Sciences humaines & sociales

  • En cet après-guerre, les grandes villes ont changé de structures, de fonction et de nom. Elles sont devenues des métropoles. Ces métropoles ont mal tourné. Elles sont aujourd'hui communément maudites. Pourtant, il y a une douzaine d'années seulement, les autorités, à l'avance, les béatifiaient. Comment expliquer cet échec urbain ? Une certaine idéologie anti-ville se repaît de banalités et fait diversion. Elle prophétise la fin des villes, sans élucider les raisons véritables de la crise actuelle de la ville. Les villes sont un mode d'être de la société. La métropole est devenue la formation urbaine dominante, parce que la sorte de concentration qui s'opérait en elle, constituait un facteur de croissance économique. Elle correspondait à la fois aux conditions nouvelles du développement de la production, et à l'évolution interne des rapports sociaux dans le capitalisme avancé, dont la couche sociale monopoliste était devenue la force motrice. Elle avait, par là-même, pour fonction sociale de consolider et d'amplifier l'hégémonie des classes dirigeantes. C'est ainsi que la politique urbaine de l'État a été axée sur le développement des métropoles. Leur aménagement fut, essentiellement et prioritairement, conçu en fonction de la production et de l'accumulation du capital. Cette déviation économiste, qui est structurelle, est la raison principale de leur mal aménagement, qui est à l'origine de la crise de la ville. Que valent les palliatifs proposés ? La politique des villes moyennes apparaît comme une bien curieuse affaire. La prolifération des néo-villages dans les parages lointains des aires métropolitaines et les villes nouvelles, ne font que confirmer la prépondérance des métropoles. Alors, que faire ? Penser se libérer individuellement en fuyant la ville, est une utopie inopérante. La lutte socio-politique, collective, à la fois revendicative, politiquement consciente, et s'articulant à l'ensemble du combat démocratique, peut, seule, permettre de libérer la ville.

  • Ce discours de la méthode marque une rupture avec la tradition scolastique qui est jugée trop « spéculative » par Descartes. Dans ce discours, Descartes expose son parcours intellectuel de façon rétrospective et de manière critique. Il propose une méthode composée de quatre règles afin d'éviter toute erreur et développe ainsi une philosophie du doute, visant à reconstruire le savoir sur des fondements certains, s'inspirant de la certitude exemplaire des mathématiques. « Je pense donc je suis » permettra à Descartes de sortir de ce fameux doute philosophique et servira de premier principe...

  • Peut-etre avons-nous honte aujourd'hui de nos prisons. Le XIXe siccle, lui, était fier des forteresses qu'il construisait aux limites et parfois au cur des villes. Ces murs, ces verrous, ces cellules figuraient toute une entreprise d'orthopédie sociale.
    Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D'ou vient cette étrange pratique et le curieux projet d'enfermer pour redresser, que portent avec eux les Codes pénaux de l'époque moderne? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siccle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre ´r la fois Tdociles et utilest. Surveillance, exercices, manuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manicre d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siccles classiques, dans les hôpitaux, ´r l'armée, dans les écoles, les collcges ou les ateliers : la discipline.
    La prison est ´r replacer dans la formation de cette société de surveillance.
    La pénalité moderne n'ose plus dire qu'elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne ´r partir d'une histoire politique des corps?

  • Vert
    Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s'en trouve presque autant pour le détester. Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance d'un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l'autre.
    Chimiquement instable, le vert a été apparenté à tout ce qui était changeant : l'enfance, l'amour, la chance, le jeu, le hasard, l'argent. Ce n'est qu'à l'époque romantique qu'il est définitivement devenu la couleur de la nature, puis celle de la santé, de l'hygiène et enfin de l'écologie. Aujourd'hui, l'Occident lui confie l'impossible mission de sauver la planète.
    Michel Pastoureau retrace avec un talent inégalable la longue histoire sociale, artistique et symbolique du vert dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu'à nos jours.
    Michel Pastoureau
    Historien, spécialiste des couleurs, des images, des emblèmes et du bestiaire, Michel Pastoureau est directeur d'études émérites à l'École pratique des hautes études. Il a notamment publié au Seuil L'Étoffe du diable, Bleu, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental et L'Ours, tous disponibles en " Points Histoire ".

  • Noir
    Couleur de la mort et de l'enfer, le noir n'a pas toujours été une couleur négative. Au fil de son histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l'élégance et la modernité.
    Du noir des moines et des pirates au noir des peintres et des couturiers, Michel Pastoureau retrace la destinée européenne de cette couleur pas comme les autres. Il s'attache à cerner sa place dans les faits de langue, les pratiques sociales, la création artistique et le monde des symboles. Couleur à part entière jusqu'à ce que l'invention de l'imprimerie puis les découvertes de Newton lui donnent le statut particulier de non-couleur, le noir dévoile ici une histoire culturelle extrêmement riche, depuis les mythologies des origines jusqu'à son triomphe au XXe siècle.
    Michel Pastoureau
    Historien, spécialiste des couleurs, des images et des symboles, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il a notamment publié L'Étoffe du diable, Bleu, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental et L'Ours.

  • Bleu
    L'histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d'un complet renversement : pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu ; elle est même désagréable à l'œil. Or aujourd'hui, partout en Europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge).
    L'ouvrage de Michel Pastoureau raconte l'histoire de ce renversement, en insistant sur les pratiques sociales de la couleur (étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, depuis les sociétés antiques et médiévales jusqu'à l'époque moderne. Il analyse également le triomphe du bleu à l'époque contemporaine, dresse un bilan de ses emplois et significations et s'interroge sur son avenir.
    Michel Pastoureau
    Historien, spécialiste des couleurs, des images et des symboles, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il a notamment publié L'Étoffe du diable, Le Petit Livre des couleurs (avec Dominique Simonnet) et Noir.

  • Suite à la condamnation à mort et à l'exécution de Jean Calas, père de famille huguenot injustement accusé d'homicide, Voltaire écrit ce texte sur la tolérance, plaidoyer contre l'injustice des hommes...

  • Ce livre est une étude comparative, narrative et exploratoire des crises et des changements sélectifs survenus au cours de nombreuses décennies dans sept nations modernes : la Finlande, le Japon, le Chili, l'Indonésie, l'Allemagne, l'Australie et les États-Unis.
    Les comparaisons historiques obligent, en effet, à poser des questions peu susceptibles de ressortir à l'étude d'un seul cas : pourquoi un certain type d'événement a-t-il produit un résultat singulier dans un pays et un très différent dans un autre ?
    L'étude s'organise en trois paires de chapitres, chacune portant sur un type différent de crise nationale. La première paire concerne des crises dans deux pays (la Finlande en 1940 et le Japon des années 1850) qui ont éclaté lors d'un bouleversement soudain provoqué par un choc extérieur au pays. La deuxième paire concerne également des crises qui ont éclaté soudainement, mais en raison d'explosions internes (le Chili en 1973 et l'Indonésie en 1965). La dernière paire décrit des crises qui n'ont pas éclaté d'un coup, mais se sont déployées progressivement (en Allemagne après 1945 et en Australie dans les années 1970), notamment en raison de tensions déclenchées par la Seconde Guerre mondiale.
    L'objectif exploratoire de Jared Diamond est de déterminer une douzaine de facteurs, hypothèses ou variables, destinés à être testés ultérieurement par des études quantitatives. Chemin faisant, la question est posée de savoir si les nations ont besoin de crises pour entreprendre de grands changements, et si les dirigeants produisent des effets décisifs sur l'histoire.
    Tout en respectant la volonté première de ne pas discuter d'une actualité trop proche qui, faute de distance et perspective, rendrait le propos rapidement obsolète, un Après-propos, propre à l'édition française, esquisse, en l'état des données au printemps 2020, une réflexion sur la pandémie de la Covid-19.

  • « Stress », « burn out » ou « charge mentale » : les xxe et xxie siècles ont vu une irrépressible extension du domaine de la fatigue. Les épuisements s'étendent du lieu de travail au foyer, du loisir aux conduites quotidiennes. Une hypothèse traverse ce livre : le gain d'autonomie, réelle ou postulée, acquis par l'individu des sociétés occidentales, la découverte d'un « moi » plus autonome, le rêve toujours accru d'affranchissement et de liberté ont rendu toujours plus difficile à vivre tout ce qui peut contraindre et entraver.
    Que nous est-il arrivé ?
    Ce livre novateur révèle une histoire encore peu étudiée, riche de métamorphoses et de surprises, depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours. Les formes « privilégiées » de fatigues, celles qui mobilisent les commentaires, celles qui s'imposent en priorité aux yeux de tous, évoluent avec le temps. Les symptômes de la fatigue se modifient, les mots s'ajustent (« langueur », « dépérissement », « pénibilité »...), des explications se déploient, des degrés se précisent, des revendications se font jour.
    Un parcours passionnant qui croise histoire du corps et de sensibilités, des structures sociales et du travail, de la guerre et du sport, jusqu'à celle de notre intimité. Pour éclairer tout autrement notre présent.

  • « L'ouvrage de Rutger Bregman m'a fait voir l'humanité sous un nouveau jour », Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens.

    Ce livre expose une idée radicale.

    C'est une idée qui angoisse les puissants depuis des siècles. Une idée que les religions et les idéologies ont combattue. Une idée dont les médias parlent rarement et que l'histoire semble sans cesse réfuter.

    En même temps, c'est une idée qui trouve ses fondements dans quasiment tous les domaines de la science. Une idée démontrée par l'évolution et confirmée par la vie quotidienne. Une idée si intimement liée à la nature humaine qu'on n'y fait souvent même plus attention.

    Si nous avions le courage de la prendre au sérieux, cela nous sauterait aux yeux : cette idée peut déclencher une révolution. Elle peut mettre la société sens dessus dessous. Si elle s'inscrit véritablement dans notre cerveau, elle peut même devenir un remède qui change la vie, qui fait qu'on ne regardera plus jamais le monde de la même façon.

    L'idée en question ?

    La plupart des gens sont bons.

    Captivant et inspirant, formidable succès partout dans le monde, Humanité ouvre avec humour, sérieux et pédagogie de nouveaux horizons. Et si nous étions plutôt bons ? Et si un livre pouvait changer le monde ?

    Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman est l'auteur du génial Utopies réalistes, best-seller traduit dans plus de trente pays.

    Traduit du néerlandais par Caroline Sordia et Pieter Boyekens

  • Au cours des dernières décennies, la plupart des sociétés se sont faites plus répressives, leurs lois plus sévères, leurs juges plus inflexibles, et ceci sans lien direct avec l'évolution de la délinquance et de la criminalité. Dans ce livre, qui met en œuvre une approche à la fois généalogique et ethnographique, Didier Fassin s'efforce de saisir les enjeux de ce moment punitif en repartant des fondements mêmes du châtiment.
    Qu'est-ce que punir ? Pourquoi punit-on ? Qui punit-on ? À travers ces trois questions, il engage un dialogue critique avec la philosophie morale et la théorie juridique. Puisant ses illustrations dans des contextes historiques et nationaux variés, il montre notamment que la réponse au crime n'a pas toujours été associée à l'infliction d'une souffrance, que le châtiment ne procède pas seulement des logiques rationnelles servant à le légitimer et que l'alourdissement des peines a souvent pour résultat de les différencier socialement, et donc d'accroître les inégalités.
    À rebours du populisme pénal triomphant, cette enquête propose une salutaire révision des présupposés qui nourrissent la passion de punir et invite à repenser la place du châtiment dans le monde contemporain.
    Didier Fassin est professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS. Il est notamment l'auteur, au Seuil, de La Force de l'ordre (2011) et de L'Ombre du monde (2015).

  • Sur le rêve
    " Je me suis rendu compte un jour, à ma grande surprise, que ce n'était pas la conception médicale du rêve, mais la conception profane à moitié prisonnière encore de la superstition qui s'approchait de la vérité. Je suis parvenu en effet à de nouvelles lumières sur le rêve en lui appliquant une nouvelle méthode qui m'avait rendu d'excellents services pour résoudre les phobies, les idées obsessionnelles, délirantes, etc., et qui depuis sous le nom de "psychanalyse' a trouvé un accueil auprès de toute une école de chercheurs. "
    Sigmund Freud
    Traduit de l'allemand par Jean-Pierre Lefebvre
    Présentation, notes et bibliographie par Fabien Lamouche

  • Plus encore qu'une stratégie de défense ou un élément de la stature internationale de la France, la dissuasion nucléaire est une ambition nationale. Elle trouve sa source dans l'Histoire, emporte avec elle un effort scientifique, industriel et militaire considérable. Elle est le résultat d'une vision stratégique de très long terme, et se concrétise sur le terrain, dans les airs ou sous la mer, par l'engagement des soldats, aviateurs et marins qui, jour et nuit, protègent inlassablement les intérêts vitaux de la nation.

    Cet ouvrage plonge le lecteur au coeur de la dissuasion nucléaire, à travers l'histoire, la doctrine, les questions éthiques qu'elle soulève et les principales opérations nucléaires aéroportées telles que Poker, emblématique mission des Forces aériennes stratégiques reproduisant un raid de frappes nucléaires. Après trente ans au service de la France, le général Bruno Maigret nous offre, par ce témoignage inédit, son regard sur un outil politique qui est à la racine des grands choix stratégiques français.


  • Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.
    Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.

    Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal
    Au Pilori.

    Ayant mis au jour les archives judiciaires concernant les quelque 240 Parisiens jugés, après la guerre, pour dénonciation de juifs sous l'Occupation, Laurent Joly interroge la figure du délateur, décrypte sa mentalité, ses mobiles, ses justifications. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942.

    Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu'aux dernières heures de l'Occupation.

    La délation contre les juifs n'est pas ce phénomène de masse que l'on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n'en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.

  • Ce livre entreprend de relater et de clarifier, à destination d'un large public, le poids encore très actif de l'esclavage dans nos sociétés. Reprenant les grandes étapes qui ont mené de l'esclavage méditerranéen puis africain et atlantique aux processus de colonisation européenne dans trois continents (Afrique, Amérique et Asie), il donne les clés historiques de la définition de la race et dévoile ses fondements économiques, anthropologiques et politiques.
    Parce qu'elle est aussi celle des notions de liberté, d'égalité, de travail et qu'elle engage nos identités, l'histoire de l'esclavage tire le fil de la construction de l'Europe et révèle l'ordre racial qui régit notre monde contemporain.
    Aurélia Michel
    Née en 1975, elle est historienne, maîtresse de conférences en histoire des Amériques noires à l'université Paris-Diderot et chercheure au Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA). Elle a notamment contribué au scénario du documentaire Les Routes de l'esclavage diffusé sur Arte en 2018.

  • La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ?
    Alice Miller dénonce les méfaits de l'éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l'enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l'origine de la pire violence, celle que l'on s'inflige à soi-même ou celle que l'on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l'âme enfantine.
    Cette « pédagogie noire », selon l'expression de l'auteur, est illustrée par des textes desXVIIIe et XIXe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d'enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d'un jeune infanticide allemand et enfin celle d'Adolf Hitler, que l'on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.

  • Élie : "... Au fond, un homme c'est comme un animal, tu le tranches sur la tête ou sur le cou, il s'abat de soi. Dans les premiers jours, celui qui avait abattu des poulets, et surtout des chèvres, se trouvait avantagé ; ça se comprend. Par la suite, tout le monde s'est accoutumé à cette nouvelle activité et a rattrapé son retard... Le boulot nous tirait les bras...
    ... Personne ne peut avouer l'entière vérité. Sauf à se damner aux yeux des autres. Et ça, c'est trop grave. Mais un petit nombre commencent à raconter des bouts terribles. C'est grand-chose... Les fauteurs savent plus que des souvenirs et des précisions élémentaires, ils ont des secrets dans l'âme..."
    Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce "brouhaha" de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

  • Marc Augé poursuit ici l'exploration d'un univers païen, auquel il s'est intéressé à plusieurs reprises et dont l'Afrique lui paraît offrir quelques illustrations remarquables. "Comment peut-on adorer le bois et la pierre ?" se demandaient les missionnaires chrétiens et quelques ethnologues. Tout l'objet de ce livre vise à proposer une réponse à cette question un peu angoissée. L'auteur montre que l'univers animiste est une fascinante pensée de la relation. A l'interrogation ci-dessus, les prêtres des dieux du Bénin répondent qu'entre la matière et la vie, entre hommes et dieux, ou morts et vivants, il n'y a pas plus solution de continuité qu'entre le même et l'autre. Legba, par exemple, dieu personnel par excellence, est plus que tous les autres imprégné d'humanité. C'est dans le rapport aux autres, qui passe par les dieux, que s'éprouve la singularité de chaque destin et le rapport de soi à soi. Telle est la problématique de ce livre. Mais c'est de la manière la plus concrète que Marc Augé nous révèle que la religion africaine est également une philosophie aux profondes questions et aux subtiles réponses, que nous ne devrions pas trouver absolument étrangères à nos propres capacités symboliques.

  • " La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des deux "puissances célestes', l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ? "
    Sigmund Freud
    Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary
    Présentation, notes et bibliographie par Clotilde Leguil

  • Replongez-vous dans cet univers passionnant de la grammaire française ! Approchez, approchez ! Faites votre marché dans les 23 chapitres de la grammaire facile ! Emportez nos adjectifs de couleur, adoptez notre règle d'accord du participe passé, fouillez dans nos boîtes à pronoms, à conjonctions, questionnez les verbes, acceptez tous nos compléments, faites-vous un ami de Monsieur Céodé, examinez nos propositions relatives, conjonctives, dissipez tous vos petits doutes, définitivement ! Vous voilà paré pour identifier n'importe quel type d'erreur, garantir à toutes vos phrases l'équilibre et la clarté, communiquer de façon efficace et performante, vous voilà enfin réconcilié avec la grammaire puisque vous comprenez à quoi elle sert ! Ce n'est pas trop tôt !

  • Réparer l'intime, l'atelier de la maison des femmes Nouv.

    « Une femme sur trois est victime de violences, vous en avez forcément rencontré, peut-être sans le savoir. Je vous invite à découvrir nos guerrières de l'ombre, nos héroïnes. Ici elles parlent, créent et se recréent. » Ghada Hatem

    L'atelier d'art de Louise et Clémentine joue un rôle décisif pour la reconstruction des femmes brisées par la violence, souvent persuadées d'être des rebuts de la société. À travers la création de bijoux, la photo et le dessin, il leur permet de se réinventer, de retrouver leur estime de soi, et de reprendre le contrôle de leur vie.
    Ce livre voudrait partager l'aventure de cet atelier et le témoignage de ses participantes, leurs parcours, leurs émotions. Vous les entendrez dialoguer avec les autrices, verrez leurs créations et leurs photos, ponctuées par les éclairages de la Dr Ghada Hatem, fondatrice de La Maison des femmes.
    C'est d'une grande beauté de voir ces femmes se remettre debout. Si leurs récits font parfois désespérer de l'humanité, leur résilience redonne foi en l'être humain.

    Louise Oligny est photographe, vidéaste. Après avoir beaucoup travaillé pour la presse, elle s'est tournée vers des projets plus artistiques.
    Clémentine du Pontavice est auteure de livres et de podcasts pour enfants, illustratrice engagée et créatrice de bijoux. Dernier ouvrage paru, avec Ghada Hatem : Le sexe et l'amour dans la vraie vie (First, 2020)
    Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue-obstétricienne, est la fondatrice de la célèbre Maison des femmes à Saint-Denis (93) qui accueille depuis juillet 2016 les femmes victimes de violences. L'atelier de Louise et Clémentine y a lieu chaque semaine.

    Clémentine du Pontavice est une autrice illustratrice engagée. L'ensemble de son travail tourne autour d'une démarche citoyenne.

    Louise Oligny est photographe, vidéaste. Québécoise elle vit en France depuis plusieurs années. Après avoir beaucoup travaillée pour la presse, elle s'est tournée vers des projets plus artistique.

    Depuis quelques années, elle intervient à la Maison des Femmes au sein de l'atelier qu'elle a créé avec Clémentine du Pontavice « Réparer l'intime »

  • La souveraineté invisible : perspectives sur une humanite qui vient Nouv.

    Ces huit essais inédits de Martin Buber témoignent de la permanence de la réflexion politique chez ce penseur du judaïsme. Proche de Gustav Landauer, Buber a su associer une réflexion profondément ancrée dans la spiritualité à un attachement jamais démenti envers la pensée anarchiste sous ses formes les plus variées. Ce volume en témoigne, où la question n'est pas tant celle du 'socialisme', que celle des pratiques de la politique qui ont pu nourrir une réflexion sur la question des utopies réalisables. Qu'il s'agisse de la non-violence, prônée par Ghandi, ou de la désobéissance civile théorisée par Thoreau, Martin Buber tresse autour de l'idée d'un principe politique non dogmatique les fils multiples d'une action alternative en vue d'un nation sans État autour de l'idée de communauté.

    Martin Buber (Vienne 1878-Jérusalem 1965) a enseigné à l'université de Francfort, avant de quitter l'Allemagne pour Jérusalem en 1938, pour les raisons que l'on sait. Il rejoint alors un groupe d'amis qui oeuvraient en Palestine mandataire au sein de mouvements prônant la solution d'une terre pour deux peuples. On peut lire lui en français Utopie et socialisme (1952), ou la biographie: Martin Buber, sentinelle de l'Humanité, par Dominique Bourel. À L'éclat on peut lire: Communauté, paru en 2018.

  • Revivre après une épreuve Nouv.

    Réapprendre à vivre quand le pire vous est arrivé.
    Comment se relever après un deuil, une maladie, un accident, une catastrophe, un échec, une ruine, une rupture ? Où puiser la force de vivre et les ressources pour se reconstruire ? Et à quoi bon vivre, si c'est seulement pour survivre ? De la psychologie de la résilience aux philosophies existentialistes en passant par la sociologie clinique, ce livre offre un cheminement entre théories et expériences. Il dessine un panorama actualisé des réponses à cette question qui hante l'humanité depuis son aube : comment réinvestir sa vie après une cassure intérieure...

  • La construction de soi rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l'âme. Ici, les philosophes sont interpellés et mis à l'épreuve. Tour à tour, le lecteur côtoie Boèce, Épicure, Schopenhauer, Spinoza ou Etty Hillesum. Ces guides présentent des voies pour se dégager du passé, des regrets ou de la haine de soi. Ils invitent à se libérer du regard d'autrui et ouvrent au risque de l'acceptation.
    Alexandre Jollien propose un dialogue intérieur qui prend la forme d'une correspondance adressée à Dame Philosophie, cette figure allégorique dont Boèce imagina recevoir la visite alors qu'il attendait dans sa prison d'être exécuté. Dans cet itinéraire, l'auteur esquisse le portrait de Dame Frayeur et de la Mort, avec lesquelles il faut bâtir une vie. Ces lettres entendent dépeindre un état d'esprit qui tente de répondre à l'invite de Spinoza : " Bien faire et se tenir en joie ".

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