Zoé

  • Sans alcool

    Alice Rivaz

    Histoires de couples, comme « Le chemin des amoureux » et « Film muet », ou de personnages solitaires tels « Sans alcool » et « Le petit compagnon », les destins racontés dans ces pages sont marqués par la privation, le renoncement involontaire, les espoirs déçus. Un ton lisse, dépourvu d'emphase, donne une intensité particulière à ces récits où la voix narrative se montre toujours solidaire des personnages.

  • Cette soixantaine de textes, dont la moitié pour la première fois en français, donnent à entendre les réflexions lucides et subtiles de Robert Walser sur l'art musical. Envolées lyriques pour la Flûte enchantée de Mozart ou ironie acérée face aux mondanités des auditeurs et poses affectées des musiciens, le poète s'attache à toutes les mélodies. Mais ce n'est pas une surprise s'il marque sa préférence pour les formes modestes, brèves et les sons du quotidien. Avec la précision qui le caractérise, Walser s'attache à écouter le silence de la neige, les flonflons des cafés ou la petite musique qui accompagne le badinage amoureux. Sa prose elle-même est empreinte de musicalité, tressautant tantôt gaiement d'un sujet à l'autre, tantôt entonnant des lamentos aux accents plus graves.

    Robert Walser (1878-1956), maître des petites proses, poètes du quotidien, est l'un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle. Les textes réunis ici couvrent toute sa période créative - des premiers poèmes qui lui valent son entrée dans le monde littéraire (1899) aux textes tardifs, composés à la Waldau où il est interné dès 1929.

  • La Joyeuse Complainte de l'idiot est le récit d'un internat peu ordinaire où vivent des adolescents encore moins ordinaires. En effet, La Demeure accueille de jeunes garçons dont l'intelligence décalée n'a pu s'accommoder du monde environnant. Racontée par l'un de ses membres, cette communauté tire force et originalité de son impérieuse présidente-directrice générale, Madame Vivianne.

  • En 1919, Carl Spitteler devenait le premier Suisse à recevoir le Prix Nobel de littérature. Cent ans après, huit écrivains alémaniques, romands et tessinois entrent en dialogue avec Notre point de vue suisse, son discours prononcé en 1914 pour la paix et la neutralité alors que la guerre commence. Ils engagent une réflexion personnelle entre essai et fiction, humour et regard critique : quel rapport la Suisse et ses habitants entretiennent-ils avec leurs voisins européens ? Avec la question des migrants ? Les frontières sont-elles toujours aussi définies qu'il y a un siècle ? Quelles valeurs rattache-t-on aujourd'hui à cette fameuse neutralité helvétique et à la cohésion nationale prônées par Spitteler ? Neuf textes et autant de points de vue sur des questions toujours actuelles.

    Carl Spitteler (1845-1924), prix Nobel de littérature en 1919, fait figure d'intellectuel exigeant, observateur critique de ses contemporains. En écho, huit écrivains proposent leur « point de vue suisse » : Adolf Muschg, l'auteur engagé, européaniste de la première heure, Pascale Kramer, Suissesse établie en France depuis trente ans, ou Fabio Pusterla, avec sa sensibilité de poète, mais aussi Daniel de Roulet, Dorothee Elmiger, Catherine Lovey, Tommaso Soldini et Monique Schwitter.

  • C'est en 1934 qu'Ella Maillart (1903-1997) voyage en Mandchourie avec sa plume et son Leica. Elle est l'envoyée spéciale du Petit Parisien au Mandchoukouo, empire récemment créé par les Japonais. Son regard de « blanche » observe ici avec humour, là avec perspicacité, les haines de races, la modernisation galopante d'une région, les enjeux de pouvoir entre Japonais, Chinois, Mandchous et Russes. Toujours avec elle priment les faits, « dépouillés et simples ». Ce voyage, où Peter Fleming la rejoint, est le prélude à leur long périple raconté dans Oasis interdites.

  • Le jeune don Luis de Vargas s'apprête à prononcer les voeux majeurs de la prêtrise. Élevé au séminaire par un oncle doyen qui lui a insufflé sa foi, il croit sa vocation inébranlable jusqu'au jour où il retourne sur sa terre natale, l'Andalousie. Là, tout vacille avec douceur. Dans une correspondance quotidienne adressée à son oncle, le jeune séminariste évoque le dégoût que lui inspirent les mondanités, son père, cacique du village, bon vivant plus proche des femmes que de Dieu, et la jeune veuve qu'il entend épouser, Pepita Jiménez, puis le souvenir doux et cruel de sa mère, sa vocation, sa foi et toujours et encore le charme de la belle Pepita. Jour après jour se dessine ainsi une éducation sentimentale fort délicate, et bien moins innocente qu'il n'y paraît.

  • Le narrateur, un garçon de quinze ans, travaille après l'école dans une boucherie. Il y rencontre Walter, un maître en sagesse. Dans le quartier populaire où il vit, le jeune homme est l'ami de Raton, maître de rien, et il se lie d'amour avec Charlotte qui va l'initier à d'étranges rituels et l'aider à grandir.

  • Contre le libellé de Calvin est certainement l'un des plus grands textes humanistes qu'on ait jamais écrits. Depuis longtemps inaccessible dans sa langue d'origine (le latin), il n'avait jamais été traduit en français.
    Ce livre, âgé de plusieurs siècles, est de la plus brûlante actualité. Son auteur l'écrivit sous le coup de la mort de Michel Servet. C'est un puissant manifeste en faveur de la tolérance et de la justice. Avec une intelligence et une force rares, il défend la liberté et surtout la nécessité de penser.
    Sébastien Castellion, malgré l'hommage de Montaigne, de Pierre Bayle, de Voltaire, de Michelet, de Stefan Zweig, est resté presque totalement ignoré. Il serait peut-être le premier étonné de savoir que Stefan Zweig verrait un jour dans son oeuvre « le J'accuse de son siècle ». Il serait tout surpris d'apprendre que, pour Michelet, « il posa pour tout l'avenir la grande loi de tolérance ». Il serait le premier stupéfait de se voir lu et traduit à la fin du XXe siècle, lui qui ne parvint même pas à faire publier, de son vivant, le livre qu'on va découvrir.

    L'ouvrage est précédé d'une préface d'Etienne Barilier, son traducteur, qui fait revivre la figure de SÉBASTIEN CASTELLION (1515-1563) et en souligne toute la modernité.

  • Ces chroniques sont gourmandes parce qu'elles racontent les recettes en les replaçant dans leur contexte culturel, dans leurs liens aux souvenirs fondateurs du goût, dans leurs racines au coeur des saisons qui passent et reviennent. Ici, le discours gourmand est une variante du discours amoureux.

  • Après la mort de sa mère, la narratrice se souvient. De son enfance et de son adolescence massacrées par vingt ans de silence, de mépris et de coups. De la réconciliation lente, patiemment tissée au cours des dernières années de maladie. Avec humour, avec tendresse, elle remonte le fil de la vie malheureuse de sa mère, cette femme-enfant qui n'a pas su l'aimer. Elle veut comprendre, en suivant le lien ténu qui n'a jamais cessé d'exister, malgré la haine entre elles.

  • Ancien président de la Commission Indépendante d'Experts Suisse - Seconde Guerre mondiale, Jean-François Bergier est aussi un historien dont l'oeuvre publiée est vaste, appréciée en Suisse et à l'étranger. Sous la forme d'une conversation, ce livre propose un témoignage sur la trajectoire, les choix, les passions d'une personnalité inscrite désormais dans l'histoire de notre pays. C'est aussi une réflexion vivante - et de « vive voix » - sur l'histoire, l'histoire de la Suisse dans l'Europe, la Suisse au coeur du massif alpin. C'est enfin un plaidoyer pour une histoire responsable, critique et ouverte, qui nous invite à une connaissance du passé débarrassée de ses mythologies persistantes, pour que s'ouvre enfin un nouveau, indispensable et attendu « travail de mémoire ».

  • Première étude d'ensemble consacrée au « laboratoire » d'écriture de Jean-Marc Lovay, ce petit livre parcourt les fictions publiées par l'écrivain jusqu'à ce jour en privilégiant quelques noeuds symboliques toujours émergents.
    Images et passages, itinéraires d'individus pris dans leur « vertige » intérieur, énigmes en paroles, tous témoignent d'un sens à la fois recherché et déjoué par un langage ennemi des routines logiques. Ce bref essai souhaite engager à la lecture de Lovay en portant au jour des stratégies de communication romanesque qui excèdent les cadres du récit traditionnel.
    Ni mode d'emploi, ni guide de lecture, il se veut au contraire une invite à poursuivre le travail du sens, sous ses formes les plus actuelles.

  • « Innombrables sont les chemins qui, entre la vie et l'écriture, assurent des passages, ménagent des ouvertures. Certains, revenant sur ce qu'ils ont été, prennent la plume pour écrire leurs Mémoires. D'autres, refermant un livre, se prennent à scruter leur passé, y découvrant les éléments d'une cohérence, la percée d'un sens ; ils entrent à leur tour dans un récit, et confient à l'éphémère de la parole les traces vacillantes de ce qui fut. » (Luc Weibel)
    Madeleine Lamouille a raconté ses souvenirs à Luc Weibel, petit-fils des maîtres pour lesquels elle a travaillé de nombreuses années à Genève. Elle parle avec le talent d'une grande conteuse et la sensibilité de ceux qui n'ont pas voulu oublier leur passé. Révélateur d'une société encore toute proche, portrait de moeurs, récit d'une époque, ses souvenirs sont un précieux témoignage pour la compréhension des oubliés de l'histoire.
    Paru pour la première fois en 1978, ce récit de vie a connu depuis lors un succès considérable. Ce qui donne à ce livre frémissant sa force c'est la détermination constante de Madeleine Lamouille à être traitée comme un être humain.
    Madeleine Lamouille, née à Cheyres (Fribourg) en 1907, est décédée à Genève en 1993.

  • Imaginons que des intrus débarquent chez vous. Imaginons qu'ils vous brutalisent. Imaginons qu'ils vous somment de trahir votre meilleur ami. Comment réagiriez-vous ?
    Imaginons maintenant que vos voisins s'en mêlent, que la rumeur se déchaîne contre l'ami en question, qu'on vous bombarde de spéculations à son sujet, qu'on vous submerge d'informations contradictoires, qu'on vous assène tout, n'importe quoi et son contraire, comme si chaque version annulait la précédente, comme si tout recommençait encore et encore, à tel point que vous ne distinguiez plus le vrai du faux, le bon du mauvais, l'innocent du coupable. Comment réagiriez-vous, dites ? Trahiriez-vous votre ami ou non ?
    Cette question, que nul ne voudrait jamais avoir à ce poser, le protagoniste de cette histoire va devoir y répondre. Contre toute attente.

    D'origine italienne, Olivier Chiacchiari est né à Genève en 1969. A ce jour, il a écrit une quinzaine de pièces de théâtre, dont plusieurs ont été créées en Suisse romande, notamment à la comédie de Genève et au Festival d'Avignon. Primé au Festival du film de Soleure, lauréat de divers prix littéraires, il écrit également pour la télévision, le cinéma et la radio.

  • être là

    Sylviane Dupuis

    Un homme d'âge mûr, une jeune fille. Tous deux sont sans travail. Tous deux sont seuls et momentanément « hors-jeu ».
    LUI a élu domicile sur un banc public pour « réapprendre à être là ». ELLE cherche comment vivre.
    Ils vont se croiser par hasard, le temps d'un jeu de séduction à peine avoué, à peine esquissé : chacun, à sa façon, va agir sur l'autre. L'entrée en scène d'un troisième personnage précipitera les événements d'une manière inattendue...
    Entrelaçant le drame individuel au théâtre social et le sérieux à la drôlerie, Être là interroge l'état du monde et sa représentation, mais aussi nos façons de mal communiquer, de nous piéger ou de nous rater - renvoyant, au-delà, au théâtre lui-même et à ses pouvoirs.

    /> « LUI. - Les gens sont pleins de larmes.
    Mais ça ne se voit pas.
    JEUNE HOMME. - Alors vous, vous êtes sorti du jeu pour que ça se voie ? »

    Poète, essayiste et dramaturge, Sylviane Dupuis, auteur notamment de La Seconde Chute, vit à Genève. Ses pièces ont été jouées à Genève, Zurich, Berlin, Montréal et en Lituanie.

  • L'heure bleue ou la nuit des pirates propose un univers poétique tout à fait singulier ! On croit y reconnaître des histoires, y poser des jalons, on suit des pistes : mais les histoires sont à double fond, les jalons truqués, les pistes trompeuses. Cette histoire de pirates englués dans les mers du Sud serait donc une fable qui parle de liberté, de désir, de pouvoir, d'idéaux perdus, d'illusoires espérances.Mais alors, qui sont ces pirates ? Des aventuriers, des comédiens jouant aux flibustiers comme dans les meilleurs films du genre, des révoltés ayant largué les amarres, des marginaux exclus et oubliés, une bande de voyous libertaires, un groupe de « terroristes » désenchantés, des adolescents rêveurs à la recherche d'improbables idéaux...Zschokke se garde bien de trancher : il se promène en équilibriste à la crête des questions urgentes et vitales sans avoir l'air d'y toucher. Il pratique l'art du désamorçage. Quoi de plus fascinant pour le théâtre que ce jeu labyrinthique avec le sens !Martine Paschoud

  • Le Titanic n'en finit pas de hanter notre imaginaire. Est-ce parce qu'il était le plus grand et le plus luxueux paquebot jamais construit ? Ou en raison du déroulement étrange de son naufrage ? De l'atmosphère irréelle, presque théâtrale, qui préside à l'impensable tragédie est née l'idée de cet ouvrage, dans lequel les souvenirs des rescapés permettent de comprendre ce qui s'est passé et en même temps de poser des questions sur le monde qui est le nôtre. Car aujourd'hui, que nous le voulions ou non, nous sommes tous sur le pont du Titanic. Nous vivons dans une perpétuelle urgence, comme si le futur n'attendait pas son tour. Nous ressentons que toute chose est décalée par rapport au sérieux du monde. Nous éprouvons à chaque instant la beauté de ce qui va disparaître.

  • Un nom si bref et si vibrant qu'il se fixe dans la mémoire comme la flèche dans la cible. Une apparition - à l'automne du Moyen Âge -, ou plutôt la fixation soudaine d'une image jusque-là errante. Un thème à la fois local et universel, bien plus complexe qu'il n'apparaît au premier regard. Une aventure poursuivie sur un demi-millénaire, portée par les poètes, les artistes, les hôtes de la Suisse, accueillie par les nations, diffusée au-delà des Océans, en dépit des perplexités, des réserves des érudits. Une méditation cent fois reprise sur l'imbrication des thèmes de la violence et de la liberté

  • En partant de faits divers, ces nouvelles racontent la mort que nous côtoyons quotidiennement sans pourtant la voir. Cette mort que l'on ne rencontre plus dans les rues de nos villes, que l'on ne voit plus à la maison, cette mort cachée dans les hôpitaux, bannie de notre quotidien, de nos rites, la mort est ici le personnage principal.

  • Ce roman raconte le vertige identitaire d'un homme à la recherche de son père biologique. Le Fils du lendemain dit d'une manière à la fois brûlante et distanciée, grave et légère, le poids de ces indicibles et banales vérités dissimulées au coeur des familles unies ou désunies.

  • Et si, au lieu de vouloir être bons, nous essayions d'être nous-mêmes ? Et si, face aux grandeurs des autres civilisations, nous songions à notre grandeur propre, qui n'est pas de chercher la perfection, mais de nous vouloir perfectibles, et de chercher le bien sans jamais quitter des yeux la beauté ni la vérité ?

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