Presses de Sciences Po

  • Traduction d'un ouvrage paru en 2018 chez Harvard University Press, le livre de Herrick Chapman propose une relecture de la reconstruction française après 1944. Il raconte ce qu'il appelle la « longue reconstruction », pendant laquelle les élites gouvernementales, les partis, les groupes de pression et les mouvements de citoyens de base n'ont pas su réduire la tension entre démocratie et « technocratie » au fil d'une période dont il montre qu'elle s'étend jusqu'à 1962. Seul pays d'Europe à réaliser sa reconstruction tout en menant deux grandes guerres coloniales, en Indochine puis en Algérie, la France affronta des défis spécifiques pour financer sa reconstruction, proclamer une nouvelle ère de paix et démêler sa "modernisation" du processus de décolonisation.

    Herrick Chapman est un historien américain spécialiste de l'histoire française et professeur à l'Université de New-York.

  • Radicales et fluides : les mobilisations contemporaines Nouv.

    Depuis les mouvements d'occupation des places jusqu'aux Gilets jaunes et aux marches pour le climat, les mobilisations contre les injustices ont changé de visage. Les formes d'engagements pour la justice sociale et écologique, contre le racisme, le sexisme et pour l'antispécisme se sont spécialisées et morcelées. Que nous disent les actrices et acteurs de leurs mobilisations ?



    Réjane Sénac a interrogé 124 responsables associatifs ou de collectifs. À partir de cette enquête, elle dresse un portrait unique des mobilisations contemporaines qui se caractérisent par deux traits principaux : leur radicalité, par les remises en cause qu'elles portent, et leur fluidité, par le refus de l'enfermement dans un cadre fixe et définitif.

    Directrice de recherche CNRS au CEVIPOF, Réjane Sénac enseigne à Sciences Po où elle est membre du comité de pilotage du programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre - PRESAGE. Elle est notamment l'auteur de L'égalité sans condition. Osons nous imaginer et être semblables, (Rue de l'échiquier, 2019) et de Les non-frères au pays de l'égalité, (Presses de Sciences Po, 2017).

  • Certains mondes sociaux font rarement parler d'eux. Celui des jeunes femmes de la campagne, cette partie de la jeunesse qui « ne pose pas problème » a priori, est l'un d'eux.Pour faire entendre la voix de celles qui ont grandi et qui vivent en milieu rural, Yaëlle Amsellem-Mainguy a sillonné des territoires ruraux très divers. Originaires de milieux populaires, les jeunes femmes qu'elle a rencontrées et dont elle restitue le quotidien et les aspirations occupent souvent des emplois au bas de l'échelle, quand bien même leur formation leur permettrait de prétendre à « mieux ».

    Yaëlle Amsellem-Mainguy est sociologue, chargée d'études et de recherche à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) et membre du Centre d'études et de recherches sur les liens sociaux (CERLIS).

  • Apparue dans les années 1960 aux États-Unis, la diplomatie publique s'est beaucoup développée depuis. Son but est d'augmenter l'attractivité et l'influence géopolitique des États grâce à un soft power volontariste. Sont ainsi construites, à l'attention des sociétés, des récits portés par des médias (Russia today ou France 24), des tweets, des instituts culturels, les échanges d'étudiants, etc.
    Première publication consacrée à l'étude la diplomatie publique comme levier de la puissance étatique, cet ouvrage donne à comprendre ces différents usages à travers des chapitres dédiés aux aspects transversaux de la diplomatie publique, des focus consacrés à l'examen d'exemples précis mais aussi une abondante cartographie et infographie en quadrichromie.

    Spécialiste des relations internationales, Christian Lequesne est professeur à Sciences Po. Il est notamment l'auteur d'une Ethnographie du Quai d'Orsay (Editions du CNRS, 2017).
    Avec les contributions de : Maxime Audinet - Sylvain Beck - Pierre Buhler - Rhys Crilley - Alice Ekman - Béatrice Garapon - Auriane Guilbaud - Christian Lequesne - Ilan Manor - Tristan Mattelart - Benjamin Oudet - Stéphane Paquin - Virginie Troit - Earl Wang.

  • Comment l'interdiction de la fracturation hydraulique a-t-elle pu s'imposer en France en quelques mois? Le gouvernement, l'administration publique et ses experts, de puissants lobbies semblaient pourtant s'accorder sur l'intérêt économique de cette exploitation quand le grand public ignorait jusqu'à l'existence des gaz de schiste.
    S'appuyant sur une vaste enquête, ce livre donne à voir la politique en train de se faire. Il rappelle qu'une politique publique n'est pas écrite d'avance : elle est le produit de luttes entre divers acteurs qui mettent l'État sous pression. Menées tantôt dans les arènes discrètes de l'administration ou des lobbies, tantôt dans l'espace médiatique et public, ces batailles du sens permettent de comprendre comment se construisent les politiques publiques.

    Philippe Zittoun est chercheur HDR en science politique à l'Université de Lyon. Ses recherches portent sur le processus de fabrique des politiques publiques.
    Sébastien Chailleux est enseignant-chercheur au Laboratoire Passages (UMR5319) à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

  • Début 2008, les prix agricoles mondiaux s'envolent. Des « émeutes de la faim » éclatent dans soixante pays à travers le monde. Paradoxalement, la production agricole mondiale est alors particulièrement élevée. Le défaut d'anticipation des gouvernements nationaux comme des organisations internationales se fait jour : la sécurité alimentaire ne peut plus être envisagée uniquement comme un problème agricole et de développement. De plus, la traditionnelle vision productiviste de la lutte contre la faim se confronte aux enjeux sanitaires et environnementaux. Pour nourrir neuf milliards de personnes en 2050, le meilleur levier ne serait-il pas de mieux répartir ?

    Cet ouvrage dresse un panorama éclairant de la nouvelle gouvernance de la faim.

    Antoine Bernard de Raymond est sociologue, chargé de rechercher INRA.
    Maîtresse de conférences en sociologie, Delphine Thivet est directrice adjointe du Centre Émile Durkheim.

    avec les contributions de : Arlène Alpha, Pierre-Marie Aubert, Nicolas Bricas, Matthieu Brun, Vincent Cardon, Priscilla Claeys, François Collart Dutilleul, Jessica Duncan, Eve Fouilleux, Nadia Lambek, Florence Pinton, Yannick Sencébé, Sina Schlimmer, Gilles Tétart.

  • Des attentats islamistes que notre pays subit depuis 2012 aux manifestations à dimension émeutière actuelles, nous sommes saturés d'images de violence. La France du XXIe siècle semble s'éloigner de la « civilisation des moeurs » amorcées au XVIe siècle avec la construction de l'État selon la thèse classique de Norbert Élias. La violence politique fait couler beaucoup d'encre, mais sa matérialité est rarement étudiée. C'est ce que propose cet ouvrage, qui effectue un recensement inédit des actes de violence politique en France de 1986 à aujourd'hui. Ce regard à la fois froidement statistique et historique permet d'objectiver la réalité de faits qui font souvent la une d'une actualité anxiogène. S'en dégagent plusieurs évolutions remarquables tranchant avec les représentations communes.

    /> Isabelle Sommier, professeure de sociologie politique à l'Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne et chercheure au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) dirige cet ouvrage en collaboration avec Xavier Crettier, professeur de science politique à Sciences Po Saint-Germain et François Audigier est professeur en histoire contemporaine à l'Université de Lorraine.

  • La France, à l'instar de nombreux autres pays développés, s'est dotée depuis plusieurs décennies d'une organisation de la gestion de crise. Elle dispose d'un arsenal législatif et réglementaire complet, d'institutions spécialisées et de plans d'action. Elle organise régulièrement des exercices de simulation à l'échelle nationale ou locale. Comment expliquer l'impréparation face à la pandémie de la Covid-19 ?
    Les auteurs de cet ouvrage ont recueilli « in vivo » du matériau à chaque étape de la gestion de cette crise. Leur analyse des faits montre que l'exceptionnalité de la situation ne doit pas masquer des défauts de coopération structurels bien connus en sociologie des organisations : cloisonnement, alliances, désaveu du management intermédiaire, etc.
    Un retour d'expérience indispensable.

    Sociologue, Henri Bergeron est directeur de recherches au CSO (Centre de sociologie des organisations, CNRS Sciences Po).
    Directeur de recherches, Olivier Borraz dirige le CSO (CNRS Sciences Po).
    Sociologue, Patrick Castel est chargé de recherche au CSO (CNRS Sciences Po).
    Sociologue, François Dedieu est chargé de recherche à l'INRAE, membre du LISIS (Laboratoire interdisciplinaire sciences innovations sociétés).

  • « Sympathiques » ou « khmers verts », « idéalistes » ou « arrivistes », les militants écologistes ont une image très contrastée auprès des commentateurs de la vie politique comme de la population française. Le principal parti vert hexagonal, Europe écologie les verts (EELV), passe pour une organisation divisée, « coupeuse de têtes » et cacophonique. Contrairement à d'autres militants, leurs moeurs et pratiques quotidiennes sont aussi exposés à la critique que leurs positions politiques, environnementales et sociales.Écrite à hauteur d'adhérent, cette enquête revient sur trente ans d'un parti qui entend faire de la politique autrement. Elle interroge les implications d'un engagement chez les Verts, de la prise de carte à la formation de semi-professionnels de la politique.

    /> Vanessa Jérôme est politiste, docteure associée au CESSP/Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste du parti écologiste français, ses recherches portent sur l'engagement militant, la socialisation politique, le métier politique et les violences sexistes et sexuelles en politique.

  • La République est trop souvent en France réduite à un slogan - "Vive la République!", prononcé comme allant de soi. Ceux qui l'invoquent le font toujours au nom des menaces qui pèsent sur elle, nous conjurant de les rejoindre pour la défendre. Mais que s'agit-il de défendre ? Sommes-nous au clair sur ce qu'elle représente, comme héritage à préserver, comme promesse à honorer ?Dans ce bref et alerte essai, Jean Picq nous invite à découvrir les sources originelles de l'idée de république. En pointant ces moments clés où se cristallisent des représentations politiques et s'affirment des principes de vie commune, il relate la singularité d'une histoire, la nôtre, par rapport à celle de nos voisins.

    Ancien président de la troisième chambre de la Cour des Comptes et professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris, Jean Picq est notamment l'auteur de Politique et religion. Relire l'histoire, éclairer le présent (Presses de Sciences Po, 2016).

  • Face à la critique du système représentatif, la démocratie délibérative est de plus en plus fréquemment invoquée. Cet ouvrage revient, grâce aux contributions d'une quinzaine de spécialistes français et internationaux, sur les manières multiples de penser la démocratie délibérative mais aussi ses limites.

    Loïc Blondiaux est professeur de science politique à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP, EHESS-Paris-1-CNRS).

    Bernard Manin est philosophe, directeur d'études à l'EHESS et professeur de science politique à New York University.

  • Se dire d'un bord ou de l'autre a-t-il encore un sens aujourd'hui ? N'a-t-on pas élu en 2017 un président qui s'affirme « et de droite et de gauche » ? La politiste Janine Mossuz-Lavau, qui sonde les Français depuis les années 1970, constate au contraire la persistance du clivage droite-gauche.

    En s'intéressant aux valeurs que les citoyens placent derrière ces deux mots plutôt qu'aux théories politiques ou aux programmes des partis, elle relève la constance d'une opposition, à travers les époques, dans le rapport au reste du monde, dans les aspirations pour soi-même et pour les autres, dans la place que l'on accorde à l'argent et au travail, etc.

    Certes, à mesure que la gauche se « démarxise » et que la droite se « déchristianise », les antagonismes perdent de leur violence, mais la polarisation politique, inscrite dans l'histoire hexagonale depuis plus de trois cents ans, n'a rien perdu de sa vigueur au XXIe siècle.



    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

    Elle est notamment l'auteur de Les Français et la politique. Enquête sur une crise, Odile Jacob, 1994 et de La Vie sexuelle en France. Comment s'aime-t-on aujourd'hui ?, Points, 2019 [La Martinière, 2018].

    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Elle est notamment l'auteur de Les jeunes et la gauche, Presses de Sciences Po, 1979 et de La vie sexuelle en France (l'enquête sans tabous), La Martinière, 2018.

  • La financiarisation de l'économie est une des lignes de force de la transformation du capitalisme. Elle passe par un changement des règles du jeu : suppression des règles qui empêchent la logique financière de s'exprimer pleinement, établissement de normes professionnelles qui ancrent cette logique financière dans la pratique quotidienne.

    La directive Solvabilité II, adossées aux développements les plus radicaux des mathématiques financières, incarne ce double mouvement. Appliquée depuis 2016, cette réforme du secteur assurantiel ne sépare plus la gestion des risques de l'optimisation de son activité. Alors que cette confusion est à l'origine de la crise de 2008, comment comprendre qu'elle ne soit pas mise en cause ? Une enquête sur le capitalisme contemporain.

    Sociologue et directeur de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations (CSO), Pierre François dirige l'école doctorale de Sciences Po. Ses travaux portent notamment sur la sociologie des entreprises et de leurs dirigeants.

  • Mouvements des « sans », des parapluies, des places, mais aussi Mai 68, grèves contre la « Loi travaille », mobilisations féministes et homosexuelles, contre-sommets altermondialistes, blocages d'universités, gilets jaunes... les mouvements sociaux constituent une composante essentielle et en constante évolution de la vie politique et sociale.

    Ce dictionnaire répertorie l'ensemble des concepts clés, traditionnels ou plus récents, pour les appréhender les formes contemporaines de la contestation.

    Olivier Fillieule est professeur de sociologie politique à l'Université de Lausanne (IEPHI-CRAPUL) et directeur de recherche au CNRS (CESSP, Paris-1-Panthéon-Sorbonne).

    Lilian Mathieu est directeur de recherche au CNRS (Centre Max Weber, ENS de Lyon).

    Cécile Péchu est maîtresse d'enseignement et de recherche à l'UNIL.

  • « Le mot "international", j'en conviens, est nouveau ; bien que, j'espère, clair et explicite. » Ainsi s'exprimait le philosophe Jeremy Bentham en 1781 lorsqu'il conçut ce néologisme.Si le terme est passé dans le langage courant au XVIIIe siècle, avec la prise de conscience de l'essor des États-nations et de la multiplication des transactions entre eux, la discipline des Relations internationales a tardé à s'imposer dans le champ des sciences sociales, en France particulièrement. Pourtant, l'étude savante de ce qui se passe sur la scène internationale aide à comprendre le monde.Pédagogique et exhaustif, cet ouvrage destiné aux étudiants, enseignants, diplomates et journalistes, s'y emploie. Il présente l'environnement intellectuel et historique de la discipline, ses paradigmes, ses concepts et débats structurants, et s'interroge sur les liens entre théorie et pratique. Il propose un état de l'art en ce début de XXIe siècle, en France et dans le monde.Cette sixième édition, augmentée de deux chapitres sur l'apport des études féministes et sur la diplomatie, met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies de ce vaste champ d'étude.

  • Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons... On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n'en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s'observe dans l'éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.

    Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d'ordre « naturel », entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.

    Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l'invoquer à tout propos, qu'il s'agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l'idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.

  • Une histoire globale (XVIIIe-XIXe siècles)

    Les récits de Conrad m'accompagnent depuis mon enfance. À cette époque, j'aimais surtout l'aventure, le bruit et le parfum de la mer. [...] Je pensais avoir mis de côté Conrad

    jusqu'à ce que, il y a quelques années, un ami [...] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ?

    Le livre de l'historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l'écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l'océan Indien. Il s'achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits.

    De la pensée des Lumières à l'évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l'histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu'en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d'une difficile émancipation.

    Directeur d'études à l'EHESS et directeur de recherche CNRS, Alessandro Stanziani a notamment publié Les Entrelacements du monde. Histoire globale, pensée globale (CNRS Éditions, 2018).

    Directeur de recherche CNRS, Alessandro Stanziani est directeur d'études à l'EHESS. Il est notammment l'auteur de Les entrelacements du monde. Histoire globale, pensée globale (CNRS éditions, 2018).

  • Assurer la représentation de l'État à l'étranger, protéger ses ressortissants, collecter de l'information, promouvoir les intérêts nationaux, négocier... les missions de la diplomatie se sont enrichies et complexifiées depuis le xixe siècle et les acteurs qui l'incarnent se sont diversifiés.

    Mêlant histoire sociale, culturelle et politique, Laurence Badel retrace les évolutions des pratiques diplomatiques des pays de l'Europe et relate la lente construction d'une diplomatie européenne.

    Laurence Badel est professeure d'histoire à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Plus connu sous le nom de COMECON, son acronyme anglais, le Conseil d'aide économique mutuelle (CAEM) a été fondé en janvier 1949 par l'URSS et ses partenaires des démocraties populaires. L'histoire de cette organisation internationale, dissoute en 1991, soulève un paradoxe : malgré l'échec de sa vocation première - permettre la coopération économique au sein du bloc de l'Est - elle a connu une remarquable stabilité politique.La recherche historique menée par Simon Godard en s'appuyant sur de riches archives méconnues, permet de dépasser ce paradoxe en montrant le rôle véritable de cette institution dans l'univers de l'internationalisme. À travers elle, il renouvelle la connaissance du bloc soviétique dans le contexte de la guerre froide.

    Simon Godard est maître de conférences à Sciences Po Grenoble.

  • L'islam de France a cessé de se faire discret. Les jeunes générations désirent lui faire une place et, à travers lui, affirmer leur identité, dénoncer les discriminations, voire contester un modèle de société.
    L'engouement religieux et le communautarisme menacent-ils pour autant les libertés individuelles, la cohésion sociale et la paix ? Guerres et attentats menés au nom du fondamentalisme ne sont pas propices à l'analyse raisonnée ; c'est à elle pourtant que prétend cet ouvrage. Ni angélisme ni alarmisme du côté des auteurs, plutôt une analyse des faits à partir d'enquêtes de terrain et de témoignages. On y croise des étudiantes voilées, des entrepreneurs, des mères d'élèves de quartier sensible, des jeunes actifs de retour d'un pèlerinage à la Mecque, des délinquants rejoignant un islam rigoriste, des jeunes repérés par la Protection judiciaire pour « radicalisation ».
    Les écouter, prendre au sérieux leurs opinions, comprendre leur cheminement et interroger leurs rapports à la société et à la République, voilà des clés pour éclairer le jugement, combattre quelques idées fausses et mieux vivre ensemble.

    Lætitia Bucaille, vice-président de l'INALCO, et Agnès Villechaise, maîtresse de conférence à l'Université de Bordeaux, ont dirigié cet ouvrage auquel ont contribués:
    Vincent Tiberj, Leila Seurat, Sarah Aïter, Fabien Truong, Geneviève Zoïa, Laurent Visier, Laurent Bonelli et Fabien Carrié.

  • « Chercheur embarqué », Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l'été 2015 et l'automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l'évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet. Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L'objectif, scientifique, n'était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s'est faite dans les pratiques.
    Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

    Professeur de science politique à l'Université de Montréal, Frédéric Mérand y dirige le Centre d'études et de recherches internationales (CÉRIUM).

  • La lutte contre la pauvreté connaît une transformation majeure depuis la fin du XXe siècle. Longtemps au coeur d'une politique sociale inclusive, « les pauvres » sont désormais une catégorie d'individus qu'une administration tatillonne stigmatise, tout en leur dispensant d'insuffisantes prestations. Comment est-on passé d'un idéal d'insertion sociale à l'injonction de traverser la rue pour trouver un emploi ?
    Pour comprendre cette évolution, Frédéric Viguier retrace l'histoire de la cause des pauvres depuis 1945. Il décrit notamment le travail mené par des associations comme ATD Quart Monde ou la Fédération des acteurs de la solidarité dans les campements et les cités de transit de l'après-guerre et la façon dont elles ont, au fil des ans, porté cette cause sur les scènes administratives, politiques, médiatiques et scientifiques. Un combat qui s'est souvent soldé par des victoires à la Pyrrhus face aux représentants des hautes sphères de l'État social et à leur conception d'une bonne action publique.

    Normalien, agrégé de philosophie et docteur en sciences sociales, Frédéric Viguier enseigne les sciences sociales à l'Institut d'études françaises de New York University.

  • Si la crise de 2008 a généré un contexte budgétaire, financier et monétaire plus contraint, l'après-2008 a été l'occasion d'une politisation croissante des enjeux budgétaires et financiers notamment au niveau européen. La continuité a souvent prévalu au niveau national sur les politiques financières, mais aussi de défense, environnementales, de santé, etc. Partout, pourtant, l'emprise des acteurs financiers sur des questions budgétaires a demeuré.

    Sabine Saurugger est professeure de science politique, membre de l'UMR Pacte et directrice de Sciences Po Grenoble-UGA.

    Patrick Hassenteufel est professeur de science politique à l'université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

  • Une histoire unique en Europe, celle d'un État, la Bulgarie, qui s'est allié au Reich, mais qui a refusé de déporter sa communauté juive.
    Ce récit du « sauvetage des Juifs bulgares » s'est imposé alors que, dans les territoires occupés par ce pays entre 1941 et 1944, la presque totalité des Juifs furent raflés, convoyés vers la Pologne et exterminés.
    Comment comprendre qu'une seule facette d'un passé complexe ait fait l'objet d'une transmission prioritaire, pendant la période communiste et après ?
    Dans une vaste enquête, Nadège Ragaru étudie la mise en écritures ou en silences des persécutions anti-juives dans les récits des historiens, dans les tribunaux mais aussi au cinéma. Elle jette ainsi un éclairage nouveau sur les usages publics du passé depuis la guerre froide jusqu'à nos jours.

    Nadège Ragaru, historienne et politiste, est chercheure à Sciences Po (CERI-CNRS) où elle enseigne l'histoire et l'historiographie de la Shoah à l'Est de l'Europe, ainsi que l'histoire culturelle des communismes est-européens.

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