, empathique et critique dans l'univers des jeunes des banlieues, l'ordinaire des profs, le quotidien des filles partagés entre la réalité d'ici et l'irréalité de là-bas. Un plaidoyer républicain.
    Nostalgie. Algérie. Jérémiades. C'est par ces trois mots, regroupés en Nostalgériades que s'ouvre le nouveau livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, alternant l'essai politique et le récit autobiographique. Décrivant les naïves croyances des collégiens auxquels elle enseigne chaque jour (" Au bled, ça coûte rien ", " Seul Allah guérit "), et la difficulté qu'éprouvent les professeurs à enseigner la colonisation, la guerre d'Algérie ou la Shoah, la cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République décrypte la condition féminine, en France comme dans les pays de culture musulmane. Rêvant d'un MeToo mondial, elle affirme dans sa splendide conclusion que si la condition féminine est un malheur, alors " il ne faut pas renoncer à ce malheur ".
    Sans langue de bois, sans naïveté et sans ressentiment, voici le nouvel essai flamboyant d'une femme puissante appelé à provoquer le débat.

  • Le vieillissement : à la croisée des projets Nouv.

    Paradoxe propre à notre époque, où les plus relégués sont aussi les plus nombreux. Haro sur l'âgisme avec cet essai rafraîchissant, inventif, résolument moderne, qui redonne aux aînés la place qui leur échoie. Par le savant professeur et la parlementaire experte les plus engagés sur ce front de société et de civilisation. Comment, dans une société vieillissante, est-il encore envisageable d'exclure les aînés ? Pourquoi sont-ils traités comme des citoyens de seconde zone ? Et pourquoi, dans la sphère politique, l'âge n'est traité qu'au prisme de la dépendance ?
    Un autre modèle de société est possible, affirment la députée Audrey Dufeu et le professeur Gilles Berrut, une écologie humaine qui considère les personnes âgées comme une force vive de la nation et des véritables moteurs de l'inclusion sociale et citoyenne.
    Plus qu'un manifeste politique, c'est un traité de l'inclusion qui ne se limite pas aux aspects sanitaires et médico-sociaux. La famille, la vie associative et économique, les mobilités, la ville, la culture sont autant de champs qui doivent être repensés dans une nouvelle dynamique, plus humaine, pour relier davantage les générations entre elles.
    Parce que l'âge fait l'humanité, bien plus que la vitesse ou que la performance, et qu'il concerne chacun tôt ou tard. Parce qu'il est urgent de renouer avec la dignité.
    Un manuel de combat inventif et résolument moderne contre l'âgisme qui sévit en France, pour accompagner concrètement l'édification du " monde d'après ".

  • La connaissance des autres Nouv.

    Penser serait l'exercice exclusif des sachants de l'Occident. Faux ! Voici l'éloge des marges, des différences et des inconnues qui montre comment et combien, jusque dans la sagesse populaire et les sagesses d'ailleurs, la pensée est la chose la mieux partagée du monde. Une révision profonde de nos idées toutes faites qui nous appelle à nous réveiller. Et si l'Occident n'avait pas été seul à philosopher ? Nous avons longtemps refusé d'admettre cette évidence alors que, très tôt, des ethnologues, des psychologues et des philosophes des sciences ont repéré l'existence de systèmes d'idées dans le reste du monde.
    On croisera, dans cette fresque philosophique d'une extrême originalité, des figures intellectuelles peu communes : une spécialiste des Bantous (J. Roumeguère-Eberhardt), elle-même épouse d'un guerrier masaï ; un pionnier de l'ethnographie européenne (A. Varagnac), en quête de notions conçues dans des régions de France étrangères à la pensée dominante ; ou encore un philosophe (E. Ortigues) qui, après avoir séjourné en Afrique, montre que la logique de la découverte scientifique est indissociable des expériences vécues par les individus et les groupes humains.
    Au terme de cette traversée, les concepts que nous croyions si bien connaître nous apparaissent sous un jour nouveau, au prisme d'une ethnophilosophie et d'une géophilosophie revisitées.
    Un ouvrage essentiel pour sortir de l'ethnocentrisme et en finir avec l'héritage intellectuel laissé par la colonisation.

  • Sacha Guitry n'est pas mort. Il continu à nous enchanter sous la plume légère et profonde de Matthieu Geagea qui, à son tour, et suivant son maître, nous conte l'histoire de France comme elle ne nous avait jamais été racontée. Jubilatoire, estival, instructif et passionnant. Il était une fois une France heureuse... Personnages bigarrés, affaires scandaleuses et anecdotes savoureuses : c'est avec son inimitable verve que Sacha Guitry réalise en 1953 et 1955 deux films parmi les plus marquants de sa longue carrière,
    Si Versailles m'était conté et
    Si Paris nous était conté. Ce diptyque rassemble ainsi deux centres, deux axes et deux versants du récit national. Mais il le fait en fêtant la rencontre entre le cinéma et l'histoire.
    Ces deux contes relèvent des images d'Épinal car ils composent une même déclaration d'amour à la France. Ils sont romanesques, théâtraux, toujours enlevés, souvent tragicomiques, parfois caricaturaux car ils ont pour seule ambition de nourrir l'imaginaire populaire.
    C'est sur cet art perdu et la disparition du sentiment collectif auquel il répondait que revient ici Mathieu Geagea, interrogeant notre difficulté présente à nous conter et raconter la France.

  • Notre monde est sans repère car il est sans père ! C'est au grand absent de la scène contemporaine que s'attache ici le philosophe de l'existence Martin Steffens, car la critique du patriarcat ne saurait aboutir à la disparition de la transmission. Un livre de libre morale sur nos moeurs faussement libérées. Éblouissant. À l'heure où le patriarcat, en tant que système social d'oppression, commence à se déliter, nous nous trouvons devant une alternative. Ou bien l'on croit qu'on élèvera d'autant plus les femmes qu'on rabaissera les hommes. Ou bien nous ferons, pour les garçons arrivant en ce monde, le voeu qu'ils sont, en tant que tels, une bonne nouvelle.
    Car chacun porte en soi la promesse de ce que l'autre a de meilleur. Ce n'est pas en détestant les hommes que nous respecterons les femmes. Plus libres d'aller au monde, les femmes seront aussi plus exposées. Elles ont donc besoin d'hommes en qui mettre leur confiance, d'hommes consistants.
    Annoncer aux jeunes hommes que leur virilité les oblige à ce qu'ils ont de meilleur, c'est cela aussi lutter contre le patriarcat.
    Un livre critique, généreux, lumineux qui appelle, contre la confusion, à une vraie libération.

  • De l'Empire ottoman à la République moderne, de la nationalisation de l'islam à l'islamisation de la nation, de l'Europe à l'Oumma, de l'Otan à Daech, de l'abolition à la restauration du califat, voici le livre choc qui dévoile la face cachée et toujours plus menaçante de la Turquie. D'Atatürk à Erdogan, de la caserne à la mosquée, de la nationalisation de l'islam à l'islamisation de la nation, de l'Europe à l'Oumma, de l'Otan au Califat, voici la face cachée de la Turquie.
    Ce livre plonge dans les cent ans de vertiges qu'a connus la République turque née des ruines de l'Empire ottoman.
    Ce livre convoque les fantômes de son négationnisme, Arméniens, Grecs, Alévis, Kurdes. Il dévoile les dessous des putschs militaires qui ont étranglé la démocratie. Il révèle les compromissions de Washington et de Bruxelles.
    Ce livre démasque la permanence de la reconquête. Hier à Chypre. Aujourd'hui au Proche-Orient, en Méditerranée, dans le Caucase. Demain en Asie, dans les Balkans.
    Ce livre dénonce le chantage auquel Ankara soumet Berlin et Paris.
    Un livre-choc. Pour enfin comprendre d'où vient et jusqu'où ira la Turquie.

  • Cette somme d'interventions au fil des circonstances montre la face cachée de l'oeuvre du grand philosophe français de réputation internationale : une magistrale façon inactuelle de traiter de l'actualité.
    Pourquoi Dieu sans l'être ? Que nous dit Éros sur l'amour et le don ? Qu'est-ce que la Révélation ?
    Que signifie philosopher aujourd'hui au regard de la Bible et de la théologie, de la poésie et de la littérature ?
    Pourquoi faut-il en finir avec la métaphysique ? Comment repenser Descartes et Husserl, réviser Nietzsche et Heidegger, relire Levinas et Derrida ? Quelle langue neuve peut dire l'invisible, l'inouï, l'inattendu ?
    Qu'est-ce que le nihilisme ? En quoi éclaire-t-il l'époque ? Où va le monde ? Où en est l'Église ? Que penser du déclin de l'Amérique, du réveil de l'islam ? Quel avenir ont la France et l'Europe ?
    Pourquoi l'Évangile reste-t-il plus que jamais d'actualité ?
    Telles sont, parmi d'autres, les questions de Paul-François Paoli auxquelles Jean-Luc Marion a consenti à répondre au cours de cette libre conversation comme le siècle n'en connaît plus guère.
    De la rue d'Ulm et de la Sorbonne à l'université de Chicago et à Rome, de l'aventure de
    Communio à l'engagement antitotalitaire, sur fond de rencontres et de portraits, d'enjeux et de combats, ce sont la clé d'une destinée et la fabrique d'une pensée qui, ici, se dévoilent. Celles du philosophe français vivant le plus lu, le plus commenté et le plus traduit au monde.
    Une démonstration éblouissante de l'intelligence en acte. Une invitation, surtout, à l'espérance. Un antidote au malaise contemporain.

  • Nul besoin d'être croyant pour s'interroger sur la GPA. C'est en journaliste que Céline Revel-Dumas révèle les dessous et les non-dits de cette marchandisation inédite des corps. Un document plein de révélations, un essai fort de contestation. Une femme généreuse et compréhensive remettant tout sourire un enfant à un couple infertile qui l'a toujours attendu. Comment ne pas être ému devant cette vision du bonheur ? D'autant que les partisans de la gestation pour autrui se réclament de principes qui définissent notre société : liberté-égalité-solidarité. Mais qu'en est-il exactement ?
    Au terme d'une enquête rigoureuse qui convoque acteurs de la GPA, journalistes du monde entier, sociologues, philosophes, historiens et psychologues,
    GPA, le Grand Bluff met en lumière les vérités dérangeantes occultées dans le débat public, qui se résume bien souvent à distinguer une GPA commerciale d'une GPA prétendument " éthique ".
    Un essai coup de poing, sans concession, qui dénonce un scandale éthique et les velléités de légalisation qui menacent la France, où les couples sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l'étranger pour recourir à une GPA. Et qui met au jour la réalité d'une pratique qui ébranle profondément les principes qui constituent le coeur même de notre société.

  • La pensée du philosophe, le style du pamphlétaire : c'est à la manière de Nietzsche que Taguieff dénonce ses héritiers de droite et de gauche, modernes et postmodernes, totalitaires ou libertaires. Un festival de lucidité, une relecture de 150 ans de fictions qui se sont voulues des rêves et qui ont tourné au cauchemar.
    Nietzsche aura été le philosophe du siècle. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Retournant contre le prophète de Dionysos le marteau philosophique que lui-même employait pour ébranler les idoles, Pierre-André Taguieff livre avec acuité, verve et élégance une relecture inédite, iconoclaste et critique de l'histoire de la pensée contemporaine, de ses incohérences et de ses abîmes. Il explore le vaste continent des écrits nietzschéens et antinietzschéens qui continuent d'inspirer et de diviser les philosophes, les écrivains et les artistes, notamment face à la question de la décadence et à celle du nihilisme.
    Comment comprendre la fascination récurrente exercée par Nietzsche et sa pensée ? Qu'ont en commun les nietzschéens de droite et les nietzschéens de gauche ? Pourquoi puisent-ils au même fond de métaphores, de paraboles, d'images survoltées pour les surinterpréter ? Comment comprendre cette bataille d'appropriations qui semblent contradictoires mais qui se rejoignent souvent dans le même culte de la force et de la destruction ?
    Cet essai est déterminant pour lever nos cécités sur le plus enthousiasmant et le plus aveuglant des philosophes. Un exercice de lucidité qui marque un tournant dans la pensée française et européenne.

  • Il arrive que l'histoire puisse s'écrire et se lire comme un roman. C'est tout le pari réussi de Frédéric Mounier, dépeignant à l'instar d'une grande fresque populaire ces jours de 1870 où, Paris encerclée, la France sembla condamnée à disparaître. Un immense récit.
    1870. Paris confiné. Paris émeutier. Paris encerclé.Paris incendié. Le nouveau pouvoir débordé.L'armée jetée contre la foule. L'insurrection matée.Et toute la France qui vacille...Où va la démocratie ? Les drames d'aujourd'hui font écho aux tragédies d'hier. Le siège de la capitale par les Prussiens, du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871, aura servi de décor à l'un de ces grands déchirements auxquels se livrent les Français. Le combat aura opposé les accoucheurs de la IIIe République aux précurseurs de la Commune. Il aura préfiguré, déjà, l'affrontement contemporain entre les libéraux réformistes et les révolutionnaires radicaux.
    C'est cette guerre civile dans la guerre globale dont Frédéric Mounier dresse ici le flamboyant et émouvant récit. À la manière journalistique d'un reporter, cinématographique d'un vidéaste, il nous transporte de scène en scène, de personnage en personnage et nous donne à voir, en direct, les espoirs et les colères, les rêves et les saccages, les enthousiasmes et les malheurs de ce tourbillon sur fond de palais et de barricades, de discours et de harangues, de larmes et de sang. Tout en ressuscitant, femmes ou hommes, célèbres ou anonymes, les politiques, les intellectuels, les artistes, les bourgeois, les ouvriers qui furent les acteurs de cette page essentielle de notre histoire.
    Un roman vrai qui se lit d'une traite. Une épopée populaire qui permet à chacune et à chacun de revivre hier comme s'il y était. Une plongée passionnante dans le passé qui éclaire l'actualité.

  • Formations en ligne, stages, applis : la méditation est partout. Son succès révèle en creux le stress, le mal-être diffus ou l'inconsistance de nos existences. Mais la méditation peut-elle tout résoudre ? N'est-ce pas trop lui demander ?
    Sans nier son apport, Bernard Minvielle se tourne vers d'autres maîtres : les spirituels du Carmel. Il dialogue avec eux, les interroge, leur soumet nos questionnements essentiels : Comment libérer sa liberté ? Faut-il avoir peur de la vérité ? L'amour a-t-il ses chemins, ses lois ? Que penser de l'homme ? de Dieu ? Comment prier ? Comment affronter la mort ?
    Loin d'être les hallucinés extatiques que l'on imagine, ces maîtres apparaissent comme des experts en humanité, passionnants, souvent bouleversants, toujours stimulants.
    La force de leurs témoignages et leur profonde sagesse dilatent l'espace de nos vies, bien au-delà des ressources de la méditation et comme à l'infini.
    Ils offrent un traité magistral du métier de vivre.
    Historien et théologien, Bernard Minvielle enseigne la spiritualité au Studium de Notre-Dame de Vie. Il est l'auteur, entre autres, de Qui est mystique ?
    , une somme sur les débats savants en la matière dans l'Europe de la première partie du xxe siècle.

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