Fantasy & Science-fiction

  • Datant de la grande époque de la SF américaine, L'Aiguille de Costigan, est un roman aventureux qui joue sur le ressort de l'expérience spatio-temporelle en y impliquant tout un groupe qui se retrouve téléporté en une terre lointaine et inhospitalière suite à l'explosion malveillante de l'invention hasardeuse d'un génie. Sa trouvaille : un dispositif en forme d'aiguille qui fait disparaître la main quand on l'y plonge... Agrandissant le procédé, il a permis d'y mettre des hommes tout entiers, découvrant ainsi un monde parallèle. Projetés dans cet ailleurs incompréhensibles, ces Robinsons réunis par le hasard vont tenter d'inventer une nouvelle civilsation avec pour certains l'obsession de revenir. C'est sans compter sur ce qui fait le charme d'une civilisation...

    Jerry Sohl (1913-2002) fait partie de ces brillants seconds couteaux de la SF américaine. Il n'a connu qu'une brève période de créativité dans le domaine romanesque avant de se consacrer avec succès à l'écriture de scénarios, notamment pour Star Trek, Twilight Zone et les séries d'Alfred Hitchcock. On lui doit moins de dix livres dont La révolte des femmes (Gallimard, le rayon fantastique), Soleil de mort, (P. de la Cité) et L'invention du Pr Costigan en 1953 (R.Laffont, 1967 repris en Folio).

  • Ils ont fui la terre depuis des siècles et fondé une civilisation de l'espace qui évolue dans l'univers sans jamais se fixer sur une planète : les Stelléens, rebelles devenus pacifistes, n'ont qu'un ennemi, puissant et impitoyable, qui les menace avec de plus en plus d'âpreté. C'est dans l'une de leurs cités qu'est recueilli le soldat Tinkar, Terrien tombé dans le vide après la panne de son vaisseau : déconsidéré parce que perçu comme un vulgaire « planétaire », étranger à ce monde qui a inventé une singulière démocratie, il comprend néanmoins que ses connaissances pourraient être d'une utilité cruciale pour ses sauveurs. Au contact de cette civilisation et notamment de quelques femmes intrépides, le militaire rigide va peu à peu laisser poindre en lui une humanité qu'il ignorait. Dans ce roman qui mêle aventures trépidantes, imaginaire flamboyant et réflexion nuancée, Francis Carsac anime un héros déchiré entre aspiration à l'ordre et besoin de liberté : livre d'une époque certes, mais histoire qui résonne encore fortement à nos esprits inquiets. Un classique de la science-fiction française.

    Francis CARSAC (1919-1981), de son vrai nom François Bordes, est une légende de la SF. Après un long séjour en Indochine, il entreprend des études de géologie, imposant son nom dans le domaine de la paléontologie en dirigeant un des plus grands centres de recherche sur la préhistoire. Il entame jeune une carrière d'écrivain de science-fiction : plus de 20 nouvelles et 6 romans parmi lesquels Ceux de nulle part, Terre en fuite et Pour patrie l'espace, rivalisant avec les grands noms américains.

  • Surgissant au Nord de la France, la maladie bleue s'attaque aux métaux qu'elle détruit impitoyablement et se répand dans l'Europe avant de gagner le monde entier. Engendrant un chaos sans nom qui révèle les pires penchants de l'espèce humaine, cette apocalypse inattendue va réveiller une humanité endormie, la pire qui se déchaîne, et la meilleure qui va trouver une occasion de rédemption. Politique, satirique, saisisant dans sa peinture des moeurs et des comportements, La mort du fer impressionne par sa capacité à nous emporter dans une fable réaliste et sa volonté de nous édifier sans cesser d'être littéraire. Un petit chef-d'oeuvre inconnu du roman d'anticipation.

    Serge Simon Held (S.S.Held) est un illustre inconnu qui ne s'est pas remis de l'échec de son premier roman La mort du fer, paru chez Fayard en 1931. Appartenant au petit monde des ingénieurs, il se fera tout de même remarquer par des critiques et sélectioner par le jury du prix Goncourt, ce qui n'est pas banal pour un esprit a priori peu enclin aux songeries. Son livre fut traduit en anglais puis disparut des mémoires, connu des seuls spécialistes pointus du roman d'anticipation.

  • Considéré par Lovecraft comme son égal, célébré pendant des décennies comme l'un des maîtres du fantastique, Algernon Blackwood n'a pas en France le public qu'il mérite. La richesse de son oeuvre, la puissance de son inspiration, qui va chercher jusqu'au fond des forêts les mystères qui hantent l'humanité, et sa maîtrise narrative lui vaudraient pourtant de nombreux lecteurs. C'est que Blackwood n'est pas de ces bricoleurs d'épouvante qui se ressemblent tous. Avec lui c'est toute la Création et la Nature, à la fois attirantes et inquiétantes, qui sont convoquées face à des hommes effarés de découvrir ce que leurs âmes recèlent.

    La formidable puissance de suggestion de ce génie de l'étrange, de cet homme que les mots aimaient, se retrouvera dans les cinq longues nouvelles choisies ici.

    L'Écossais Algernon Blackwood (1869-1951) émigre au Canada puis à New York où il commence à écrire. Son premier livre John Silence, enquêteur de l'occulte, rencontre le succès : il devient l'un des plus prolifiques conteurs d'histoires de fantômes et de mystères, maître de la littérature d'épouvante. On lui doit quinze romans dont trois pour enfants, une centaine d'essais, plus de deux cents nouvelles compilées dans de nombreux recueils. Quatre recueils sont parus en France dans les 60's.

  • Publié en 1901 par un auteur anglais reconnu d'abord pour sa précocité puis sa prolixité, Le Nuage pourpre représente une arrivée sidérante dans le monde de la littérature avec sa vision post-apocalyptique illuminée, celle d'un homme absolument seul, survivant à un désastre absolu et maître d'un monde qu'il décide de brûler méthodiquement. Mais si le héros se nomme Adam, c'est bien que...
    Sans équivalent, ce roman, trop mal connu et jamais édité en grand format en France, emballera les amateurs de cette littérature des extrêmes, des hallucinations d'un temps où penser la fin se faisait encore avec des précautions. Miraculeusement, ce livre a vieilli de manière unique. Un manque éditorial à combler d'urgence. Une oeuvre aussi émouvante que fascinante.

    /> "Au cours d'une carrière littéraire qui s'étend de la fin des années 1880 aux années 40, Matthew Phipps Shiel dit M.P. Shiel (1865-1947) écrivit vingt-cinq romans et plus de soixante nouvelles. Malgré l'ampleur de sa production, les amateurs de fantastique le connaissent surtout comme l'auteur d'un seul livre : Le Nuage pourpre (1901), classique visionnaire du roman de science-fiction, domine toutes ses autres oeuvres." Roger Dobson in Le Visage vert, n°6

empty